‹ L'ésprit de la GauleChapitre 30 sur 58 · BSPBIT DE P-A G AL' LE · texte numérisé non relu

BSPBIT DE P-A G AL' LE

sur l'avenir de l'homme cl de l'univers, des idées dont les prophètes ne sciaient jamais avisés. L'exil u'n fait que consolider leur nn lionnlilé. et. s'ils ne notent plus en possession iiu'uceideMel Ionien! de leur indépendance, leur grandeur morale, comme l'avaient pressenti, des le ilelml de ee.lto épreuve, É/.échiel el Jercmic, n'en

pnrnii qu'avec plus d'éclat.

Si les Clialdrons appartiennent au vieux fonds de Uabylone, tout eelii est inexplicable; si eo sont des Aryens, engagés plus uu moins, ecmime leurs voisins de la l'erse et de la Médie, dansleMaz-

■I ■' 'p- si i»Imi inihirrl au ••■jnlfjin «)«■ lu ib>okT3iiufi -J"*

scrvikmrs de Jelmvah ù leur égard. Ce peuplées!, au fond, de leur famille : comme eux, il est adorateur d'un Dieu suprême et invisible; et, sous quelque nom qu'il lui rende hommage , si ce Dieu est vivaDl el loul-puissanl. il est virluellemenl identique au leur; u la verilé, au lii'ii d'être solitaire eomme le Dieu de Moïse, il ne se préseiile. aux veux des hommes . qu'au milieu des rielies perspectives des légions célestes: mais, la même, se témoigne un rapport avec la Irndilimi d'Abraham ri de Jne.oh, dans laquelle, à travers les siéi'les. brille luujoui's, quoique confusément, le souvenir des □ liges de la pairie primilivc; les deux limions, bien que dilîcrenles, n'ont doue pidnl lieu de se jeter réciproquement l'ami- Ibéuu:, el leur alliance n'a rien qui puisse luire jeter aux prophètes les hauts cris.

Mallieureiisi'ioeul. la religion di s l'dnddéens ne uuiis esl pas plus exaelrmeiil connue que leur origine : unus ne Sommes luis nuii plus sur lo voie (pie par lestrae.es les plus légères; l'histoire atteste

bien qu'ils possédaieul un corps sacerdidal eo leles Perses, mais

le lieu des deux llirologies îvste dons li' vague. Le livre de Daniel.

décisive : il indique, eu effet, que le corps des mages et celui des préires chnldeons étaient places, à la cour de Kahvlune, sur le même pied. iNnbtiehadnnssnr les convoque ensemble au pied de sou

prie I.- ii.iritrleil,. la muiii mystérieuse, il ;i ppelle aussitôt lésinais

d'un conseil de muges, comme ceux de la dynastie persane, seraient donc, comme ces derniers, des sectateurs de Mazda, liais le livre de Daniel esl une composition fictive el ses légendes sont sans aulorilé. Toutefois, sans oulre-passer les droits de la critique,

il est permis de conclure que l'auteur du livre, qui connaissait

eux île telles connexions, qu'il avait pu croire que, dés l'époque il «s rois elmlileeiis. 1rs deux corps s: dnlniK s'étaient trouves dans

lu même communauté que île son temps. Ils formaient, dans leur ensemble, re i[u il appelle les Sages du Italienne. Ainsi, on ne les confondait jios : prouve que les deux religions étaient distinctes ; mais ils agissaient de concert : preuve qu'elles avaient nu fond le même esprit.

Non- seulement l'histoire de lu philosophie témoigne île cette

sans être identiques, se trouvaient ou fond en harmonie. Lors même que, dans le principe . elles eussent été identiques, lu dilîerciii'.c île conduite des dynasties persanes et chaMeennes. à

Biil'vi îiui'nil su ni pour ; introduire peu à peu de la diversité.

Les rois choideens s'etant lies avec la population babylonienne, jusqu'à lui emprunter sa langue et sa capitale, leur sacerdoce n'avait pas du se maintenir, nu milieu des Ilots de cette autre civilisation, dans le même état de pureté que celui îles mis de Perse. Sous leur application à l'étude îles astres, qui a rendu leur nom si célèbre, si 1 caclle s;ins doute un compromis entre la llirolo^-ic iiiay.di'eiine ei l'antique sabeisme. l'iularque nous apprend qu'ils avaient lrims|ioi |. ■ ilnns l'ust rnlii^ie les trois principes du bien, du

mal et de l'intermédiaire; et ce témoignage revient « dire qu'ils l'avaient constituée selon les lois fondamentales iln Mazdéisme, l'eul-ètre même les deux corps avaient-ils Uni par se coordonner systématiquement, en se divisant les attributions , il peu prés eumme dans la (Jaule. Du moins est-il permis de le conjecturer sur un passage do i>iogene l.nerle, où l'on voit les Chaldccns en possession de In divination et de In physique comme les ovales, et les mages, appliqués à la haute philosophie cl ou sacerdoce comme les druides.

Quoi qu'il eu soit de ces particularités, dont l'indécision ne produit que des inconvénients secondaires, il sulïit que l'héritage îles lllialileens, dans ce qu'il avait d'essentiel, se soit implicitement

ESmiT DE LA GAULE.

I 'enter : i ■Hli' des prières pour les inorls. de In lin iln monde, ■lu royaume îles S..1 iuls ; plus lard. des lustral imis.. des offices, du sacri-

(lise non san.dnui. même du l'Eucliarislie. r !<<■■■■ l ■ I ■< 1 1 1 ainsi de In traililion mn/déenne. Le monothéisme de Moïse et des prophètes

l-iir» |. .*■ ulr. nul-or du-|>i- 1 * ■'■! * > *■•■ .*.».Mi>nip' f . * «ns mur*

ii sn fermeté, tous nés développe m nu ta. A ce point de vue, la captivité d'Israël devient au verilnble hieid'ail. Les cérémonies [lu leaiple sotil suspendues, mais celle privation permet aux Juins de se cou* vaincre, par leur propre conscience, de In vérité du principe promulgué par les prophètes : que les effusions du cœur sont plus agréables n Dieu i[ue celles du sang. Sous le même coup, un

détermine, la création des svnaiin^ues: on n'y célèbre aucunes liturgies, mais on In remplace par la lecture cl l'expl italien de la loi. cl l'on est cunduit. par In même, a former et à multiplier les recueils d'écritures cl a permetlre aux Iniques denlrer an cœur même de In religion. Ils y entrent en effel. en y faisant entrer avec eux col esprit de liberté duquel [missent les sectes, et bientôt, ù leur suite, le christianisme. Ainsi, les Clmldéens enlèvent par la force la Judée, mais la Judée les enlève à sou tour par la piélé. et transporte jusqu'à nous, sons son propre nom. leur vitalité.

Parallèlement au rameau elinldécn qui descend de ses montagnes dans le Sennanr, il en descend un autre dans le Chanauu. Celui-ci est le plus important. Il se personnifie sous le nom d'Abraham, ehundii^iiiiiemeul Père de In miillilude. qui n'est peut-être, comme, d'autres imms bihli'mcs, ipu'uii surnom donné par In postérité, bous lequel se serait effacé le nom propre. De ce rameau naissent divers rejetons , dont l'un, après plusieurs péripéties, s'orréte et se constitue dans le bassin du Jourdain. C'est le peuple lielireu llhri). ainsi appelé, selon ci' uu'indiojuc 1 ctymnlogie .

CHALDftENS.

d'après son origine d'outrc-Euphratc. On peut le définir : un essaim de Chaldéens lise h IV-tut il!' cnst ■ conquérante parmi ies aborigènes du Cbaiiaan. Sou liislnire se lie donc , par une étroite analogie, avec colle desChaldeons de Babylone : ce soûl deux rejetons du menu 1 somme implantes, à nue certaine distance l'un de l'autre, dans le même fond. '•

On n'éprouve pas la même difficulté u rattacher celui-ci à son point de déport. Le livre de In Genèse nous en conserve en effet l'itinéraire. Les Hébreux considèrent leur famille primitive comme ayant occupe les hunies vallées (le l'Arménie, aux environs de la contrée où les (irecs en retrouvèrent les derniers représentants: une migration, causée vraisemblablement [uir la surabondance de population, conduit l'essaim dont il s'agit sur les pentes méridionales du Tu unis, dans les plaines arides qui s'étendent entre le Tigre et le Chuborus. Le lieu de la première station est désigné sons le nom d'Our des Chnldrens iDm- Clunilinn. 11 n'est pas douteux que ce lieu ne soit le même oii les Perses établirent plus tard une forteresse dont parle Ammien Moreellin, et que l'armée romaine, buttant en retraite sur Nisibe, rencontra à six étapes après le Tigre. C'est là que la tribu, séduite pur la description de la vnllee du Jourdain, rentrée fertile et arrosée et d'une condition analogue à celle de la mère-patrie, conçoit le projet d'abandonner les maigres pâturages ou elle s'est installée, pour y aller oliercber fortune. Sous In conduite du père d'Abraham, elle se dirige dans ce but sur Chacun, ville située prés du confluent du Clioboras et de l'Euphrnto, et connue dans l'histoire par la défuiie de lliossus. L'identité de l'Or des Perses cl de l'Itnr des t'.baldeens est conllrmée pur la position de Charun. car celle ville se trouve précisément sur la ligne qui va de la forteresse aux sources du Jourdain. Suivant une Iradiliun locale recueillie par Nicolas de Damas, la migration, de Cltaran, vient faire une nouvelle halte dans les environs de Damas, et y réside assez longtemps pour qu'Abraham > laisse le souvenir d'y avoir règne, souvenir transmis aussi par Justin. Elle se décide enlin à achever sa marche et arrive en Palestine, «m elle se lise aux abords de la nier Morte, à p€U de

La trace de l'origine septentrionale des Hébreux est également marquée en ternies explicites dans leur système ethnographique. Bleu que ce système, proportionné aux conditions d'une époque où les rebutons inleriialinnales n'étaient encore ni développées

ni assez, étudiées, soit loin de posséder une valeur scientifique absolue, suit îiiitrjrLU:. en ce ijui coureruo les alliances directes de la nuLLon dont ilémauc, est iiiciiiUeslable. Mal hcurcu sèment. sa

coneisi mil à sa Inmiëri'. car. jiour si' faire une idée claire des

Iriiis iMUipt'i primordiales i[ii'il établi! sous les Irois lypes de Seul. Chain cl Juphel, il serait nécessaire d'avoir, non pas tes dénominations, mais les caractères réels par lesquels chacun de ces lypes diffère des outres. Néanmoins, c'est déjà une donnée précieuse que de savoir quels sont les peuples qui sent ntlribues au mémo type, car on se trouve dès lors fondé à conclure d'une manière générale de l'un à l'autre. C'est ainsi qu'en examinant les peuples qui, dans ce système, sont coordonnas conjointement avec les Hébreux sous le nom de Sein, on reconnaît qu'ils sont beaucoup

d'Israël a l'rpo:pir oo l'Insinua nous pi'i'uict de saisir ses traits ; et, par conséquent, ce peuple lui-même, dans ces premiers temps, a du se lier aussi a Japhet par de pareilles connexions.

Voici eu effet, en aliiv^', la deliiiiliuii des quatre livres donnes, par le livre de lu Genèse, au patriarche Arphaelisad, aïeul des Hébreux.

Elam ; ce sont les Elymaïtes, dont le pays, situé au nord de la Susianc et de la l'erse, formait une sel le d'enclave entre ecs deux contrées et la Medie. Ces peuples étaient naturellement associes, liai- la position du leur lerriluiro, avec les Perses et les Médcs, et aussi, dans les prophètes, les voit-on presque toujours nommes avec ces derniers. IJuelquet'ois même le nom d Elmn se trouve

Perse! ee qui marque assez l'etroitesse des relations. Ainsi, Isaic, appelant contre Babjlone les Medo- l'erse s, s'eerie : . Elam. en avant I Mède, a l'assaut.» Daniel, étant ù Sur.o, se dit dans l'Elam. Josèplie esl encore plus aHirmatif, car il dit licitement que les l'erses sont les descendants des Klamites. Il semble eu effet que, dans la haute antiquité, le nom d'Eluni ail couvert généralement loute celte région.

Atsw; ce sont les Assyriens proprement dils. Leur territoire primitif, beaucoup moins étendu que celui qui s'est postérieurement soumis à leur empire, se bornait à la partie île la Mésopotamie qui suppuie sur les dernières poules du 'finir us, cuire le

CHALDÉENS

Tigre cl le Lj'cua. C'était la contrée désignée par les Grecs sous le nom d'Adinbène. Dieu que l'iiistoiri' ik> ce peuple suit fort mal connue, on arrive cependant à établir que leur langue nationale Npii.'nliTiail à la Hiiii i lit- uiedo-persique ; et à plus forte raison uVvail-il en être de même de celle de leurs frères d'Elam, engagés de bien plus prés dans le monde aryen.

Lad représente les Lydiens, c'est-à-dire les populations dont le territoire, appuyé sur la nier t;»t'. enveloppait les lies Ioniennes d'Élée à Sliict. Un leur .ioi^n.iut leurs voisins les Cnriens, qui leur éliiieiit lies ptr de si grandes alllnitcs, on rassemble sons ce nom la race voisine des l'élusges, qui régnail dans le sud-ouest de l'Asie-Mioeure.

l'Oronte ol l'Euphruto. P postori cure ment, ce nom, comme celui d'Assur, a pris une bien plus grande extension; il Unit en effet

il ne s'applique qu'à la région limitrophe des montagnes : ctymolngiqiiniiriil, il sigtiille liant pays. Il se rapproche tellement de celle de lu province d'AïAama.si eeli'lnrdims 1rs livres /.ends, qu'on a proposé de l'y reporter; mois, outre que le nom d'Arnm est appliqué à la Syrie par toute l'antiquité, il n'est pas à croire que les eon naissane.es des H.-breux, sauf en ce qui concerne la tradition à demi elïacL'is de l'Édeu. se soient étendues, dans l'est, audelà de In Medie et de la Perse. Arain, ainsi interprété, se place d'ailleurs tout naturellement dans l'intervalle entre Lud et Asaur.

Quant ù Arphnchsad, il n'y a aucun doute qu'il ne faille y voir le lypc commun des Cbakléens et des Hébreux. Son nom, comme

nient, le nom d'Arpbacbsad incline d'une manière frappante vers celui de In prnviin'c d'Arnpacbilis. silure, selon l'tnlrmir. dans le nord de l'Assyrie, vers les lieux oii le Tigre debnuelie des montagnes et ou la tradition place en etlet le point de départ de la migration d'Abraham. Dans ce cas, Arphncbsnd, devenant un nom de pays, prendrait le sens de mère-patrie.

En résumé, si Ion considère le faisceau de montagnes qui s'étend entre la mer Caspienne et la mer Hellénique, on s'aperçoit

que la famille des peuples désignés par l'ethnologie hébraïque sous le urim île Rem y forme une ehaino continue sur toute la partie méridionale, depuis l'Elymaïs jusqu'à, la Lydie. Los peuple* désignes sous le nom de Japliet partagent avee eux celle mémo région ; mais c'est la partie septentrionale, de In Mcdio à lllollospoiil qui forme leur loi, cl. déjà même, ils sont représentés comme s' étendant plus au nord, sur une seconde ligne, depuis le Caucase Jusqu'en Thrnce. C'est dans ce berceau nue sont ainsi réunies les populations d'élite qui font suite aux Aryens, et qui, par une propagation Séculaire de vallée en vallée, dérivent tnème, suivant toute apparence, les unes et les autres de ci 'lie source commune. Comme les Aryens, elles sont destinées à porter In lumière parmi les populations inférieures répandues ù leurs pieds par la civilisation primitive; et l'on voit en olVet descendre de celle région privilégiée les Aryns dans l'Inde, les Médcs dans la l'erse, les Chiiliîei.'iis i.Uius la llabylouie. les Hébreux dans la Palestine, les Polasgcs et les Doricns dans la (ireee, les Celtes et les Scandinaves dans la Gaule et dans la Germanie. Pris dans leur ensemble, ces .ln.f. x [■!■ i.ni i.1 .m m in.- ifi'Uii U' H' fui. ■••iui .1.-

rénova leurs de l'riumnuile primordiale.

11 faut, cependant, pour motiver In distinction qu'a faite entre eux l'ethnologie hébraïque, qu'il y ail eu entre ces peuples d'autres différences que celles de la géographie; mais peut-être celles-ci ont-elles été le principe do toules les autres. Placés au contact des sociétés fondées sur l'ancienne civilisation de l'Asie, les peuples du type de Sem ont du naturellement subir leur influence et perdre pur conséquent quelque chose du pur esprit de l'Arye. Ils auraient doue, à certains eitnr.ls, lornie des nationalités iutermé-

gent avec les peuples vîmes aux temples et aux images. .Nous le savons pour les Assyriens, dont nous retrouvons, dans les ruines de Mnive, les fermiers et les chérubins, el dont un des temples, celui on péril Semiaeberili. nous est connu par Isaic. Xnus le snvotis aussi pour les Llymaiïos, chez lesquels, au dire de Strabun, existaient des temples qui furent pilles pur Mithridate. Nous ne pouvons en douter non plus pour les Lydiens. EMn, d'après la tradition hébraïque, le même usage régnait cher, les Clialdeens

CHALDÉENS. 197 priuiitils. IJimiitl Jncuh ramone thuis le Cllsuiiiiisi les épouses qu'il

est allé chercher ou pays de ses pères, celles-ci emportent avec elles leurs images. Les Hébreux eux-mêmes, tout eu prohibant, ['iiiiluniiément au principe île leur théologie, toute représentation matérielle de Jéhovah, n'avaicnt-ils pas, «ans leur temple, ries taureaux, cl. à l'entrée ilu sanctuaire, îles chérubins: 1 Ne emyaienlils pas que Moisi 1 avait élevé dans le désert un serpent d'airain, et ne continuèrent- ils pas à rendre, jusqu'au temps d'isaïe, un culte avoué à ret antique symbole? Kl même, ne vnii-ou point, par l'histoire île l'image enlevée dans la tribu d'Ephraïm par celle rie Dan, que, dans la première période de leur indépendance , sans sortir île la religion de Jelmvali . mais eu oubliant les lois rie Moïse pour revenir à celtes rie leur tradition primordiale, ils ne se faisaient pas faute d'entretenir certaines images de Dieu lant pour le culte pnlilic f | ne pour le culte domestique ? A coté de ces peuples, mais partisans d'uni' lilnrgie toute ililferente . les Meries, les Celles, les Thraees, les Scythes ne se permetlaient aucune image, même des personnages célestes , n'adoraient Dieu qu'on esprit et demeuraient fidèles à la simplicité pastorale jusqu'à s'abstenir de tout édifice fermé. ,Ycst-i! pas permis de penser que de telles dissemblances, dans les caraclcres extérieur* de In religion . ont dû parailresuflisanles aux Hébreux, places, avant tout, au point de vue des choses sacrées, pour légitimer la division des deux groupes en deux familles distinctes, sous les noms devenus si fameux de Sem et de Japhel 1

Par les mêmes motifs, 11 n'a pas manqua d'exister aussi, entre les deux groupes, drs différences caractéristiques dans le langage. Toutefois, il esl vraisemblable que ces différences n'ont point été aussi radicales qu'on a pris l'habitude de le penser. Les dialectes ont diï s'appuyer, de part et d'autre, sur le même fnnd , ceux du midi s'elaul seulement laisse pénétrer plus ou moins par les intlî traitons du voisinage. Le peu que l'on sait du dialecte assyrien su (lit pour mettre a cet égard sur la voie. 11 est évident, en effet, que, Si l'un des membres du groupe sémitique a parlé une langue aryenne, il a dû en être de même, dans l'ordre primitif, de tous les membres du même groupe; la première condition, pour que des peuples se présentent aux yeux des étrangers comme faisant partie de la même famille, étant qu'ils soient de même langue.

Celte conclusion parait encore plus juste quand on considère, au point de vue de la philologie , Thorium des Hébreux, En lais-

ESPRIT DE LA (ïAULE.

aryennes: les premières couvranl ti.ult li' midi. In Pluiiicic , la

vraul le nord depuis la Mcdlc jusqu'à le Thrace, A laquelle îles deux classi-s convient-il de rapporter k' i'ruii[n.' iiitcrmi'diairc cimipusc des Chaldéens etde leurs congénères ? Indépendamment de timt ce qu'indiquent les analogies générales . il est manifeste que la tradition elle-même trace une ligue de démarcation bien plus profonde entre f.ham et ses deux frères qu'entre ws deux-ci pris à part. Chnm n'est enveloppé dans le mythe de haine que parce qu'il se montre, par tous ses dehors, détache en quelque sorte de la famille; Sein et Jnphol s'enlendeiil et marchent de concert, tandis qu'ils n'ont rien de commun avec eu réprouvé.

Cependant, a une certaine époque, lorsque les Chaltleens commencent à entrer dist ineteuieul dans la iiimiere de l'histoire, on les trouve, soit en Palestine, soit à Bahyloue. parlant un idiome semhlahle a celui des Chnnancens: a moins que l'on n'admette que, des l'origine, avant d'avoir tqiere leur mouvement vers le midi, les Ciialikeiis. fils de sein, parlaient une langue incompréhensible a leurs propres frères Elam et Assur, et conforme, au contraire, u cellcde Chanonn, fils de Cham, leur parent éloigné , il ne reste, pour sortir de In dillleulie, que deux issues: ou les deux essaims descendus du nord, l'un sur l'Eupliroie et l'autre sur le Jourdain , ont imposé leur propre langue, loule spéciale, aux populations parmi lesquelles ils ont pris place, et éteint celle qui était antérieurement en usage riiez ces populations; ou, au contraire, ce sont les nouveaux vernis, qui, par l'effet de leur commerce intime avec les indigènes dans le sein (lesquels ils Relaient en quelque sorte fondus, ont abandonné peu à peu leur langue maternelle pour adopter celle qui était en vigueur auteur il eux. Pour peu que l'on veuille bien porter son attention, sans parti pris, sur celle des deux migrations qui nous est le mieux connue, cette dernière opinion parait de beaucoup la plus vraisemblable. D'une pari, des popula lions considérables, tnaitresses depuis longtemps du territoire, vivant d'agriculture et d'industrie, réunies dans des villes fermées, constitues en soeiele politique, et, de l'autre, une colonie de pasteurs qui finit par se disséminer dans cette masse ou elle ne prend le dessus qu'après plusieurs siècles, constamment disposée, de l'aveu mémo de ses historiens, à s'idcntiller, non-seulement auï

la prépondérance, cl ce senti nient acquiert i-tnuirc pins d'aulorilé quand on laisse de ente l'intérieur de l:i Palestine, pour ne regarder que les Phéniciens, doni les rapports avec les Hébreux n'ont jamais eu que si peu de valeur, et dont In langue n'en est pas moins toute chananéonne.

L'histoire nous offre d'ailleurs, dans tous les temps, des matalions analogues, et la noire même en contient nu exemple frappant dans la désuétude de l'idiome germanique apporté sur notre territoire par les Francs. Il serait aossi erroné de croire que le français, parlé a la cour des rois de Fronce, était la langue de leurs ancêtres, que de prendre l'hébreu des prophètes pour la langue qui avait cours snus les tentes d'Abraham. Bien différent du type qui s'est peu a peu développé dans les imaginations, le chef des Iribus de pasteurs qui descendirent dans le Chanaan. à l'époque du royaume de Sodomc et de Gonwrhe, était, comme les hommes du nord, de race blonde', parlant une langue aryenne, et ce n'est que peu à peu que sa descendance, se façonnant aux mretirs du midi, a pris la langue qui s'y était créée de longue date. Et qu'est-ce, en définitive, que d'avoir emprunté la langue, quand on est allé jusqu'à emprunter la circoncision?

En jugeant, ce qui semble légitime, de l'histoire des Chaldéens de Babylone, par celle des Chaldéens de Palestine, on serait donc conduit à poser ce principe général : que les langues auxquelles la philologie moderne est convenue d'appliquer le nom de sémitiques n'ont jamais été que des langnes d'emprunt pour les peuples que l'ethnologie hébraïque avait classés sous le nom de Sem. Comme ce ne sont pas les contrées du midi qui ont formé le berceau, ce ne sont pas elles, non plus, qui ont inspiré primitivement la langue et les idées de ces peuples, qui, conjointement avec leurs frères du nord, peuvent s'appeler les missionnaires de Dieu sur la terre.

Cette opinion a l'inconvénient, dont je ne méconnais point l'importance, de se heurter contre des autorités considérables, à la téle

1. Son pctit-llls, Esaii, perc des Edomites, est caractérisé par la Genèse comme un hommo à cheveux roux, et peut-être celte couleur êlait-ellc demeurée prédominante dans celte tribu Quant aux JiuTs, on n'ignore pas qu'il* se caractérisaient chez les Égyptiens comme des barbares à cheveux blonds.

ESPRIT DE LA liAULK.

plii'ih! en même temps que lu vriiisi'inlikitii'i-, de voir à quelles extrémités l'opinion contraire est logiquement conduite contre le monument qui forme cependant, d'un commun accord, le principe de tout savoir à ce sujet. Elle est, en effet, conduite à soutenir que. malgré ce mu nu ment i[ui range, et, assurément, en connaissance de cause. Abraham et Chnnaun dans deux familles différentes. Abraham el Ctanaan étalent, au fond, de même famille, puisqu'ils auraient été originairement de même iurigue: cl elle est condamner aussi ii siinleuir que, bien qn'Arphiirlisml suil di'clare frère d'P.lam,

tiellcmcnt distincte de celle de ces trois peuples. Ce sont là des

prit 'les Oriciiluuv. si d.'cidf dans sa pivdiU.'cliun pour cet ordre de rapports, n'est qu'un simple tableau de jnxla-poailion gèngraphii[ue. • Japbet, Sein et Ctlam, dit-il, y représentent les trois ïones boréale, moyenne et australe; aucun de ces noms ne peut designer une race, dans le sens scientifique que nous donnons ù ee mot. Pour ne parler que de Scm, entre les cinq (ils qui lui sont attribues : Élam, Assur, Arphaxad, Lud et Aram, ce dernier seul est sémitique dans le sens linguistique du mot... Arphaxad est un terme géographique et n'a d'autre rapport aveu les peuples dits semiliques, que d'avoir ele leur point de départ. Le nom du peuple qui, d'après niïpulliesr g.-iiei'nleiueut feue, y est renfermé, ArjJitlusd, appartient à la famille indo-européenne Il est clair, d'après loul eela, que le nom de Sem désignait simplement pour les Hébreux la région moyenne de la partie du ufube qu'ils connaissaient; ils n'y attachaient aucune idée ethnographique bien distincte, puisqu'ils donnent plan' dans la famille sémitique aux Iraniens (Èlam), avec lesquels ils n'avaient aucun rapport de race, clqu'ilseiu-\dunul IcsChamméeus. auxquels pourtant Us tenaient de BÎ prés IHisluire. dm tant/itcs srmHitiitts, I, t). ■

Éliminant de la famille de Sem trois membres qui n'en seraient,

CHALDÉEN5. ÏOI

suivant lui, que des voisins, et, par contre, y faisant entrer un nouveau membre, qui, a son gré, en aurait été expulsé a tort, le savant écrivain tient peu de compte, connue on le voit, du témoignage des Hébreux; ce nui ne l'empêche pas, après l'avoir rct.tiHé, de la sur le, oïl, pour mieux dire, annihile, de rinvuquer encore nominalement: < A s'en tenir, dit-il, nu dixième chapitre de la Genèse, celle race (telle de Seul) se divisait en trois groupes :

■1° [troupe aram 1 ou syriaque: i° greiipo arpliaxadile ou venant

d'Arphaxad; :i° yninpe i-hiinîinci'ti, rejeté pur l'elhnograplie hébreu dans la famille de r.ham, mais que l'analogie de lan^a^e mtlaclie uectssnirenien! aux Arumeens. aux Theraeliiles et aux Arabes, ■ f/Wrf.}ll est même conduit plus loin encore, car H arrive a éliminer de la famille de Sein. Arphnclisad lui-même, qui est considéré, si

stmicc.de lonle valeur eMiitiigr.ipliique ; i't enliti. Aram hii-ineine. le dernier subsistant, en vient à passée également dans l'autre l'amille. après avoir donne naissance aux deux branches que la tradition biblique atlribtinit à Arphachsad, et dont la première sert à notre auteur à exalter, dans le midi, telle prétendue langue sémitique qu'Abraham y retrouve plus lard. < Aram, dit-il, centre commun de la race, au nord; I» branche joklanide se porte la première vers le sud. et s'établit dans la péninsule arabe, dont In partie méridionale élait déjà occupée par des Couscliiles; les Tberaebites, restés fidèles au monothéisme, s.' détachent plus tard d'Aram, et prennent le nom d'Hébreux en passant l'Euphrate. Aram subit de plus en plus In pression des races aryennes, et, perdant peu à peu son earael ère, devient presque étranger a In famille sémitique. > [lbiil.) Cette théorie, ai compliquée, el, si l'on ose le dire, si arbitraire, perd toute raison d'être, dès que l'on admet, comme nous proposons de le faire, que In colonie descendue en Palestine de la terre primitive des Chnldcens, s'est rangée peu n peu a In langue des populations nu milieu desquelles elle etail venue se fixer. Mais aussi, dans ce cas, ne se trouve- t-on pus oblige de renoncer à l'hypothèse qui fait de la notion du Dieu unique le privilège spécial des idiomes tbononeeiis, si inférieurs, eependuat, à loas égards, aux idiomes aryens? Colle notion, spécialement symbolisée dans les temps bibliques par Abraham, devient en elfe! la propriété d'une migration indo-européenne,

tandis que lus populations au sein desquelles se projette celle migration, et qui se montrent en possession héréditaire d'un idiome cnananécii. loin d'être motiultiei.stes |>;t r essence, se caractérisent nu contraire cointin- idolâtres: do sorte que si les Juifs traversent les siècles en y représentant excellemment l'idée de Dieu, comme leur père Aliruliam, c'est que. tout en perdant leur langue, ils n'en auraient pus moins cuisi né leur sens Uicolugiquc initial

I. M. J. Reyriiiud, dsins l'ctte i'IciiIli el dans h suivante, nllaque liardinient et profondément un dos plus grands problèmes des origines humaines. Ce r|Ui est ici en question, c'est la valeur do la classification des Irois races bibliques: Kern, Chatn el Japhel, c'est-à-dire, de toute l'ei biographie de In Bible. Il y a lii-dessus trois systèmes en présence : il fout avoir une idée sommaire de loua Irois, si I ou veut se rendre compte des conditions du problème,

i° Le plus éloigné des données de In Itilile est le système que M, J, Hcynnud vient de résumer el de comballrc. après «voir exposé le

formellement Babylone, la Pli — Le système philuin^iipi' 1 e son existence iju'i'ti Envoie c Î-M.J, Heynaud, commi essentiellement, comme la Bi

Bi

pei

appelons sémitiques, ne seraient donn eu réalilé que les langues des

C ha ml tes d'Asie.

Comme conclusion, en ee qui regarde notre liaule, les rapports incontestables qui exisienl . \< certains égards, entre les Celles cl les Hébreux, proviendraient d'une communauté primitive de race.

CHALDÉENS

i£ système de M. J. lloynntid nrunle arguments il dos sources

diverses : à lïlisloire, il la philimigic. ;m\ rippnrls moraux.

3» Le troisième esl celui du savant baron d'Kckstein . on peut le i|ilidilicr d\'ll]iiii^r;i|)liiiiin-. comme le premier île philologique, parée qu'il s'appuie entièrement sur ]:i division jirimiiive îles trois races, lellc que la présente la Bible. D'une part, il affirme, «mire M. Renan et d'accord avec M. J. Iteynaiid. IVïistem-e t[f- t-nriH-ti rea iniinin. sueiaus l'i religieux lolalcmcnl dùT'-rcrils mire l:i vraie race sémiliqiie et la race chomitique d'Asie; de l'aulrc part, il maintient, contre M. J. Heynaud, ht Llislin .-[ion primordiale (ira <-si raclures Ai: race et île langue entre les Sémites cl les (Ils de Japhel ou Aryas. Il admet, comme M. J. Reynaud, que les Sémites n'ont pas toujours parlé les mêmes langues que les Qiainitfs d'Asti'; muis :l soutient, cmilrc M. Hevu.iuil. que ce son! les Sémites ifiii onl gardé leurs langues, ri les Cliamilcs d'Asie qui ont laisse les Ir'iirs disparaître devant le fu i i n-ï fu- supérieur des langues sémitiques.

Voilà le cercle où senl'erine ce grand débat.

Quelle que soit la décision linale de la science entre ces trnis systèmes soutenus par des ho m mes d'une si liante valeur, il est permis île rniislalcr ici que deu* points iiiia iriauis paraissent aeqnisa M. J. Reynaud :

1° Que les Sémites primitifs et les Aryas ocridrulain. dont les Celles formaient la tfite de colonne, avanl la migration de ces derniers en Europe, 90 sont trouvés en eonlacl dans les hautes vallées entre le Tauruset le Caucase;

3» Qu'il a subsisté, de en contact, certains rapports d'idées et de coutumes dont le culte du chérie et l'usage des rnnnumenls de pierre brute sont le.* signes extérieurs les plus saillants, et dont le caractère moral le plus essentiel est un certain l'omis de monothéisme . qui, Sans être aussi hautement dégagé qu'en Judée, n'a jamais clé étoulTé en Gaule sous le culte des divinités secondaires.

Ajoutons, pour éviter toute équivoque, que la question de savoir si tout le genre humain était compris dans les trois races bibliques, n'est point du tout en couse entre les trois systèmes que nous avons essayé de résumer.

(Note communique* par M. HENm MARTIN.)

Mil LES B M' IM.H I S DES CULTES HT MER fiti AMIKHNS

Si l'un prend les Celles cl les r.hnMeens dans leurs stations primitives, rien ne parait pins naturel que lents rapports. Ces peuples sont répandus dans îles vallées voisines, ci, si différents qu'ils soient, il ni; puni manquer d'y avoir Bntrc eux certains usages

ruminons. C'rsl ainsi r|iie. dans les Alpes. riinL'iï' In diversité îles

(fini rnitlun n IniUt-e. une mil II il ml.' île i.'ssnnliln rires. Kn se puttant vers les siècles luiulains. lïmaniiialion ne s'étonne dune, point d'avoir ù soupçon ner de lois rapports, parc* qu'elle est frappe» pur !<• senlimenl du voisinage. Hais, lorsqu'elle les perd do vue et qu'elle vlenl se reposer, d'une part, sur les Hébreux dans la Palestine, de l'autre, sut' les Olirs dans l'Ar rit|ur cl dans In Grande*-

Brclagiie. In distance lui donne le change, et elle ne Conçoit plus a puisse trouver entre des nations, si éloignées l'une du

ulre, lu moindre aiialiifilc.

Pylœmènes des Hé" des bouches de l'ir

s Celtes, non esClinlilérns,

éslgnés, dans

de la PaplilBRonie. Il avait donc couvert autrefois tout lu littoral de celte province, et même on le regardait comme l'ayant occupée loul entière. • Un crnnd nombre d'ailleurs, dil Sli'Olion, sunl d'avis que les Hénétesonl été la première population de la l'aplila^miu. ■

t. Kn Kvmrit|uc, GmjnM; Les Vénètes des historiens latins.

CELTES ET CHALDEENS

C'était une nation considérable, (mis qu'elle avait un littoral de plus (ie cent lieues de développement. Au temps de Si ru bon, elle avait entièrement disjiaru de celte ffRioti, et le géographe grec en concluait, avec raison, la probabilité (l'une, émigration en musse, t Les uns disaient qu'après la prise de Troie, les Henèles, avant perdu leur chef, au lieu île relouruor dans leurs foyers, s'étaient dirigés sur laTliracc et de là sur l'Adriatique, ou ils s'étaient fixés, en y transportant leur nom, dans la Vené.ie. D'autres, au contraire, disaient que les Heiiètes. s'elnut lies avee les l'.immericus,

expédition lointaine. Il autres, enfin, disaient que les Heneles île

1 I bien dans

la Gaule que se trouvaient, de leur temps, les représentants de ees antiques populations du Tauriis.

Or, c'est preei sèment sur lu rive droite de ce même fleuve île l'Iris, dont les Hciictcs uci-u paient lu rive gauche, que Slraboa nous montre les Chaldeeiis. ■ Au-dessus de Trapezunte et de Phamaeie, dit-il, sont les Tiharénes, tes Ctialdecus, les Sennes, nommés autrelois les Muerons, et la Petite Arménie. ■

Homère, dans son énumeration des cotilirtgents de l'Asie Mineure, nomme les Chalynea, c'est-à-dire les Cliuldeens, immédiatement a In suite des llenetes. « Ddios et Kpislroplios. dit-il, conduisaient les Halysons de i'Halybc lointain. • Ko admettant même Hiie les Cbaldoens n'eussent pas oeenpe. des l'origine, une position aussi septentrionale que celle oii les tirées les emmurent, et qu'il faille les voir, à l'époque des Henèles, dans les ramifications supérieures du Tigre et île 1 Euptirate vers le pays desC.-pliènes, ancien nom des Qinlylies. selon tltienoe île lit sauce, ils n'en auraient pas moins ele voisins, puisque les Holléics. d'après des témoignages loentioimes par Strabon, avaient dû s étendre primitivement jusque dans la Cappadnee, c'est-à-dire aux limites même delà Petite Arménie et de lu Cépbénie.

Ea consultant la nature des lieux, on voit que lesCbaldéens et tes Henèles iion-seuleiueul étaient \uisins, mais devaient vivre également à l'état pastoral. Relègues les uns et les autres dans les uiiHitasiies, ils n'y avaient pour ressources que des pâturages : de part et d'autre, par conséquent, même simplicité de munira; point d'urt, point d'industrie, point île constructions dispendieuses. Fidèles à la coutume primitive la plus élémentaire, s'ils voulaient

»fl - ESPBIT DE LA GAULE.

sis^iii'jiit lui quartier de nu: cl le redressaient de telle sorte, que le mnin de Ihomme lui sensible dans ce déplacement, eu mémo, au lien d'un seul, ils eu reunissaieul ou eu superposaient plusieurs. Pour se donner des s> inbules visibles île leur fgi et satisfaire leur imogiiiulitm loui'liaiil les choses sai'.ivrs. ils s'adressaient, de pré- Ference, à ces grands arbres que la nature ne nous uftre que par exception, soit isoles, suit rassembles en forêts; et, parmi ces arbres, les ehi'iics, dont les ramures sont si majestueuses et qui s'eleveal parliiis :'i îles dimensions si colossales, [ie pouvaient manquer d'uliU.'iiir la préséance. (Jnelles que fussent les dilTerenccs par lesquelles les deux peuplades se distinguaient l'une de l'autre, le même dciuïinenl les conduisait ans: mêmes expédients. D'ailleurs, s'accordant, nomme la religion de leurs descendants le démontre, à ne reconnaître qu'un Tout-l'uissaiil et a ne l'adorer qu'en esprit, ce culte ausleiv s'harmonisait mieux qu'un autre avec le mouvement habituel de leurs pensées.

Si donc les colonies qui, de part et d'autre, sont allées se Axer à de si grandes distances de leur terre natale, ont emporte avec i'IIl's quelque bdclile aux coutumes locales, il est assez naturel qu'elles aient conservé celle-là. Ou peut mémo entrevoir là une sorte de loi générale On retrouve partout, jusque dans l'Inde et l'Afrique, des pierres levées, et il semble que ces indestructibles monuments, encore debout, et debout jusqu'à la fin des siècles, au milieu de tant de monuments en poussière, soient comme les traces des itinéraires de tant d'essaims, projetés sur tout le globe, pur ia race puissante do l'Arye. Loin dune de regarder les rapports que l'observation nous révèle entre les migrations celtiques et les inigralinns Hialilei.'tines de Palestine connut 1 une illusion, nous lie devons les prendre que pour une conséquence normale des dispo-

Comine les Gaulois, les Hébreux ont érigé des menhirs el des ilulmens, et le symbole du eliéne est de meure attache longtemps an souvenir d'Abraham, comme à celui des druides.

11 est reste, dans la tradition biblique, divers traits de cette antique mysticité ù l'égard du ciléne; ils se rapportent principalement à l' époque où l'esprit de la nationalité primitive était encore presque intact, et, qu'ils soient historiques ou légendaires, leur signification esl la même. Je me bornerai à les citer suce in clement.

CELTES ET CHALDÉENS

ii y avnil à Station, dans le sanctuaire, un chêne consacré ' ; c'est sous ce chénequ'avuicnt été enterrées, suivant une ancienne tradition conservée dans le livre du la llenésc, les images rapportées jadis de la mère- patrie par Bachel. (Gcn,, ch. 3S.) C'est sous ce chêne r|tle Jusué avait eiiiivnque les tribus et dresse le monument qui rappelait leur alliance nvec Jèhovah : • et il prit une gronde pierre, el il la plaça sous le chêne qui était dans le sonelunire du Seigneur. ■ (Joa., Ï4J C'est encore sous ce même chêne qu'Abimelech avait convoque ses partisans, el s'était fait proclamer rai.

■ Tous les liomines de Sieliem el les familles de Mello se réunirent, et lis allèrent el ils n ij Lr-t i ! iirr.'iit Ahiuiei-'cii rui. sons le clicue ijui clait à Sieliem. ™ (Juges, ch. 9.)

Ouand Gédéon est a|i|i<'li' m s"em[iaivr du |irnni>ir, c'est sous nu chêne qu'npparuit l'ange qui lui auaoaee se voealimi. Enfin, c'est

égale lit sues lia chêne , siiiiinmme le eliéne des pleurs, qu'était

ensevelie Uchava. la icjurriei' de Ruelicl. Jusque dans les derniers temps du royaume d'Israël , le chêne demeure l'objet de la vénération populaire; le prophète Osée en l'ail le sujet de ses reproches :

■ Sur les hauts lieu*, ils allument l'encens sous le chêne, sous le lereliiiithe, suus le peuplier, parce qae leur ombre est salutaire, • (Ch. 4.)

De tous ces chênes, le plus célèbre éiait celui auquel so rattachai! le nom d'Abraham. Il était situé plus nu sud que celui de Sieliem, dans la station de Mamhré, qu'Abraham avait occupée après sa séparation d'avec Lolh. Il était l'objel d'une fétc annuelle dans laquelle se célébrait, sous l'invocation du patriarche, le souvenir de l'ancienne conlïaleniile des nations.

Jostphe et les premiers historiens de 1 Tlg lise en font mention;

des voyageurs, eiitnureiit de leur vénération . Ii' regardant comme le chêne sens lequel etail la lente d'Abraham l'.e point d'histoire, si intéressant, esl cependant si peu connu, que l'on nous permettra d'insérer ici quelques testes qui l'écloirent. Voici le récit de Sozomène :

(la Lit: m ai (Jiiiilois d'Asie s ;i|i;>rl;iieal llrnm .Kffoji : eésl le terme Relique lluir-nt'tmheulli (sanctuaire du chéael légèrement grécîsé.

• Il est llécessa i rc de rnppurti'r ci 1 qui a ■. ■! i- ordonne pnr l'empercur Constantin loucluiill le chêne iiiiiiniii' Mamhré. Ci: lieu, que l'on nomme maintenant le Ti-n-biiUlu'. est à quinze stades d'Hebrun, qui en eal voisin nu midi , d a environ deux «eut cinquante de Jérusalem, et il est vrai que c'est là que le Fils de Iticu apparut a Abraham, avec les auprès envoyés contre les Sudomilcs. el qu'il lui annonça In naissance de son Bis. Les habitants de celte région et des parties les plus reculées de la Palestine , les Phéniciens et les Arabes, célébraient en ee lieu . au temps de la moisson, une. ft-te annuelle el spleudide. Tue grande multitude s'y réunit en une foire pour y vendre et y acheter; car c'est une féte fréquentée par tons : par les Juifs, [unir y glorifier leur pu e Abraham ; par les lîi'iilils, |n>[ir l'apparition îles auges; par les ehretiens, parce qu'alors apparut a saiiil liom I'j'Iui qui. dans les lenips postérieurs, s"i>fTrit nianileslemenl. par la Vierge, pour le sniut du genre luimain. Chacun honore ee lieu , selon sa religion , les uns priant le Dieu souverain de luiiles elioses, les mitres invoquant les anges et faisant des libations avec du vin cl sacrillanl avee de l'encens, avec un bœuf, un bouc, une brebis ou un coq. Chacun gardait ee qu'il avait de meilleur et de plus précieux , après l'avoir nourri avec soin loule l'année . afin d'en luire avec les siens, selon son «BU, un repas sacré à cette féte. Tous, honorant ce lieu, pour éviter In culérc de Dieu cinlln qu'il ne leur arrivât nucun mal, ne s'unissaient pninl à leurs épouses lorsqu'ils s'y trouvaient, bien que eelles-ei fussent en habits de fêles el uvci'. plus d'ornements qu'il l'ordinaire, el qu'elles se missent hardiment en vue: et. même à dislanee, bien qu'un habitat en commun les mêmes truies, elles ne s'abandonnaient pas davantage. Ce lieu est en elfet nu el uni, et il

inciil par Alniiliaiu autour du chêne, ainsi que le puits qu'il y

e.i.li.i .i. I i l.ni[. i- i.. m. -t-- pnl—i( «i

selon lu coutume des Gentils . les uns y jetaient des lampes allumées, d'autres des libations de vin. d'autres de petits gâteaux , d'autres des pièces de monnaie, des parfums, des nromntos: et l'eau paraissait gàleo à cause du mélange de lotis rfs objets. Tanilisqui' ces ehoses, selon la manière que nous venons de dire, étaient accomplies avec grande passion par les païens, il arriva que la belle-iuerè de I loiislanliti, étant venue en ce lieu pour prier, dénonça à l'empereur ce qui s'y faisait. Celui-ci fut trésirrite contre les eveques de Palestine, de eu qu'ils avaient néglige

CELTES ET CHALDÉENS

le soin de celle affaire qui les regarda». el permis que ce lieu suint tut souille par des sa en [lues t'L des libations profanes. Sa pieuse réprimande se voit dans lu lettre qu'il éerivit sur ce sujet ù Macnire, évoque de Jérusalem, à Eusébe Pamphile, et aux autres evéques de l'alcaline. Il oriin tu iki aux evcques de l'Iienieic d'avoir ù se reunir pour élever une église appropriée à l'antiquité et a la sninlele de ce lii'ii, il pour qu'après avoir renversé jusqu'aux rendements l'autel qui était lù et livre au fou les statues, ils prissent garde que, dorénavant, on n'offrit plus en ce lieu des libations cl des parlions, et que l'un n'y fil rien autrement (|u en vue d'adorer Dieu selon lu loi de l'Église: et que, si quelqu'un usuil revenir ù la prcccdculc coutume , les évoques le lui lissent connaître, afin

qu'il lût coudai au dernier suppliée. ■ (Sut., lib. II, cap. iv.)

Voici le texte mémo de la lettre adressée par l'empereur a Eusébe, et Iraiiscnl,- piir c' lui-ei (huis si) l'ic de Constantin :

pleine i.[e sagesse, il i u il le teste nie parai! devoir être insère dans le présent récit, afin que le soin et le zelc de ce prince t ras-pieux soient liien connus. Donc, se plaignant a nous des choses qu'il avait entendu se passer dans ce lieu, il écrivit la lettre qui suit :

■ Constantin, vainqueur. Iivs-grand. Auguste. àMacaireet aux autres évoques de Palestine. C'esl un très-grand bienfait de ma belle-iiiéic ù votre égard de nous avoir fait connaître, par les lettres qu'elles nous a adressées, l'aveuglement de certains humilies abominables, qui elail demeuré jusqu'ici caché parmi nous, afin que le crime qui avait éle longtemps néglige fui réprime par nous, avec le soin el l'ullculiou nécessaires, bien que

tardive ni. Car e est une impiété Ires-grave que les lieux saillis

soient pollues par des souillures abominables. Uu'est-ce donc que ceci, mes Irés-cliers frères, qui, avant échappe à votre surveillance, n'a pu, comme nous l'avons dit, nous être euclic par notre bellemère, à cause de son respect pour le service de Dieuî On nous dit que lu lieu nommé Prés du Chêne de Mambré, ou nous savons qu'Abraham a demeure, est souille, de luules manières, par certains hiinniii'ssuperstiiieiis ; on nous rapporte que îles idoles. dignes de destruction, oui ele érigées prés de cet arbre ; qu'un uulel a éle éleva toul a cote, et que des sacrifices abominables y sont assidûment célèbres. Gamme cela nous semble contraire à notre temps et indigne de la sainteté du lieu, que Votre Révérence sache que nous avons ordonne par lettres à Acacc, homme parfait, notre

comte et ami, que, sans retnrd, toutes les idoles qui scronl trouvées dans ce lieu soient livrées nu feu «1 que l'autel soit renversé par sa base (raS à Euiù; à. &9p*n ivarfanï,) et que tous ceux qui, après uolrc commandement, useront commettre quelque elmse d'impie en ce lieu, soient livres au supplice mérité. Nous ordonnons que ce Heu soit orné du pur édiliec d'une basilique, afin qu'on ou fasse une station digne des hommes pieux. S'il arrivait que quelque chose se commit contre notre ordre, qu'il en soit fait rapport sans retard par vos lettres à ma Clémence, otin que quiconque sera saisi, soit frappé du dernier supplice, comme coupable d'avoir violé lu loi. Vous n'ignorez pas que le Dieu et Seigneur de l'univers a été va eu ce lieu par Ahralmm, [unir lu première luis, ri s'j est entretenu avec lui; r | l ■ ■ ' . lu, a commence l'observation de la sainte lui; que là, pour la première fois, le Sauveur lui-même, avec deux anges, a accordé à Abraham le bienfait de sa présence; que. là, Dieu est apparu pour la première fois aux hommes; que, Ici, il a prophétisé a Abraham sur sa race et a rempli uussité.1 sa promesse; que, M, il lui a annoncé, longtemps à l'avance, qu'il serait le père et la source d'un grand nombre de nations. Los choses étant ainsi, il pnrail juste que ce

lieu, par nos soios et diligence, soi! conservé pur de liuile souillure

et soit rétabli dans son ancienne sainteté, afin que dorénavant il ne s'y fasse rien que ce qui convient au culte de Dieu tout-puissant el de noire Sauveur, Seigneur de toutes elioses; ee qui sera observé par vous avec la diligence voulue, si, comme j'en ai continuée, Voire Gravité désire remplir nia volonté qui procède essentiellement du zèle de Dieu. Que Dieu vous sauve, mes très-chers

Il semble impossible de n'être pas frappé du rapport entre celte persécution contre la religion du chêne dans la Palestine et les prsécuiions du même genre qui allaient lui succéder contre la religion du chêne (Unis la Guide. Loin d'admirer celle réunion des païens, des Juifs et des chrétiens sous l'arbre nnlique des patriarches, et d'adoucir les auathémes conlre le polythéisme, en le prenant, comme l'indique Sozomcne, pour le culte primitif des anges, l'Eglise, dans la ferveur de sa nouveauté, ne considéra in pierre sacrée d'Abraham que comme un autel abominable.

CELTES ET CHALDÉENS

tu

Lo tradition des Hébreux peut aussi cire invoquée pour éclairer In question des monuments de pierre brute : les Hébreux en ayant élevé, comme les Celtes, il est a eroire qu'ils ont élé cou-

pus possible, en effet, de donner raison <le Imites les pierres druidiques, en les > si.li-i-nnt simplement comme (1rs autels. Il y ell a

un grand nombre, dont la ligure, la disposition, le rassemblement ne permettent pas eclte attribution. Dans certains cas, ces monuments devaient donc avoir une autre destination que la liturgie, et, si les druides nous avaient laissé des livres, ainsi que les Hébreux, nous y trouverions sans doute, comme dans ceux de ces derniers, quelques éclaircissements. Mais la Gaule, bien qu'oiTranl a nos yeux un plus grand nombre de constructions de ce genre qu'aucun nu ko pnys, probablement parée qu'elle y est restée lirtrle plus longtemps, nous laisse tout a fait dans l'incertitude à leur égard, nie nous montre, do Ions côtés, ee.-s pierres vénérables, mais avec un Heslt- sileueieux. Elle ni' nous permet pas de douter que ce ne soient des monuments, mais elle ne nous explique pas ce qu'ils disent. En vain lui adresserait-on, nu sujet de ses menhirs, de ses cromlechs, de ses eairus, de ses dolmens, la célèbre parole de l'Ecriture : t Que se veulent ces pierres? « personne n'n qnnlile pour répondre; la tradition est sans voix, et les seuls livres sont ces pierres elles-mêmes '.

11 en est tout autrement dans la tradition biblique; c'est là, en effet, que la question : • Que se veulent ces pierres? 1 trouve une repense formelle. Au passage du Jourdain, Josuëfait prendre, dans

I Itu moins les pii'i res ne parlent que sur un seul point; les restes humains et les autres objets qu'eu trouve sous une partie de ces monui on Us. rUipi.'li pies inscriptions ijui nul il! rire dreliiféves due- In l Ira iule- Hn'tayiir H l'Maudi' , ullrsleiit que certains il'i'iilre eu\ avab'Ul un caractère funéraire: mais ee n'était certes pas lo seul.

le vient donc au s.

lu lil du fleuve, ilou/e pierres Imites ipi'il ordonne il ériger sur lu sul dans l'cmplai'cuient du i.'iiin|i. H. il ilil aux li-ilins : • (Junnd désormais vus (ils vous interrogeront, disaul : Une se veulenl m pierres? vous l<"iîr répondrez: Les euax du Jourdain se sont scellées devant ['«relu.' d'alliacée iln Seigneur, à son passage ; c'est pourquoi ees pierres uni rte posées eu monument des lila d'Israël pour ImijnuFS. i (Jus., ch. 4.) Que le Jourdain ertl èlé traverse par les tribus à pied sec ou autrement, le monument de ce passive mémorable avait clé. incnnleslahlemenl érige et il consistait en un alignement de pierres levées.

Ainsi, quelquefois, les pierres levées, au lieu de former des unlels, étaient simplement des monuments commémora tirs. Dans le lil même du Jourdain, s'élevait une construction loule semblable a celle <|ue l'on avait érigée sur l'cinplaecuieul'du camp, et la tradi-

les prelres qui porlaieul l'aivhe d'alliaiie->. et elles j sont i-in:ore aujiHinl'hui. ■ 'Ji'iil. ) Les [lierres <l res.-ee- il uns une lelli iiileiilion n'étaient pas toujours aussi u Iimiscs que dans les monuments

le sens de sa langueur, comme les metibirs celtiques 1 , ("est ce nui se voit par l'action de Samuel à la bataille de Maspliath, où les Philistins, effrayes par les tonnerres de Jéhovah, turent mis eu fuite et massacres. • Samuel prit une pierre et la posa entre Masphath et Seo, et donna pour nom à ce lieu la Pierre du Secours, el il dit : Le Seigneur nous a secourus jusu.au cet endroit.) (Rois, Ch. 7.) C"é«i8nt bien là, selon l'expression du texte sacre, des tuotiuui.oils faits p ■ durer elornelicuieiil. car ils ne pouvaient

donnait, comme on l'a déjà vu par l'exemple de Jacob, un nom etvniidie/ique tire de l'événement qu'ils devaient rappeler, et la uiemoire |)')|iulaire, en perpétuant le iloui, perpeluail par là inéine

l'histoire.

D'aatres fois, les mètres servor ol de eoiilnils. C'étaient, si l'on peut ainsi dire, des signatures iuell'aroiiles déposées à lu surface delà terre, et dont le sens se conservait aussi par le nom qui s'y attachait dans la langue du pays. Tel était le caractère du înouo-

I, Mta-llir ; pierre longue,

CELTES ET CHALDEENS. lia lithe que Josué avait fait élever sons le «.-ln'-nc sacré de Sichem, a coté de l'autel d'Ahrohnni. Il était destine n consacrer le serment que les trihus avaient fait par leurs délégués, dans une assemlili'p. solennelle, de no servir d outre Dieu que Jehovati. . Et il prit une pierre très-grande, et il la posa sous le chêne qui émit dans le sanctuaire du Seigneur, et il dit à tout le peuple : Voici, celle pierre vous sera un témoignage, parce qu'elle a entendu toutes les paroles que Pieu vous n dites, de peur que plus lard vous ne vouliez nier et mentir au Seigneur votre Dieu. > (Jos., c. i't.) Le système de ces constructions n'el.iil pas toujours le moule. Au lieu (l'être m< hin>l i I h i i [ n i s. elles se composaient 1 1 uc 1 1] m'fui s (l'on amas île pierres. On en voil aussi un exemple dans l'histoire de Josné; e'est l'autel que les tribus placées a la (.'miche du Jourdain avaient élevé sur les bords de celte rivière. < Quand ils lurent arrivés aux tiiiuulus du Jourdain, dans la terre de Cbanaati, ils construisirent près du Jourdain un autel d'une hauteur immense . . i'Jus.. c, iï.) Puisque ces trihus étaient placées sons Josné et suivaient les rites île Moïse, il va sans dire que leur autel était de pierres brutes. Or, voici ce qu'elles répondent aux tribus de la rive droite, effrayées de ce monument qu'elles prennent pour un autel rival : « Nous u'uvons pas construit ect autel dans une autre pensée et dessein que pour dire : Demain vos fils diront à nos fila : Qu'y a-t-il entre vous et le SeigneurDieu d'Israël? Le Seigneur a posé pour limite entre nous et vous, n fils de lluliei) et lils île Cad, le fleuve du Jourdain ; par ronséq nenl. vous n'avez point de part dons le Seigneur. — Mais nous avons mieux pensé et nous avons dit : Elevons- nous un autel, non pour les holocaustes, non pour offrir des victimes, mais pour servir de leinoi-iiajie enlre nous et vous, entre noire descendance et la votre, que nous serions le Seigneur et qu'il est de notre droit de lui offrir ries holocaustes. îles victimes et îles hosties rie paix : et itemniti vos fils ne diront pus à nos fils : Vous n'avez point de part dans le Seigneur. Cor, s'ils veulent le dire, nos fils leur répondront : Voici l'autel du Seigneurque nos pères ont élevé, non pour les holocaustes et le sacrifice, mais pour notre témoignage et le votre. > (Jos., ii.) Legrand-prètre et les délègues des dix tribus acceptent cette déclaration, et, d'un commun accord, le monument se perpétue comme une reconnaissance du droit religieux de la rive gauche. Enfin, je citerai encore un dernier exemple pris de l'histoire de Jaeoh, el d'autant plus important qu'il nous montre que ce même système de construction était en usage chez les pasteurs du cours supérieur

do l'Euphrate, dans la ligne enllnteiiile a Israël, d'où l'on peut sans doute conclue ;i la rouelle priinilive. Lorsque Laban, ayant allcint Jacob dans sa fuite, cousent à faire alliance avec lui. .c'est avec dos pierres que le truite se signe. Jacob érige un menhir, tandis que Labau el ses lits construisit! un dolmen eu un lumulus. < Jacob prit donc une pierre et il l'éleva en monument, et il dit à ses frères : Apporte/, des pierres; et ils pi irait il>'s pierres, et ils lire.ul un tumulus, et ils in lui errent dessus, Latjan l'appela Jegar-chai/o»(An(leSlonccou du téniain), et Jaeob l'appela (in/ -«tu/ (le Monceau du témoignage), chacun selon sa langue. • (C.en., ch. 31.)

Boeharl dit sur oc passage : « il n'y a point de mol plus usité c.lie/. les Hébreux ipie le mot gnt pour indiquer un ainasde pierres : de là le nom de Galaad donne à une montagne célèbre de la terre de Chanaan. » |L. IV. e. 8.) C'est de là aussi une venait le nom de ijttl-attt, monceau-monceau, donne a l'emplacement sur lequel se voyaient les douze pierres attribuées à Josué; et celui même de la Cralilée, de ynt-il, monceau-limite. Toutefois on ne saurait toujours ilelenniiii'r avec, précision ee quêtai! le gai. Celui de Josuë peut

avoir 'Hé ou un cromlech ou un aligne ni; les pierres y étaient

posées de manière a rappeler l'union au née des douze lévites qui tenaient l'atvlie au milieu du fleuve. ■ Commande-leur d'emporter, du milieu du lit du Jourdain, à l'emlruM ou 1rs pieds des prelres se son! arrêtes, donne pierres tres-dures que vous poserez, sur l'emplacement du eainp nii vous iiure/ lise vos lentes celle nuit. > (Jos., e. 1.) Mais le gai de Jaeob était tout autre, puisqu'il formait une seule masse sur laquelle on mangeait. Celle circonstance porterait ù penser que ee devait élre ce que nous nommons dans l'arclieologie celtique un dolmen, e'est-à-dire une table de pierre. Le dolmen proprement dit était en effet très-hien connu chez les Juifs. Rnbbi- Natliau dit : i Les autels à Mereure étaient disposés de manière qu'une pierre en couvrait deux; une d'un cote, une do l'autre, enfoncées en terre, et une troisième par-dessus; anus hinc, aller Mine, tertio si'^er. » Un autre rabbin cité par Drusius, dans le frl>lin'tir!ii>taiia, dit de même : • Le Merkoles était compose de deux pierres surmontées par une troisième qui les réunissait. ■ 11 est peut-être permis de snitpennurr ees rabbins de s ï'Iro trompés sur les noms, eu prenant ees tables, ou, comme ils les nomment, ees Hitrkotn, pour les monuments de Mereure; mais leur lenioiiîuuge est parfaitement suNisanl pour prouver l'existence chez, les Hébreux de ce genre particulier de construction.

CELTES F,T CHALDÉENS

Si ces gais n'étaient pas des monceaux, les Hébreux en possédaient d'autres ijiii étaient hien ces mnas île pierre si connus aussi dans les antiquités celtiques sous le iinin de coïni, et que les Latins, outre le nom général de iiiwiu/mj(, ont parliciilièrement désignes sous In nom de monceaux de Mercure : c'est ce que les Hiibreux appelaient niiirtictntih. Les l'mveiïies 'le SaloniNti offrent à leur égard un document précieu'c : ■ I jimuic celui <|i:i ajoute une pierre an mnrgeinah, ainsi i'st celui qui rend honneur à l'insensé. ■ (Prov., elwp. 20.) Il evisiail doue, pour les uiargcmah le même usage, que. dans la Gaule, pour les tuuuiliis consacres a Mercure; et aussi la Vulgate traduit-elle ce mot pur oceininMi-fi-uni. Chacun, en passant, par dévotion, ajoutait une pierre au murgemah, comme on le faisait aussi pour les monceaux de Mercure; et, de là, les dimensions èmirmes qu'atteignaient parfois ces monuments soumis à une loi de croissance perpétuelle.

11 y a des exemples que ces diverses espèces de mouuineuls aient servi à indiquer des sépultures. Ainsi, pour les tumulus, un trouve mention dans l'histoire de Josué de deuK monuments de ce genre, l'un dans la vallée d'Achor, l'autre dans les environs d'Hébnl, dont la tradition attribuait l'origine à des lapidations ordonnées par ee. conquérant; ee qui marque hien qu'ils se enmpnsaieut, comme lescainis celtiques, d'un rimas de petites pierres. Après l'aualliemo porté contre Jéricho, un homme qui avait gardé quelque chose du butin est mis à mort avec toute sa famille et tout sou bétail. • Josué dit : Parce que tu nous as truublés, le Seigneur te troublera en ee jour. Et tout Israël le lapida, et tout ce qui était à lui fut livré au feu; el l'on réunit sur lui un grand monceau de pierres qui subsiste eni'ure aujourd'hui. ■ (Jos . ch. 7.) A la prise de

Haï, on enterre le roi, après l'avpir crucifié, sous un monceau semblable. > Josué ordonna, et l'on ota son cadavre de la croix, el on le jeta à l'entrée de la ville, après avoir rassemblé sur lui un grand monceau de pierres qui subsiste encore aujourd'hui. 1 {lb., ch. 8.) N'oublions pas en passant la belle expression de l'écrivain sur cette même ville de Haï : • Et il ruina la ville, et il en fil un tumulus éternel. > Cet usage durait sous la monarchie, car la sépulture d'Absalou etuil signalée par un monument du même genre. ■ Ils prirent Absalon, et ils l'enterrèrent dans le bois dans une grande fesse, el ils apportèrent sur lui un très-grand monceau . fie pierres. • (Il Unis, c. 18.) On doit remarquer que, dans les exemples que nous venons de citer, les tumulus, au licude former

des monuments d'honneur cunoie chez IfinL d'autres poupins, en forment, tout nu contraire, d'infamie. Faut-il en conclure qu'il on élu il toujours ainsi, snil que eos constructions eussent eu olîeclivement pour origine h t. s hpiilalimis. l'i'iih- de supplice si ordinaire elle/ li'S Hébreux: soit qui. 1 lil provnlonce d'une antre espèce de monuments funéraires eût fini pnr fnire tomber ceux-ci dans, le dècri? Ce qui s'est passé lians le christianisme à l'égard des tumiilus celtiques pourrait peut-cire servir de justification A ta seconde hypothèse. ■ Les cairns, dit Strutt, élaieul nnciennement les tombeaux des hommes les plus illustres; mais, depuis L'introduction du christianisme, ils sont devenus des monuments de honte. • Quoi qu'il en soil, il est certain que les sépultures sacrées, au moins dans certains cas, se caractérisaient autrement. Telle était celle do ltachel, faite d'une pierre verticale. • Rachcl mourut dune et fut ensevelie sur le chemin qui conduit à fiplirota. c'est-à-dire Bethléem ; et Jacob éleva une pierre sur sa sépui-

'"f. ■ L ■ ■ ;l I.J | |. ff- I ■ I Il'p I | m .il i l 1i. f.

aujourd'hui t (Heu., cli. Ile.) D'après ce leniN^'iiage parfaitement digne de foi. puisque le narrateur parle d'un fa il public et contemporain, le moiiumcnl considère tomme la sepuhiire de ltachel était donc, de son temps, nue simple aiguille de pierre, un menhir. Le nom qu'il emploie est. en effet, le même dont il se sert pour In pierre du Témoignage de Bcthel, ce qui achève de préciser le fait. Mais, dans les temps postérieurs, soit que la pieté des Israélites se fût complue à augmenter le monument primitif, soit plutôt que, la mémoire s'en élnat perdue, on l'ont confondu avec un autre, ce fui à une construction analogue au cromlech de Josuc que s'appliqua le nom de Tombeau de ltachel. C'est ce que nous apprend lionja-

clait forme de douze pierres qui désignaient les douze enfants de Jacob. > Brocard, dans sa description de la Terre-Sainte, en donne une définition un peu différente. • Un avait, dit-il, placé sur ce tombeau une pyramide, et, à sa hase, douze grandes pierres selon l'ordre des noms des enfants do Jneob. ■ On retrouve aussi dans notre Occident des monuments de ce genre, soit qu'il faille entendre, par la pyramide dont parle le voyageur, un lerlre ou un monolithe plus élevé que le cercle d'alentour. Quelquefois, les mouelilhes clrtien! employés pour fermer l'orillee d'uni 1 fusse dans laquelle étaient déposes les restes du mort. Tel était le récit nue mil la tradition des cinq monolithes qui se voyaient près de Maceda. Un les

CELTES ET CHALDËENS. i!7 regardait comme la sépulture des cinq mis misa mort par Josué, après la fameuse bataille où il avait arrêté In soleil. An coucher du soleil, il ordonna à ses compagnons de les nier delà potence; et ceux-ci. les ayant Oies, les jetèrent dans la caverne où ils s'étaient cachés, ei ils posèrent sur l'ouverture des rocs énormes qui suhsisleal encore aujourd'hui, i (Jos.. c. Ht."' Rappelons aussi le rôle d'un monolithe du même genre dans l'histuire de la résurrection de Jésus Mais

taines circonstances, servir cher, les Hébreux, comme chez les peuples d'Occident, de monuments pour les frontières. On sait qu'ils limitaient leurs eliamps par des bornes, et, de là, à limiter d'une manière analogue les territoires, il n'y g qu'un pas. On trouve, dans le monolithe dressé par Jacob à l'occasion de son démêlé avec Laban, un indice de cet emploi. ■ Voici, dit Lahan : ce monceau et celte pierre que j'ai élevés entre moi et toi seront témoins. Que

. . il.-..-- ■ .0 -11?-). .1 .■• il (.i, rr.- >. l . ,i i, (...ji^i.ai- » ]■

passe nuire, allant vers toi, ou que loi tu passes ou tri 1 , pensant à mal contre moi. ■ (Gen.. c. 31.) Ces tbien le caractère d'une bornefrontière. Dans le partage du territoire rie Chanaan, on voit aussi qu'une des limites de la tribu de Juda est formée par une pierre dite la pierre de lloen. ills de Kuben. Quand il n'y a pas d'ucctdoni naturel qui puisse servir dedivision, le mieux, en cltêl, est de lever une pierre, d'autant que ce signe posé par l'homme, tout en demeurant en place comme celui de la nature, n sur celui-ci l'avantage de faire foi par lui-même.

Il y a lieu de penser qu'outre une partie de ces monuments il s'en trouve sur la terre antique d'Abraham une multitude d'autres dont il n'est pas fuit îuenlimi dans li s livres. Ils réparai Iront, quand il sera permis aux viy;ii;f'iirs d"e\|iloi'<T île nouveau eu liberté ces

contrées s moins reeoinuiandaldcs ù l'andieiriogio qu'à la religion, et ers piiu-r--s aujourd'hui perdues s'éclaireront l'une l'antre. Cuiriec par 1rs ifxh's sucrés, lu science se créera sur ce terrain de riches études. Ce n'est pus qu'une critique sévère soit obligée d'accepter « In lettre tous les témoignages qui s'offrent à cet égard. Ces témoignages appartiennent à une époque éloignée des événements, et par conséquent rien n'assure qu'ils soient sons faute. Il est, à la rigueur, possible que la enste sacerdotale ail prollié, au retour d'Kgypte. des monuments qu'avait laisses sur le sol la colonie d'Abraham, pour y rattacher par des déterminations arbitraires les faits principaux de l'histoire antérieure, et. par conséquent, il n'y a pas de certitude sur l'explication donnée de chacun de ces monuments en particulier. 11 est bien probable, en elfet, que, durant quatre siècles de séjour eu Crypte, le souvenir des constructions abandonnées derrière eus pur les émisants avait du finir par s'éteindre. Mais il est à considérer que les tribus de la même famille, demeurées pendant ce lumps sur la terre de Channan 1 nu dans le voisinage, n'ayant pas cessé d'avoir sous les yeux ces pierres vénérées, avaient il 11 conserver leurs noms et par conséquent leur histoire. Il n'est donc pas impossible non plus que les informations contenues dans les livres hébreux soient exactes. An surplus, cette difficulté même note pas beaucoup à l'importance des telles. L'usage de l'architecture primitive ayant repris en Judée au retour d'Egypte, et s'y étant soutenu jusqu'il l'époque des rois, la tradition ne pouvait rien inventer a cet égard qui ne Tùt conforme à ce que l'on savait généralement, et c'est là l'essentiel, t.luelle que lut la véritable origine du menhir rie la route d' flpli rnlu. il esl évident qu'on ne se serait jamais avise d'en faire le tombeau de Hac bel. .si. a l'époque le livre qui renferme ee document s'est

de marquer ainsi les tombeaux.

Ce qui dislingue la Coule rie la Judée, ee n'est donc pas d'avoir érigé îles monuments de pierre brute; c'est de n'en avoir jamais eu d'autres. De ce que ce mode, à la fois si simple et si grandiose, d'inscrire des témoignages à In surface de la lerre avait pris naissance

i. 11 s'agit ici des tribus de mec Ihéracliite. pareilles îles Juifs, et non des Cliananéens proprement dits ou aborigènes, que 1 M. I. Iteynaud croit d'une autre rare, comme on l'a vu plus haut.

(A'oH de fédUtar.)

dans le berceau des nations, il rosuliait naturellement qu'il avait dû se propager de là en tous sens, par les migrât ions, et ainsi il n'y

liuuluis connue chez les ijCl-uiLl 1 Israélites : il n'était proprement ni ]n'i)raïi|ue, ni druidique, mais bien plutôt aryen, en donnant a ce tenue tnuto son ampleur, mais, que oelto uivlntecture [irimitivr si.' suit conservée i lUhtcrableoient dans la branelic ceilique. maigre

In i-'ji.-*- I- inpl- 'i l'ni-luï tr ■ -lli* m.-, t. .,. r, . .Un

mi trait vérilubleuieul singulier, et qui ne peut s'expliquer que par une disposition spéciale de caractère. Sans doute, eette archileelure ne put manquer de se^développer dans ses proportions, et les monuments en font Toi ; mais le Style, malgré les siècles, ne change pns. Jacob dresse une pierre, y verse des libations et lu consacre : voilà un e.i-voto ; en priiu'i|n', les nli^iieiiii'iils de menhirs les plus considérables ne sont pout-olre pas autre chose. Les [i]ihiii)!ilhrs sont plus grands; il l'aut, pour les transporter et les mettre delioiil, plus de main-d'œuvre ; au total, cependant, le dessein est le mémo et lu forme aussi. Si lu devotion des ootanls di: Jacob, aa lieu de se tourner, comme elle le lit sous les mis, vers l'art des peuples étrangers, s'était contentée ri'ajoulei' iiraïklcllemeul. de solennité en solennité, de nouvelles pierres lovées à la suite rie colle qu'avait consacrée lear père en ce lieu aagasie qu'il avait nommé Jfaison de Dieu, il n'aurait fallu qu'une dizaine de siècles pour que l'on vit à Betliel des constructions aussi imposantes que les colonnades de Carnac. ici, comme dans la plupart des phénomènes de la géologie, le gigantesque ne doit pas étonner, car c'est au lemp3 seul qu'il appartient ; c'est le principe même, dans sa simplicité, qu'il faut cinsidrivr, cl, dans l'areliifocture dont il s'agit, c'est la vie des pasteurs qui nous le livre.

Page 1