‹ L'ésprit de la GauleChapitre 32 sur 58 · SAR · texte numérisé non relu

SAR

Auni. 9csl *™ T u ppr,™y. (Hesycli.)

Suétone nous apprend que, la foudre étant tombée sur In slalne d'Auguste et ayant enlevé du piédestal la première lettre du nom de César, les augures consultés déclarèrent que cet événement présageait que l'empereur serait élevé au rang des dieux après sa mort, attendu que Dieu, en langue et ru si] ne, se disait

■ Kuturumi|ue ni inler ilesis ret'erretur, qmirl .fear, iil est reliqun

■ pars è Ciosaris iiumiiie, elrnsi à lin^ua deus voenrelur. ■ (Suet. Vit. Ang.l .Usai; avec l'orthographe grecque, donne niaar : par la llnole, il diffère i'aisos; mais on sait assez que les finales sont variables et comptent peu. et il n'est pas impossible qu'iurar, en étrusque, ait Tait au pluriel aixoi.

■ habent druides (ità silos nppcllanl magos) visco et arbore in quA • gignltur, si modo sit rebur, saeralius... Enimverù quidquid

ESPRIT DU LA (iAULE.

• ndnnscatur illis. i: cw\o missum piilanl, signuinqiic esse elechc

j ab ipso deo nrboris. Est HUlem iil rnrui Iinoitiiiii invculu, et

j rcpcrlum magnu reliniune petitur; cl unie oiiiuiu. sr\la linui.

> quie principiu mi'ii-iinii i'l annotum dis fni:it. ci siviuili post L ri-

> cesimum annum. quia juin viriuin aliundé. lialicnl . ncc sil sui

■ dimidio. Ilniiiiii sanaiileifi !i[))ii-lhtii(i-s sim viH'.abulo. sarnficiis

> epulisque rite suli artiure pneparal is, duos ndmuveiit eaiulidi

• coloriB taures quorum cornua lime prtmiuu vinciaiitur; sacerdns

> eandiihï veste cultes arborent si'riinlil: In lue aureà demelit : enni dido id excipilur sago. Tdm dciiidi' virliiuns immolant precantes i ut su uni dniuiui iléus pror.peruiu liicîal liis quilius dederit. l'r-

> euiidilutem co polo ilm'i i-iiH'uimiiie uninialium sterili arbilran-

> lur; contra vencnn mania cs.-r rcmedio. Tanta genlium in rehw

■ rrivolis plerumque i\digio est. ■ ilM.. 1. XVI.)

y uvjiit. au dire île l'Inir. tant de ra|i|«u iS .'iillv a s ilnl\ lilui'CIrs. i|ii'(in les pouvnil croire issues l'une de l'aulre, il (luit être permis d'employer les monuments de l'une pour si' luire siuuil Une idée, nu moins un aperçu lointain île celle dont presque Unîtes les traditions sont perdues.

■ Lt'S druides, dit Niislorien lalin. n'ont rien de plus sacre que le gui et l'arbre sur lequel il naît, pourvu que ce soil un ehèlie. . On doil dire exactement In même cl i use de l'omé-me elle/, les mages, puisque ce sont les propriétés uiyslii|ues, dont i-e végétal est cens.; revêtu siiussim nom sacré de llaoma, qui tonnent la buse de leurs offices quotidiens,

i Ils pensent qu'il esl envoyé ilu i:iel et que n'est le signe d'un

ei|>iil de Ma/da ri l'usent e:-aeiilir] de Unir, 1rs liii iis qu il aerorde.

• Moi, qui suis .Ma/du . ilil Ir viii^l-di'iixietne fargard, j'avais fait

eroilre îles h l'hri'r. I s 1 1< ni r la saule; j'en avais produit un grand

nombre, cent; uu plus grand nombre, mille; un plus grand nombre, dix mille : et un seul huomn blanc. >

< Lorsqu'on l'a trouve, on le recueille avec de grandes coreniunies ■ Nous ne possédons pas la partie des Naçkaa où devait se trouver la description des cérémonies relalives il la recoite de l oinoiiie; niais son rôle loiulanienUd dans lu lilurgie, joint au goût des mages pour les pompes de la prière, permet de penser que

LE GUI ET LE HAOMA

celle piaule sacrée no devait pas être cueillie avec un moindre appareil que lu gui <-lioz les Gaulois. La principale différence vient de ee que le gui de chêne était furt rare, mais pouvait se reneon- Ircr partout, tandis que l'omûmc était assez commun, mais nu se trouvait que. dans des localités particulières.

On regardait comme une condition essentielle que lu gui l'ùl cueilli à une certaine époque de la lune, amè omnia, dit Pline. Le dogme enseignait donc un certain rapport entre la lune et la plunle sacrée; et il ne pouvait manquer d'en être ainsi, puisque, d'un cote, !a lune jouait dans la religion druidique un rôle si cnpitrd que les druides on! rie quelquefois représentes p:ir les anciens avec un croissant ù la main, et que le gui, d'un autre eôlé, occupait dans In liturgie la première place. Il fallait bien que deux symboles si essentiels fussent enchaînes l'un à l'autre par quelque ruyllir. Uansln liturgie ma*deenne, il y a une connexion si intime entre l'astre de la nuit et la plante sacrée, que les deux objets llgurent en mythologie sous le même nom et semblant se confondre dans une indéfinissable relation. On sait d'ailleurs que la période nocturne, durant laquelle la souveraineté du ciel est à la lune comme au soleil durant le jour, n'avait pas moins d'importance chez les druides que chez les mages. Les înobeds, aujourd'hui encore, se lèvent a minuit pour commencer 1 elliee de nuit , et les druides, comme on le voit par un passage de Lucain, célébraient aussi chaque jour deux olîiees, l'un rie nnil, l'autre de jour.

Cùm média Pkatna in aie tit Aat arlim tua «lin lenei.

Le nom sacre du gui Signifiai! GuériSBfint-loUt, Omnia sanans : c'est, un un seul mol, tout l'omùme. La puissance de rendre la saute est un des attributs sur lesquels les Xaekas reviennent le plus souvent. ■ Adoration à Hauma ! Hnoma a ete bien créé : il a ele crée juste, créé bon. Il donne lu sauté, il a un beau corps, il fuit le bien. > (ïaçu. lia IX.) Et plus loin : ■ 0 toi qui es de couleur d'or, je le deuuinde la prudence, l'ciKTgie, la victoire . lu beauté, la santé, le bieu-etre, la croissance, etc. ■ ■ Si l'homme juste est malade, dit l'iescht île Ma /.du, je lui donnerai mon intelligence pleine et entière : je lui donnerai rie lu pluie en abondance ; je lui donnerai des biens rie loule espèce : je lui donnerai le llaoma, source de vie. ■ Le dixième lui du Yûcnu est plus précis encore : ■ Partout «3

oit l'on récitera les paroles, partout uiil o» adorera llaoma, qui donne lu santé pour cette action, il fera briller la santé, la beaulé dans la maison. Hunuin vi: il II- sur l'imiiuiii- eommesu r sou lils encore enfant; celui liiiil li' rurps est grand, Ilaonia lui donne lu saule selon son désir, lUiuiiiii, donnez-moi la saule, vous qui eu «les le principe. • Il serait aise de nuilliplicr les passages du même genre. La plante sacrée des druiJes et telle îles nuises, eu passant dans la langue latine, se revêtiraient doue toutes lieux du même surnom, anima ivruupu. (le qu'ajoute Pline, que le gui elail regarde par les llnulois eoiuuie llll antidote eonlre tous les puisons, ruulrii ouinia Veitcna remédia e.:ae, n'est évidemment i|U un détail de la vertu générale de guérir; mais il était naturel qu'un Humain eu lui parliculiéreinent frappé.

L'historien nous rapporte aussi qui; le gui elail considère roiiimu donnant la feeonditc à tous les animant, autrement dit : qu'il était le principe do lu prospérité des troupeaux. Celle proprii'li.' si importante chez des peuples aérien Heurs est également mules privilèges

qui appartiennent ïi l'omOmo. Ainsi, dans l'olllce du Vispercd: ■ Avec ce Haonin prépare, qui es! pur, grand, eleve. que Mn/.da pur a donne il Zoroaslro comme lo principe des troupeau;; nombreux et de la vie, avec lequel, pur et saint Seroseb, vous êtes dans un lieu d'or, etc. ■ Le Bouii-Ueheseh répète la même chose : « Prés de ces ai lu es est leliaoma blanc qui donne la santé, qui fait eoncevoir : il croit dans la source de l'eau Ardouisour. » Si le gui corrigeait la stérilité die/. Ions les animaux, il est évident que l'homme ne pouvait être excepte, et que pur conséquent les epoilt sans enliiiils devaient invoquer sa puiss;i rn-e. ti"e>t aussi ee'|in.'e faisait chez les mages ù l'égard do l'omûme. « llaoKKi rend les l'etnmes stériles mères de beaux enfants et d'une postefile pure. » Ht plus genernleinen! eiii'oro : t Huoina donne à celles qui Sont restées Imi^tem [!s lillcs sans cire mariées un homme sincère et actif. > (Yavu., hàlX.)

Les druides, au iinnneiil de cueillir la plante sucrée, sai-riliatent deux taureaux blancs et célébraient un banquet sacré. Les l'arscs ue font plus aujourd'hui de snerilir.es sanglants, mais le texte de leur liturgie prouve qu'il ulrefois ils étaient dans l'usage d'en offrir de ee genre a leur Haoïna. Dans l'olllce, au moment même de la

(--ll:4iMII>-ll di I llihise'U <*■■ fine ni. M" . I ' |p- Ir. |-r.. ' H

l;i mali'dieliou eonlre ceux i|ui ne rendent pas à llaouia l'oH'i-ande qui lui csl due. • llaoma. que l'on maille, les maudit : soyez des à présent sLins enfants, vous dont la parole et les pensées sont tour-

LE QUI ET LE HAOUA

nées vers Icsdévas, et ijui lu on [^vez. eoinine dos voleurs, les bonnes chosrs. la fèto des animaux, en ne me l'offranl pas. a moi Haoma pur el ([ui éloigne lu mort. Il Tant m'olTrir le daroun, ù moi Haoma. selon l'ordre ilu pur Mazda. I olre suprême, avec la langue on avec l'œil gauolie des animaux ; qu'on me fasse dune daroun avec la graisse ou avec l'eau, elc. ■ Yoilà bien le sacrifice anlif[uc.

L'nlïïecmnzdéen présente encore une outre trace non moins sensible de celte partie du culte primitif. On y fait usage do viandes bénites, et il es! manifeste que de toiles offrandes ne. peuvent être qu'une dérivation de l'usa h'e d«'s vielimes. tirs viandes sont ce que I'od nomme le mi«i/, ■ On entend parmlezd, dit Anquelil-Du perron, les offrandes rie pain, de viande, de nuits, ion sucrées on non consacrées, que le mulied ollh iant et les simples l'arscs mangent pendu iiii.'/ii qui va être niante, île Kli inhnl. d Al i Li I J i. J . de la viande pure de Haoma, du suc de llnomn, etc. ■ La dégénérescence de la pompe des anciens sacrifices eonlinue i]uant au Mieid lui-mémo, en réduisant de pins en plus sn valeur. < On a déjn vu, dit Anquelil, les Parses de l'Inde diminuer la dépense ù l'égard du bnrsom : un faisceau de branches de laiton sert de père eu (Ils. Ils usent de la môme économie pour les doronns. Au Kirmnn, on met de la viande sur les damans de rl/.esrliué et sur ceux du Vendidad; dans l'Inde, on se euntenle de les faille r ri'liuilc mi de graisse. ■ (T. H, p. S3S.)

Quant au taureau, ou connaît assez son importance dans la religion rie Zoroastro. F.n même temp' que ce symbole constitue un des trails ri'uiiliquilé les plus eararlérisliques de cette relipion, il est aussi un de ses rapports extérieurs les plus apparents avec In religion druidique. Si riiuVreiils que fussent te taureau milhrinque cl le taureau 'Frignrnnos. leur origine était la même, cl cette lointaine liaison de la l'erse avec la Gaule n'a peut-être pas été sans influence sur le développemenl que prit pendant quelque temps le eulte de Milbra eliez nos pères, parallèlement uu christianisme. Quoi qu'il en soit, si les druides, comme le choix des victimes qu'ils offraient dans cette occasion en fait foi, concevaient une certaine relation entre le taureau mystique et le végétal sacré, il en était de même des mages. Le taureau, et l'on peut s'en tenir à ce seul Irait, était pour eux le principe de la plante de vie. • Le Haoma, dit le

liouu-Debcseb. est le cliof des arbres qui viennent! du taureau. • Les banquets sacrés, fjm/n c/W<mi/iio(fi, ilil l'Iine. duos L i ■>( ni ■ ■ I s h; guiït birii connu des (ïaiilnis pour les festins devait trouver une oouveiionce tonte purlioulirre, ne manquent pas plus a lu Liturgie iIl's Perses (ju'iï la leur. Au lieu se bumer à la simple ■>ITrnn<l^ île uiiiv.d, les jnurs de grande fêle, un e.-li-b re encore, dans les lentilles d'Onnuid el sous ira arbres <|iii les » voisinent, des banquets sacres, luul ii lu il aiiiilii^iiis ù ceiiv qui avaient lien m>ii> les chênes sacrés de la Gaule, i Le Duup-nércug se récite encore aux djuschucs, qui sont des banquets île religion , dit Anqnolil ; lorsque le festin est proparé el que tous les convives sont rassemblés dans le junliu, le mobed, ayant le ponom, s'approche du feu et des mets ; il met plusieurs fois des odeurs dans le feu, en prononçant le Doup-nureng. L'office du Darouu est aussi suivi de ces djaschiies. Le prêtre donne au peuple une partie des pains darouns et du miezd qu'il a bénis. Les Parses montrent leur zèle en mangeant abondamment des mots prépares , et, s'il y a du vin ou île l'arae. il est rare que tous les convives se retirent la téle saine. • (T. II, p. 376.) Il semble facile, en prenant pour liqueurs le vin , l'hydromel et la bière, de Irauspuilcr iv tableau île uneurs à ia Gaule.

liien que l'iitie ail été encore plus laconique en i:c qui regarde le riluel de la plante sacrée qu'en ee qui concerne ses vertus, on peut cependant ili.'iluire de ses paroles un nouveau rapport à cet égard. Gomment e.sl-il possible qu'une piaule aussi rare, aussi petite, qui ne se cueillait que dans une solennité vraisemblablement annuelle, ail pu suffire au service d on peuple aussi considérable? N'eùt-on même vu dans le gui, indépendamment de luut usage liturgique, qu'un remède universel, sa consommation aurait dù égaler celle de toute autre matière première. L'emploi

tiiin que lu dilliculle poisse irreiuir, et elle trouve cniiliriuulion

quai! dons ce cas par l'intermédiaire de l'eau, elle devait naturelun peut dire que l'eau sacrameiilelle de nus pure- ne nous est pas tout à fait iuciiniiue, puisqu'elle est venue presque ;'i notre époque, la superstition populaire l'ayant conservée à travers tout le moyen âge, un moins comme panacée. L'eau de gui de ebéne a (Iguré en effet jusque dans ces derniers temps sur les formulaires de nos

LE GUI ET LE HAOMA

pharmaciens, et il est assez manifeste qu'un médicament, frappé par la présence du chêne d'un trait si particulier, ne pouvait avoir pris naissance que dons la liturgie druidique. Or. cette manière de faire usage du gui de ebéne, qui seule peut convenir ,i sa rareté, est preeisenienl relie des maiies il IVgnrd de l'omé.me.

Ce qu'ils en consomment pour la préparation de leur breuvage

place ave,! diverse? cérémonies duiis un calice de métal, <ui on la broie légèrement dans un peu d'eau , en prononçant les formules llxécs par le rituel : t L'aboadance et le paradis sont pour le juste qui est pur: celui-là est pur et saint, qui fait des n; livres célestes et pures, . La eonsecrnlion est achevée, et il ne reste qu'à séparer le liquide d'avec, les restes du végétal. C'est donc une opération toute mystique, comme la consécration de l'Eucharistie; car pour celte dernière, a la rigueur, ainsi que, le prétendaient certains hérétiques des premiers siècles, une Irnce imperceptible

Jamais entrés pur ce rite dans un surnaturel plus profond que les chrétiens par leur calice.

Apres avoir entrevu, a travers tant de nuages qui nous les cachent, ces ressemblances entre les deux liturgies que Pline jugeait si voisines, il reste encore à cherchersi les Naçkas n'offriraient pas quelque rayon de lumière capable de les CNpliqucr. On pourrait en effet trouver au premier abord quelque embarras il ce que le nom de Zoronstro n'ait pas été gardé par les druides en même temps que les eéreaiouies qui se rattachent à son institution. Mais toute limlcull" disparaît à eel égard, dèsqu'i! est avéré que ces cérémonies, que Xornaslre s'est berne à eoiilii'mcr. remontent à l'ère des patriarches fiés lors, l'absence, elle/, les daulois. du nom du législateur de l'Arye indique tout simplement que la mi^rnlioii qui, eu se pnrtant ;m unrd-niirst. a fini par se concentrer il l'extrémité de la péninsule européenne, était déjà détachée quand s'esl produite la réforme qui se rapporte au nom de

m ESPRIT DE L,\ GAULE.

Zoronslre. Or, rien n'est miens établi dans tes Nnckns nue l'existence de lu coupe sacrée chez lus palriorches. C'est ce que rappelle une des oraisons lus plus importantes de l'office, celle que prononce l'nllickiiil. lnr.si|u';ii-vi s avoir mange les viandes ilu sacrificc , il commence à diriger le mouvement do la liturgie vers la consécration de l'uniéme. .Vlurs Zuruaslre d'il : ■ J'adresse mes prières à llaoma : <|iiel esl, ù llaoma, lu premier mortel qui, dans le inonde existant, vous avant invoqué ut s'étant humilié devant vous, Oit obtenu ce qu'il désirait? Alors llaoma pur et qui éloigne la rnorl mo répondit : Vivengham est le premier mortel qui, m'ayant invoqué dans le monde existant ot s étant humilié devant moi, oit obtenu ee qu'il desirnil, lui qui a engendre un [ils distingué, Djomchid, pure des peuples. • (lui IX.) Alo suite du patriarche Hjeinciiiit . Hiiiona nomme encore, parmi ceux qui oui reconnu son culte, les deux patriarches, postérieurs. Sam et Keridoun. L'ère de Zoroaslrc n'arrive que sur la quatrième ligne. C'est d'ailleurs ce i|ue prouve aussi la concurdancc de la liturgie du Sonia, chez les brahmanes, avec eelle du llaoma eheï les mages, /oruastre n'est pas plus connu dans les hymnes des Vedas qu'il ne l'était dans celles de In Gaule, et ecpendntit le Somn et le llaoma sont visiblement de la même origine. Noue eelle origine appartient aux temps rendes qui ont précédé Zoroaslre, cl qui composent la période pairiorcule proprement dile.

Quant ù la substitution du gui à la plante qui était primitivement en usage, c'est évidemment un fait du même genre que celui qui s'est produit entre la ligne de Mazda et celle de Brahnja. Le Soina et le Haomo, bien que conservant tous deux le nom sucré, sont en effet deux végétaux tout différents, et ce serait un grand point d'hisluire que île déterminer quel est celui dus duux qu'il l'aul euusiilerer ec'iinne primitif. Q'.ii sail même si aucun des Jeux a lu priorité sur le gui? Il est tout simple que. dans leur passage d'une contrée à l'autre, les antiques coluuien, changeant naturellement de venelaiiv. aien' pris le |iarti. d'après îles roiisideralir.ns qui nous échappent, de faire, chacune, élection de quelque végétal nouveau pour remplacer celui dont leur déplacement les sépara il, C'était assez de conserver le nom et les rites. Et aussi ne serait-il pas impossible que. chez les Gaulois, le gui eùl gardé dans la langue sacerdotale, en même temps qu'un rote analogue , un nom peu éloigné de celui des plantes sacrées de l'Inde et de In l'erse. La colonie mazdéeime de Gu/.arale, en supposant qu'elle eùl été

LE GUI ET LE HAOMA

obligée d'aller chercher résidence encore plus loin, aurait sans doute clé obligée de recourir pour ses offices à quelque autre plante que l'iimiime, surloul s'il lui avait convenu de laisser de côté toute relation avec la mére patrie; el c'est en partie ce qu'elle n fnil par la substitution d'un bouquet rie même forme, en fils métalliques, à ce fameux bouquet que les mages, au dire de Slrnhon, n'abandonnaient jamais dans leurs sacrillees, et qui, sous le nunl de barsom , se voit toujours dans le Kirmnn. En supposant que les mobeds, entraines par les emigrauts, n 'eussent en ni assez d'attachement fi cette partie de la liturgie . ni assez d'énergie puer oser prendre un autre végéta! que celui de la tradition, qui pcul dire si

tomber le rite de lu coupe en désuétude? C'est peut-être même ainsi que cet Antique us:igo ;i disparu dans la migration d'Abraham. Quoi qu'il eu soit, il est certain qu'au fond la plante n'était rien, il ne s'agissait que île l'idée , et même, l'idée venanl a varier selon les races, il était tout naturel que le symbole variât aussi. Ce n'était pas le gui qui faisait l'admiration delà Gaule, Gallianim ndmiratio, comme dit Pline; c'était le dogme que l'on apercevait sous la ligure du gui.

Mais ce qui constitue l'excellence de l'omûme, dans la religion ries mages, c'est sa liaison directe avec le priacipe de l'immortalité. Sa vertu de communiquer la fécondité n'est en quelque sorte qu'un appendice de sa vertu fondamentale de soutenir la vie, et, au-dessus de sa faculté de guérir les maladies, se trouve sa propriété mystique de guérir de la mort. Il est possible qu'à l'origine quelque qualité Iberapeulique eût alliré l'attention sur celte plante, mais cette qualité, après avoir formé le point de départ, avait Ont par ne plus être que le suppôt du symbole. Le Boun- Dehesch revient à plusieurs ivprises sur eel article si considérable. « Quiconque boira du suc de et arbre ne mourra pas : on l'appelle l'arbre (îokcren, comme il es! dit : Le ïlnoma, qui éloigne la mort, ù la fin rendra la vie aux morts. • Et ailleurs : o II est dit, dans la loi, au sujet de l'arbre appelé Cokercn, que cet arbre appelé lîokeren et qui, dans les premiers temps, a crû dans le Zaré- Gerakli Kand. dans cette bouche de montagnes, à la fin fera vivre les bienheureux. . Ainsi c'est l'Arbre de vie. Aussi le trouve-t-on dans ce méaie livre expressément désigné sous ce nom. ■ Il est dit qii'Onntml a mis tous les arbres dans le Kounerels. sans parler du Gokereo, Arbre de vie, qui rendra la vie aux morts, • Celte

propriété est si bien le Irait essentiel, que c'est elle qui fait le fond lie la formule que le mobed prononce en approchant ses lèvres de la coupe sacrée : t Donne-moi en haut, ô Haoïna pur qui éloignes la mort, ht demeure ■■■'h'sli- dos saints, séjour de lumière et de bonheur. • Et il ajoute, comme pour réunir dans une même expression la diiuble efficace «lu breuvage sur la terre el dans le- ciel : ■ L'abondance cl le paradis sont pour le juste qui est

n'a pas été étrangère aux druides, puisque, d'une part, le breuvage qu'ils considéraient, au dire de Pline, comme la chose la plus sacrée de la religion, n'a pu être étranger au dogme des rénimpe uses de l'autre vie, qui occupait dans leur religion une si grande place, et que, d'autre part, ils lui attribuaient toutes sortes dïlfeis temporels. Ainsi, l'on peut dire que Pline, s'il a jamais ouleiidu prononcer une formule analogue à celle des mages, n'en a retenu que le premier mot, l'Abondance, qui est assurément celui qui se rencontrait le mieux avee, ses idées et qui avait du lui faire le plus d'impression. Dans 1rs mêmes circonstances, un pur Hébreu aurait vu nvonl tout le nom île Dieu . et laisse de coté, comme le Romain, le trait de l'immortalité.

1 f t litiirgii; île la coupe, qu'un In vnil s'éteindre où celle coupe mystique disparail. Peut-élrc finit-il attribuer ;'i ee que ce rile primitif serait tombe en désuétude <%■/. les tribus lirbraïqurs. dés le temps de leur migration, l'espèce d'cvanouis;ement dans lequel le dogme du paradis et de l'enTer se trouve chez elles, au moins depuis M"ise jusqu'à l'époque de la reprise des cninmuiiicnlions avee les Clialdécns el les Perses. Le mythe célèbre de l'Arbre île vie. piaule au milieu des arbres du paradis, et sur lequel Jebnvah ne veut pas que l'homme parte la uuiiu. de peur que l'inmitne. ne mourant plus, ne devienne semblable à lui, semble bien être In réminiscence lointaine et i'i demi effarée d'une antique protestation contre la religion de l'arbre du liaoma. Ainsi . dans leur opposition même à cette religion , les Hébreux auraient gardé au moins une trace de son existence, comme les Grecs qui, tout en l'oubliant pour les hommes, en avaient cependant conservé le souvenir pour lesdieux. dont ils entretenaient l'immortalité avec la coupe mystique de l'Ami) roi sic.

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