E LA DÉCADENCE DU DHUIDISVC
de 1'clcndrc de force sur (oui le pays. Leur position u'élani ]t;is lîmii-ihli: à un tel dessein, i! avait su 1rs iji'-u i<lei' il un changeaient île résidence. Il les établissait sur ce terrain intermédiaire entre la Garonne et la Loire , qui forme dans l'Ouest la corres-
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Saône, les Éduens; lieu qu'ils avaient jugé, dit César, le plus Terlile et le plus opportun <!e toute la Gaule. Maître d'une armée de plus de quatre-vingt-dix mille hommes, appuyé .sur la république des Séquuncs et sur celle des Éduens, dans lesquelles il avait préparé une révolulîoii analogue à celle qu'il méditait chez lui, il n'avait pas à prévoir de résistance sérieuse, et, selon l'expression de l'historien . * possédant ta niyaulé avec ITippui des tri ùs peuples les plus Termes et les plus puissants, il rspé-
Qu'eu eût-il Tait? En quoi eût-il changé l'essence de la population ï Son empire, supposé le succès, eût-il duré plus que lui ? Sans doute, ce n'eût été qu'un trouble à la suite de tant de troubles, et à l'expiration duquel la société gauloise se serait retrouvée identique : rien n'était fait, tant qu'aucun élément nouveau ne serait introduit dans le sein de la nnlion. Mais tout ce plan avorta. La vigilance de l'aristocratie arrêta Orgélork dans la préparation de sa monarchie, et l'épée de César barra la route à l'émigration. Deux cenl cinquante mille hommes y périrent, et le reste, réduit à l'impuissance, retourna tristement sous les Alpes.
La révolution germanique aura il peul-élreélé plus sérieuse, mais n'en eût été que plus funeste. Les Ëduens l'avaient attirée. Opprimées par eux, les républiques voisines avaient appelé à leur aide les Germains, et les dominateurs sciaient trouvés réduits à leur tour, mais au profil des Barbares. (Jeux qu'ils élaien! vernis défendre, [es Séquanes, en avaient élé encore bien mieux les victimes. Les Germains s'étaient établis chez eux, et, se faisant là un posle formidable par la proximité du Rhin, ouvraient le passage à leur nation. Grâce à ce recrutement continuel, leur armée s'élait graduellement élevée à cent cinquante mille hommes, et l'accroisse ment ne s'arrctail pas. C'est en vain que la Gaule celtique, avec ses défauts ordinaires,
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avait lento un effort commun : son insuccès, en révélant son affaiblissement, n'aviiil servi qu'à animer encore plus le sauvage Arioviste. ISion qui; ses soldats ne se lussent |miiil encore disséminés en inailros dans l'intérieur du pays, ainsi qu'ils l'avaient l'ait chez li's Soquunos, U-i 1 1- chef, arguant du droit de l'é|iée .sur ces provinees qu'il avilît du moins rendues tributaires, disail déjà : rua Gaule. Comme plus tard Clovis, il pnipusail à Hume son alliance, à condition que Home consacrera il par son aveu la nouvelle monarchie, A inoins que la 1ctit.nl î vo lies Helvètes ne réussit à prendre les devanls, cette monarchie semblait en eiïet inévitable. Non-seulemcnl les Germains entraient par le Jura, mais ils se préparaient à entrer aussi par la Moselle. On les voyait debout sur (ouïe la ligne du Itliin. > Avant peu d'années, disaient les lïduens à César, il arrivera ijue Ions les Gaulois semnl ebassés de leurs territoires et que tous les Germains auront passé le liliin. s Ainsi, la Gaule serait devenue un appendice de la Germanie, et les peuples qui l'habitaient, refoulés par l'invasion dans les péninsules, seraient allés y trouver l 'esclavage on la sépulture Hn admettant même, comme plus probable, que les choses se fussent passées avec moins de violence, et que les Urirliaivs, ainsi qu'ils en avaient donné l'exemple elle? les Séquancs, se fussent simplement logés, avec, les privilèges de la conquête, dans le sein de la population vaincue , la Gaule n'en serait pas moins devenue la Germanie. Kilo n'était pas assez forte en civilisation pour imposer à ses vainqueurs la loi de ses mœurs, tout en se soumettant à celle de leur épée. Comme elle n'avait guère que l'avaula^i' de quelques degrés de moins en barbarie, c'est le degré de plus qui l'aurait naturellement emporté. Ariovislc se vantail de ce (pie, depuis quatorze ans qu'il avait passé le illiin. pas un des siens n'eût encore adopté la molle coutume de coucher sous un tnil. C'est tout dire. Il s'en fallait que l'on fût au temps où la Gaule obligerait les tiers Sicambres à eoui'ber la tète sous l'autorité de sa religion et de sa politesse.
César vil le danger. A pari des intérêts d'ambition personnelle <|ui le poussaient de ce côté des Alpes, il comprit que la Gauie, envahie par la Germanie, allait jouer, à l'égard de
UE LA DÉCADENCE DO DRUID1SME. (67 l'Empire romain, le même rôle que jouait déjà, à l'égard tic la Gaule elle-même, l'infortuné pays îles Séqiumes. « Il pensait , pour employer ses propres paroles, que ces hommes
Miun'i^.-. il l.iiituir.i ii niir ii ni mi-'iihr ni -, d <pi.if.i-.-i
avoir occupé toute la Gaule, ils eut relaient dans la Province, comme l'avaient l'ail précédemment les Cimhres et les Teutons, et se répandraient de là sur l'Ilalie. • C'est ce qui devait en elîet s'accomplir, mais plus tard, les latitudes nécessaires étant laissées à la Gaule pour ses préparations providentielles. Le grand capitaine prit immédiatement son parti. Avec la même promptitude et la même vigueur dont il avait usé pour les Helvètes, sans attendre que l'invasion du nord eût rejoint celle du centre, il rejeta ce débordement prématuré de la Germanie et s'empara de la Gaule, non -seulement pour l'appliquer à la cause de la civilisation méridionale, niais pour empêcher qu'elle ne lût entraînée dans celle de la barbarie germanique contre Home.
On pourrait se convaincre que la leçon du druidisme était finie, en voyant avec quelle avidité la Gaule se tourna vers les leçons nouvelles i[oe loi apportaient les Romains. Itelenue fixement depuis tant tie siècles dans le même régime, elle commençait à souffrir. Les biens d'une civilisation plus variée et plus ouverte lui étaient entin devenus nécessaires. Aussi courut-elle au-devant avec celle même vivacité qu'elle mettait en toutes choses ; et, faisant réaction contre un archaïsme abusif en faveur de nouveautés qui répondaient si bien à ses besoins, elle oublia le traitement cruel qu'elle venait de subir et revêtit In livrée de l'Italie avec le même enlrainemenl que si ce travestissement avait été volontaire. Trouvant dans son territoire toutes les richesses, il siiflisait que l'art lui enseignai a en lirer parti , en même temps que l'esprit si facile de son peuple ne demandait non plus, pour entrer en partage de toutes les perfections de l'hellénisme, que les bienfaits de la culture. Tout était prêt pour que la Gaule, par son industrie, son commerce, sa littérature, ses monuments, ses mœurs, prit rapidement les traits d'un simple prolongement de l'Italie. Quand Auguste, consommant l'œuvre de son onele, convoqua à Narbonne les
représentants Ho In G;m\c pour leur imposer des lois nouvelles, rassemblée, liii'n diiïérente île ces diètes nalinnnli's qu'avait l'onnurs César el qui ne se réuniraient qu'en frémissant encore
lier sons les volontés souveraines de Home. < C'est là, selon In propre expression de Dion l'assius, qu'une vie et une politique nouvelles ('tirent instituées. •
L'importance des relations avec l'Italie Taisait alors une nécessité de retirer la croula le de la position centrale que lui avaient donnée les druides, pour la rapprocher de la Méditerranée; elle fut en effet portée d'un commun accord sur la ligne de celle mer ù l'Océan, au confluent du Rhono cl de la Saône. Le contraste des deux situations manifestait suffisamment la révolution murale oui venait de s'accomplir. La politique romaine voulut qu'il fût exprimé par un de ces caractères si énergiques et si lisibles dont l'architecture dispose. Le jour même où naissait dans la cité nouvelle l'empereur Claude, !e premier des Césars qui dût frapper les druides d'un arrêt de
pour' la consécration de l'autel qui. conformément au vœu de
un temple construit à la jonction même des deux fleuves, se dressait, devant l'autel de Home cl d'Auguste, une statue colossale de la Gaule, et, par devant, soixante statues plus petites, destinées à symboliser les soixante États gaulois.
des divisions du pays, cl lui infligeait la leçon de marquer au monde que. ers puissances discordantes n'avaient pu être amenées à l'harmonie que par leur subordination au génie de l'Empire. C'est en vain que, réfugiés au sein de leurs plus
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résistance et chargeaient de leurs impuissants nuatlièmes les adorateurs du dieu nouveau. Le règne d'Esus était passé. Ou s'éloignait à l'envi de ses sanglants autels, et les druides euxmêmes donnaient le signal de la défection. C'était un druide,
I)H LA DÉCADENCE DU DRU] DIS1IE. IfiS qui, lassé de l'excès des dissensions, effrayé des instances des Germains, séduit par la politesse de l'Italie, était allé à Rome, cinquante nus auparavant, implorer pour les siens i'épée de Ici ranger, et ce fut à un autre druide, plus abandonné encore de l'esprit qui soutient les nationalités, et paré avec une obséquiosité lionlousedc ce prénom do Jules si plein de souvenirs cruels, qu'échut le rôle de présider, dans la métropole des Gaules, au culte impur de Home. Le christianisme ne serait pas venu joindre sa force ù celle des mœurs pour entraîner la nation hors des voies de son passé, que le mouvement de la civilisation aurait donc dès lors suffi, non pour remplacer le dnudisme, mais du moins pour assurer sa chute. Les prose ri plions formu-
I- . p.if I- ; ■.• >/! rs .1 : (n J uim' rii'jrii. rt ra-Ji-nl.-
par l'Église, s'y accordèrent, mais ne la causèrent pas.
L'éducation de la Gaule fut si prompte, que ce n'est point par les nécessites de cet apprentissage que l'on peut justifier une si longue soumission de sa port à la souveraineté de l'Empire. Mais elle demeura soumise en vue d'une pai\ dont elle sentait le besoin sans être capable de se la donner, et que sollicitait de la Providence, en faveur de la civilisation comme du christianisme, la destinée secrète du pays. Aussi, quand Rome, arrivée à son déclin cl s 'évanouissant, à son tour dans sa corruption et ses discordes, ne fut plus en état de faire régner le repos, les chaînes que César avait mises sur la Gaule durentclks k fi-mpre par I» même "juVHr* r> lù- h&irnl On m» Ui Gaule n'avait plus rien à gagner sous celle discipline, le temps était venu qu'elle en cherchât une autre. Elle n'était cependant point encore prête à reprendre la sienne propre. Les empereurs, qui avaient transformé en provinces ses anciennes républiques, s'étaient bien gardés, tout en la civilisant, de lui ouvrir
n'avait doue cessé d'aller en se perdant. Il ne se conservait plus que chez quelques derniers druides, qui, cachés dans les cantons incultes, essayaient en vain d'y maintenir, contre les influences triomphantes de la politesse et de l'Évangile, leurs traditions surannées. Déborde, de loutes parts, leur parti ne trouvait plus à se recruter que de bagaudes, de paysans chasses de
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leurs foyers par In misère nu la tyrannie dos cxncleurs et naturellement nnifii ti's. l'resqne aussi éloigné des luis nouvelles que lu Germanie, il ne pouvait guère compter que pour une troupe île plus parmi tan I de troupes barbares, i|ui, enhardies par la nullité du pouvoir, commençaient à se disputer les dépouilles de l'Empire. Plus redoutable peut-être qu'aucune autre à cause de la ferveur lànafiquc de ses chefs, celle-ci menaçait systématiquement, tonl propres, car elle ne portail en elle que réaction en faveur d'un passé impossible. Ainsi, la nation qu'avait rêvée Orgétorix ne se levait point encore, et déjà César se mourait.
Mais Arioviste vivait toujours. Tandis qne la Gaule subissait en vue de l'avenir des modiliealions si profondes, le Germain, demeuré à l'écart, dans la sauvage indépendance de ses déserts, n'avait point changé, et, sans qu'il eiH changé, les chances lui étaient devenues bien meilleures. La Gaule, dans sa décomposition, était encore moins en étal qu'autrefois île se défendre centre lui, el l'épée de César n'était plus la pour le chasser el le réduire à se morfondre sur la rive du Khin dans ses longues i-omoilises. Il y avait plus : c'est que les raisons qui avaient autrefois décidé les populations à se ranger volontairement sons le gouvernement impérial devaient maintenant les porter à rechercher d'elles-mêmes le sien. On peu! dire qu'appelé jadis par les Séquanes, il l'était dés lors par toute la Gaule, et non
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mençait à comprendre que, )a police de Home étant devenue tout à la fois tyrarmique et impuissante, il était urgent d'en instituer une autre plus efficace ; e.(, comme, en l'absence de toute vertu politique, il fallait nécessairement chercher le. principe d'une telle police hors de soi, il élait naturel détourner les yeux vers la force étrangère, qui s'offrait d'elle-même. Apres tout, la main d'Arinviste ne pouvant s'éviter, il y avait plus d'avantage à y trouver celle d'un mailre que celle (l'un ennemi. ■ On aime mieux, disait Salvien dans le Midi, alors que dans le Nord les Francs ouvraient déjà le coure de leur monarchie, on aime mieux vivre sous une apparence de servitude que d'être esclaves sous une apparence de liberté. Le nom de citoyen
DE LA DÉCADENCE DO DHU1D1SSIE. ni
romain, autrefois estime si haut et même acheté si cher, est maintenant rejeté et délaissé. Il n'est pas seulement vil, il est presque abominable. Quelle plus grande preuve de l'iniquité de Home que de voir même les riches et les nobles, ceux auxquels la cenditioii de Humain devrait donuorhonneurcl splendeur, réduits parles excès de cette iniquité à ne vouloir plus être Humains"/... Où trouve-l-on une telle injustice ailleurs que chez nous? Les Francs ignorent ces indignités; les Huns en sont exempts ; on n'en trouve rien ni chez les Vandale.-., ni ihen les Gnths. Il s'en faut tellement que les Barbares s'y prêtent, que les Humains même qui vivent parmi eux n'y sont point exposés. C'est pourquoi il n'y a qu'un vœu parmi les Romains qui vivent sous leur empire : c'est de nuire jamais réduits à rentrer sous la loi du Home; et il s'accorde avec, le cri de tout le bas peuple, qui demande à mener désormais sous les Barbares In vie qu'il
Ainsi, les Germains pouvaient venir : non-seulement tout les appelait, mais tout était prêt pour les recevoir. Des armes [dus puissantes que leurs tramées sauvages avaieul élé secrètement amassées contre eux par la civilisation el le christianisme. Ils croyaient conquérir ia Gaule à leur barbarie, et ils venaient au O-iilrwrv i< l< ur ir.-u >• le.y.-r >Uo» *>■■ m m m * iiulvuiM a se* progrès. Il fallait surtout qu'ils devinssent chrétiens. Étrangers à l'Église, ils auraient peut-être réussi à maintenir par la
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servi, connue ils le devaient, à y laeilitcr le développement de la religion, et encore moins à y produire l'unité, ce qui était
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assez de taire disparaître le principe des divisions intestines, si le principe de In division du territoire avait élé appelé à rennitre d'une autre manière sous leur domination. Il fallait donc, pour que les choses reçussent leur accomplissement, que le chef de guerre, devenu possesseur héréditaire de la terre conquise, entrât dans le christianisme jusqu'à renoncer par son inllueiiee à In lui naturelle du partage égal des héritages, pour se soumettre à celle du droit d'aînesse. C'est ce droit, tout injuste qu'il soit, qui a institué In Franco en instituant la monarchie,
On peut mesurer In difficulté de l'œuvre nu voyant ko qu'elle a voulu d'efforts et de temps. Six siècles avaient suffi pour les Romains cl le christianisme : il s'en dépensa douze [iour la royauté des Francs, qui devint celle des Français, et l'histoire de ses travaux est une des plus rmnplexes comme des plus suivies qu'il y ait dans les annales du inonde. Quel que soit l'avenir réservé à la nation, cette période restera toujours une de ses phases essentielles. Unilé, religion, civilisation, tout y marche d'ensemble, onr In personne (1rs nés avait lioi par
parée que le droit de l'épée, qui avait été l'origine de cette rnouaiehir, ne pouvait mani|uer de s'y conserver iiiriéfeelihloment. Aussi, malgré tant de mouvements providentiellement destinés à la nation, la monarchie ne liit-elle jamais une inslifution véritablement nationale: non-seulement parée que, née du dehors, elle dut toujours se considérer comme douée d'une
il lui demeura toujours impossihle de représenter la idiiTlé. comme il eût été nêoessairc chez une race qui compte l'amour delà liherlé entre les carnetéres essentiels de sa nnlnre. C'est pourquoi, son service fini, l'institution germanique dut être ï inlay éc. aussi radicalement que l'avait été la domination de Rome : elle n'avait été non plus qu'un traitement transitoire. Quand la nntion se senlil assez rnnsoliilér par ses épreuves, elle se releva au nom de la liberté inéeniinue et reprit ouvert eruenl possession d'elle-même. (1 n'y avait pins de motifs pour qu'elle consentit plus longtemps à ce régime forcé : elle élail
Par un synchronisme remarquable, en même temps que la monarchie d'origine germanique était arrivée à sa tin, le clergé romain, qui, sous ses auspices, n'avait pas cessé de retenir la Gaule sous la domination du christianisme le! que l'Italie l'avait conçu, ruiné par l'essor de la liherlé philosophique, comme l'autre pouvoir par celui rie la liberté politique, avait vu son prestige s'évanouir aussi, Enfin, l'aristocratie, anciennement solidaire, au moins en partie, des désordres sociaux de la Gaule indépendante, était maintenant confondue tout entière dans la