‹ L'ésprit de la GauleChapitre 34 sur 58 · L'ÉCRITURE VÉGÉTALE DBS DRUIDES. Î · texte numérisé non relu

L'ÉCRITURE VÉGÉTALE DBS DRUIDES. Î

comme celui-ci, dans les lunns propres de ses lellres, ses titres d'origine: mois Davics a soutenu que l'alphabet des bordes conservait aussi les mêmes litres, quoique d'une outre manière. Ce savant gallois a reconnu, dans tes diverses ramilleo lions de lignes droites dont les lettres do eet olphnljet se composent, des ligures de branches d'urnres. Ainsi les lettres des Gallois seraient

lieu de se distinguer les unes des mitres par une différence dans

Ira essences vegrlnles, elles se distinguera ionl Nuit simple il par

nue différence île forme dans les rameaux, ee qui est bien aulremeat facile à figurer. On conçoit eu effet que le langage par les Nifi'i;j.l\ i.iies végétaux, en arrivant ;ï s'exprimer non plus seulement par les objets en nature, comme dans les linuquels parlants, mais par des traits arlillciels, ait dîi nécessairement subir cette transformation toute naturelle qui, seule, pouvait rendre usuel l'alphabet écrit. Le Tait est donc non-seulement possible, mais vraisemblable; si les preuves tirées île la configuration ramiliée des lettres ne sont pas su In' anales, on peut du moins ad.nellre que Mlle configuration, loin de contrarier une telle manière de voir, s'y arrunle assez, bien, ri c'est ilr.ja lien unuip. Ile point, tout pelit

qu'il soit, peut jeter sur l'histoire beaucoup de lumière. Il se trouve, en elTet, que l'alphabet des bardes, moins primitif que le hiiil,Uihnii::i ojiluuniipic d'Irlande, comme on vient de le voir,

nn, Nil.l>- • .■ |>oili<-. riiiiis 1-e-» . ■Innl du in- Ko- i.

gètal, à l'alplialn't étrusque, qui se rattache lui-même à l'alphabet ".encrai îles races potassiques. Il s'ensuivrait que ee dernier, que l'on peut regarder comme le principe de toutes les grandes écritures de l'Occident, l'ogham excepté, ne serait lui-même qu'un dérive des symboles vé^unix primitifs; de sorte qu'en définitive, il en aurait été, au fond, de tous les alphabets comme de ceux de la Chine et de l'Égvple, dont l'origine liierii-lyphiiiue est palenti'. Comme ITlgyptc, la tiaulr avtiil donc ses deux systèmes d'ecri-

la jiniiiiiive aiiliquiii:. était réservé pniir les emplois sacres. Si

frappe de celle répulsion de récriture par le corps lellfe. l'expliquoit en la supposant occasioaaée, soit par le désir de fournir un

exercice à 1b mémoire, suit par celui de miniK assurer le mystère; mois c'est à quoi il n'y û guère de vraisemblance, et l'on est d'au- Ibiii plus libre lie chercher une raison plus profonde à une telle coutume, que César dit lui-même i|u'il n'y avait iii qu'une hypothèse de sa par! : Id inihi dunluis dt cansis insiiiuissc videlur.

Le second système, postérieur ou premier, était simplement alphabétique. C elait lui (]iii formait le service courant pour les alfaires privées el aduuuislralives. ri les caractères dont il était njuipiisv ulTraient. cuiiiine le ilil Cesnr, les plus ^rainles analogies avec les caractères grecs, lu rrlir/uis frù reluis, publias prîrvlisipir

Grèce, r.ct usage tic remnnlni! qu'il lludmus; en Gaule, il était immémorial. Les Triades l'attribuent ù Gwyddon, de la même manière ijiie les Cgyptiens l'attribuaient :i Hennés. Loin qu'il se fût introduit en Gaule par les Grecs de Marseille, comme le veulent certains historiens, il serait peut-être permis de penser que la Grèce l'avait au contraire reçu des races gauloises. Xènophon ' avait déjà remarque qu'il y avait peu de vraisemblance à ce Hlic l'origine de l'alphabet apporté parCadmus fut dans la Pbéuicie, attendu que les anciens caractères grecs avaient plus de rapport avec les caractères gaulois qu'avec les phéniciens. C'est ce

que continue l'élude ( qtarec des n: ri turcs hardique cl grecque.

Niiu-sciilriiicnt ou trouve une analogie remarquable dans la confiyuralioil des lettres, mais le gaulois de certaines médailles s'écrit suivant le mode que les Grecs nommaient Huuulrophi-don, et qui avait été usité chez eux dans les temps les plus reculés, bien «vaut la colonie de Phocce.

Il n'est pas nécessaire deconlimier le développement de ce sujet: on voit assez que lu cérémonie du gui ne mène pas moins loin en nrcliri-iogie qu'en religion, ce qui est une preuve de plus du son eminence; nihd tncratius. Je conclurai seulement celte élude en transcrivant les deux alphabets d'Irlande cl de Galles, l'oghamique et le hardique.

t . Est-ce bien le nom de Xènophon qui doit se lire ici ï Nous n'avoua pas le manuscrit original du cet éclaircissement.

[Noie >lr- fÉJittur).

L'ÉCRITURE VÉGÉTALE DES DRUIDES. ail

Voici, à gauche, l'arbre syinliiil iijue l'o^iuim un beithluisnion, avec les iiuuis v-.'(.'lU)ii\ île sus l'iinieléres.Hi (^èlique et un français: à droite, les caractères bardiques gallois qui leur correspoitdenL :

belth,

bouleau,

luis.

sorbier.

aulne,

sait,

duir.

chêne.

linno,

coll.

noise lier,

vigne.

gort,

Ri A,

sapin, genêt,

bruyère,

tremble,

idlio,

if,

Le btittUxtisnion, en sus des 18 caractères ci-dessus, en comlr:ihI encore deux autres, et quatre diphtongues. Le bardique a 1(S caractères primitifs et 8 postérieurs, ce qui fait. 24 d'un «Mè comme de l'autre Comme conilguration, il est évident que les caractères burdiqurs dérivent des ogliamiques. Les barres ou bâtons simples de l'e^lmin s'nssnneiil H se combinent en ligures diverses dans l'alpliahet gallois.

RttB LE CULTE DE L'INVISIBLE

Ce n'est pas seulement par son singulier attachement ù l'autorité des temps aurions que le dniidismc a pu se protéger durant tant (le siècles contre l'anus (1rs images; c'est aussi par In forée singulière Je spiriluulilc rionl il était anime. Il fallu! le conta^'uui apportée pur les Humains, el propagée par la forer, pour triompher

ù peu prés les mêmes dieux que les autres nations, mais il n'aurait pas dit qu'elle en donnait à peu prés les mêmes figures. On volt assez, par Imites les ilesrri plions des anciens, en munie temps eue par le inunque complet de débris, qu'elle n'avait d'images d'aiieune sorte, ni dans ses emvintes. ni dans ses imis sacres, el cYlaieul là ses temples, < Les chênes, dit laconiquement Yalére Maxime, sont pour eux ù l'instar de Uieu. • Oui ne sait d'ailleurs que les Gaulois ont éléuussi célèbres, comme iconoclastes, que les Perses? Ce que dit Tacite du spiritualisme du culte des Germains, s'applique exactement au leur, et rien n'assure, en elfct, que, parmi ces Germains, Tacite n'ait compris beaucoup de peuplades d'origine gauloise établies encore de sue temps au-delà du Rhin. < La grandeur de la nature céleste, dit le eelebre tiistorien . leur inspire, l'idée que les dieux ne doivent point être emprisonnés dans des ninreilles ni représentes par flueune l'urine humaine. Ils eousacreilt ù la divinité des bois et des forêts, el donnent le nom de Dieu à celle chose interne ;ji'ovf««! tllit'i) qu'ils sentent par l'eltel de la pieté, i

Ctcéron.qui accuse les Gaulois de haine à l'égard de tuules les religions de In lerre, aurait donc eu plus rie vérité s'il avait dit toutes les religions à images. Ouand ils envahirent la Grèce, ils n'avaient pas moins de pielc que les Grecs à l'égard du personnage céleste désigne sous le nom (I Apollon parées derniers, et cependant ils brisèrent ses statues; car, s'ils voulaient bien reconnaître le dieu, c'était celui de l'esprit et non celui du marbre el de l'airain.

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