DOCTRINE DES MIGRATIONS
a Sed non anté dalur lelluris operta subïre,
« Auricomoa quam quisdectrpserit arbore fatus. j>
Ce ne serait pas assez d'indiquer < [ ne- le mystérieux rameau élnit semblable au gui; le poêle ajoute qu'il se trouvait sur un cbène, en milieu d'une forêt , et t'est une concordance trop formelle avec le symbole druidique pour qu'il soit possible de la supposer ferluite.
■ ijualr sujet s>1\ih, Itrumali lïin.iir, vi : ;'i:i]i
■ Et croeeo foin terctes eireuindnrc trunens; > Talis erat species ouri frondcnlia opacà
■ Ilice. ■
11 n'y a pas jusqu'à la qualification de rameau d'or donnée: par le pooïe au rameau sybilliti qui ne se puisse rattacher à la même source. On sait que 1rs nuises, pour glnrilier le rameau du haôma, lui décernaient continuellement ce titre, et il est a croire que les druides, qui ue se servaient pour toucher à leur gui '|ue d'un instrument d'or, l'ont célébré dans leurs hymnes par le
Il donne au nui le m. ni .Je ,.,-cw Jmir, rameau d'or pur. Ainsi, dans- le poème intitule Kadair Tulieshu . Le don de Gwydd, le rameau d'or pur, qui prend uni' venu fécondante quand ce bras-
■ ... i.. r i. . | l-Iuu>-' • r» fiiil t> -«■ ■ ■ 1 1 r ■
Il ne serait doue pas impossible que, lorsqu'on attribue le
sixième livre île IT.neide à ritispirnli xHusive île l'vthagore, on
fut nu fond dans une erreur du même genre que lorsqu'un attribue » l'inspiraiiou île ee philosophe les lois de Numa. Le poetc n'aurait pu, sans anachronisme, mettre sous le patronage de la eoiidnelrice d'Éuée des idées qui n'auraient appartenu qu'à l'Uliiiîiiire. Il y a plutôt lieu de penser que Virgile avait réellement l'ail appel à lii Irnihliim des sybilles, ce qui aurait été. â eerlnins cyanls. rentrer précisément dans celle des druides ;
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résidence à sa sybille.
Assurément, ce point de vue n'est juste que si on le prend avec beaucoup de mesure : c'est une glace qui se rompt si l'on y appuie. ■
Ainsi, pour ne Citer fju'im seul point, rien n'est plus manifeste que la dissidence des deux leçons sur la théorie de la préexistence. Virgile n'y esl d'accord avec la pensée druidique; que dans sa tendance la plus générale:
i Lellxeum ad fluviurn deus evocsl agmine msgno, > Scilicel immemores supers ul cou vexa revisant, ■ Rursùset ineipUiiil io c.jrpor^i vellu reverti. .
Les druides , qui ne connaissaient ni les ombres ni leurs
a Vobis nucloribus, umbrie r Son tacites Erebi séries, Dilisquc pmfundi
Mais l'aecord g.' tii'-rsil suflil. Kl aussi csl-il juste de reconnaître que c'eut cle. pour Virgile, nia' udiou trop hardie, que d'user nier dans Home la redite îles enfers. tlViïl ele proclamer, en face de la religion ilu Capitule, eellcde la (iaule. Tout au plus pouvait-il être permis aa poêle de s'en inspirer secrètement. II découvre bien la branche du gui, mais il ne se hasarde- pas a la mettre liam bêmeiit dans la main de lu svbille. La sybille ne lui était pas étrangère . pourtant. Il ne faut pas oublier qu'il était de sang gaulois. Nonseulement il elail de la liaale eisalpine. mais on sail par Slralmii que le Mantouau eluil parlir.iilirreiiieut habite par uni' brimelie de
aiee le cluvlieii. C.v n'est point diez les rhrleiirs et les politiques de Uwne que r.e grand homme s'elait pénètre de la duetr'me de l'avinemeul de l'âge d'or : celai! un des fruits de son pays Celait des traditions de sa race qu'il s'inspirait quand jl s'efforçait de réveiller dans Home, comme un hritit avant-coureur du christianisme, I écho lointain des sy billes. Mais, tandis que le parti gaulois, égaré par une erreur sur les temps, espérait que la révolution prédite depuis tant de siéeles, et par laquelle le gouvernement des choses humaines devait passer uus races de l'Occident, arrivait
la
i fantasdoc.trine
LA DOCTRINE DES MIGRATIONS. 273 enfin, le poule de Manluuu, moins enthousiaste de nationalité, transportait l'antique prophétie à ceux dont la fortune éblouissait alors le mande.
• Tu modo nascenti puera quo fcrroa primiini > Desinct ac loto surget gens aarea muado, ■ Caste fave Luciua. ■
Et ailleurs :
. Hic vir, hic est, lihi qnem promitli sa>piùs nudis , » Augustes Casar, divûm genus : aurea condel . Secule qui rursùs Lalio. ■>
Soitconvieliun, suit liai ti : ci i-, il appliquait à l'héritier dos Césars ce que les prophètes druidiques, dans leurs vogues aspirations vers l'avenir, avaient entendu de leur Messie. LckIukui; eu inirstiuii prend un redoublement d'interci à ne point de vue. Il semble mOniu en résulter une clarté toute nouvelle sur certains traits; et ainsi, peut-être, sur cet Amome (Omome, Haoma), la piaule sacrée des mages, qui doit désormais naître partout.
« Assyrium vulgo nasectur Amomuui. »
Du reste, en invoquant dans ses chants l'autorité de la sybillo, fumai carmin ij- celai, le poêle ne faisait en définitive que s'en référer uux traditions de sa ruée et rappeler le siiiiveuir du règne primitif des siens en Italie.
Il est mûme possible qae, dans son épopée, sous le symbole d'L'uee , consiiliTC comme représentant de celle patrie asialiqui' à laquelle les timdois luisaient également profession île remonter, il
ait eu le dessein de réunir, par la restauration poétique de leur antique pareille, 1rs deux éléments dont allait dés lors se composer l'empire d'Occident. Ce n'était, en définitive, que se conformer à la pensée de son maître, qui, suivant l'exemple de Ceaar. travaillait ù foire de la (iaule, parallèlement à l'Italie, un des fondements essentiels du monde civilise. Si le dessein du poète n'avait été que de glorifier Home, il aurait du chanter [lomulus, et non point la fronde. C'est ce qu'on pourrait dire pour recenser d'avoir abandonné la tradition de son pa;s. .Mais on ne peal doaler que son premier motif pour le faire n'oit été tout simplement son avantage
Diaiiizcd ù/Coogle
personnel. Dans sa première l'^'lugne. il si'inl>li- en faire lui-même l'aveu, sous l'allusion de l'abaiulun de Galulee; car les ain'iens, tomme ou le sail, voyaient sous le type de Galatee, la mère des Gaulois, i Celtas, lllypius et Galas, dil Appien (île Bell. Illyr.), Tuvent les fila de Galaleo cl du eyclope Polyphèrae. •
< El qu»! lanta fuit Romain libi causa vittandi ?
• Liberlas : ([un- sera Uimcri resjievil inertem...
• Namquc, fulehnr iniiiii. diini nu- (ialalua tenebat,
• Nw spes liberlalis erat, ueecura peculi.
• Quid faccrem? iifi|iii: servit io me e.\ire licebat, ■ Kec tain pM'Si.'iai.'S ulitii l'oyinj^eredivos. ■
A quelque soumission que se fui décidé le transfuge du Mantouan à l'égard des princes du Capitule, il n'avait pourtant pus étouffe dans son cœur l'esprit généreux dont s'était nourrie sa jeunesse. .S'il y a une pairie qui ne s'emporte pas à la semelle îles souliers, il y en a une au Ire, d'un ordre plus subtil, que l'un contient en soi-même et que l'on ne dépouille jamais.
Du reste, ce n'elail pas en llulie seule] lieu! que l'on tournait les yeux vers la Gaule, comme vers la source îles mystères de l'aulro vie. Il en était de même chez les Grecs. Si liarliare que fùl la race celtique, en cnmpu raison îles eivilisalions- plus délie, îles des péninsules, c'était elle qui représentait eu Europe la grande théologie, liartieiilii'i'eiiieut celle de la personnalité. I k-tle race avail prisse par le centre du continent eoitime une Iraiiiee île lumière el s'était
des Hypcrboreons, vers les limites de l'Océan occidental, que la myl: ologie avait Uni par placer les régions du Slyx et de Plu [on, ces mystérieux stiuvrraius de l'autre vie. C'est là qu'était StlUCé la porte des enfers, el c'était là qu'on trouvai! cireclivcmeul les meilleures ouvertures de lu pensée sur l'autre vie. Si Virgile, pour livrer àlineceelic enlrec redoutable, lui met eu main le rameau des llypei-ljurceiis, c'est sur leur territoire même qu'Hnmére envoie Ulysse pour la trouver. ■ Mais le navire parvienl aux limites du profond Ueenn : la sont la ville et le peuple des Cimmériens, couverts par la nuit et le brouillard. ■ C elui! la aussi que s'était rendu Orphée pour demander son Eurydice au dieu des morls. Enlin, il
HYPHRBORÉEPJS. K5 régnai! dans tout le paganisme un sentiment parfaitement juste, bien qu'à demi-perdu dans les nuages de la mythologie, du singulier privilège de la race gauloise taueliaiil les clmses de l'autre vie; et ce sentiment, si liien l'onde en raison des motifs oui l'avaient fait naître, n'était peut être pas moins vrai relativement à l'avenir, si c'est, en effet, dans le sein de la race gauloise qu'a été caché par la Providence, pour s'y développer plus laid, le dépôt des mystères de la naissante et de la mort. On peut donc dire que, loin que ce soit une nouveauté de faire d'une telle propriété ie caractère distinct if de notre race, ce n'est, en définitive, que revenir a l'opinion des anciens.
SUH Lk POSITION DES HYPBHBOBÉENS
• Tertius Apollo, love tertio natus et Lalona, quem, ex Hypcr- ■ borcis, Delphos feront advenisse. i (Cic, De ntu. dcor., lib. III).
Eat-il exact d'entendre par llypcrboréens les peuples de race gauloise? Le témoignage de Dindon; et d'Ilccatée ne peut laisser à cet égard aucun doule : l'île dont ils font la résidence des Hyperboréens, adorateurs d'Apollon, est si clairement désignée qu'on ne peut y méconnaître l'Angleterre.
t Entre les historiens des e luises anciennes, Heeatce et quelques autres, écrit DidiIuii*. i-appni'lent qu'en face de la (iaule, au nord, dans i'Uceaii, est Hoc il<: de lu grandeur de la Su'ile. habitée pur les llypia'lioreens, ainsi imuiiurs parée qu'ils sont au-delà du vent du nord. Le sol > est très-bon cl fertile, et soumis à une température favorable, en raison de quoi on y fait dcu\ récoltes par an [sans doute de fourrage). (Jo assure que c'est la que Latone a pris naissance, et que, par ce motif, un y honore Apollon au-dessus de tous les autres dieu*. Et, comme, tous les jours, on célèbre ec dieu par une continuelle récitation de ses louanges et qu'on l'entoure des suprêmes honneurs, ou considère ces hommes comme les prêtres d'Apollon. Le dieu y possède une foict magnifique, un temple
■ «li ESPKIT DE LA GAULE,
remarquable, de forme circulaire i.un cruiulocli ?>. orne d'ollïandcs iicnliL'i ciisi-s. l.n villi' osl consacrée iiiissi 11 ce dieu, et la plupart des habitants sont des musiciens (dos bardes?), qui, jouant île la liarpe dans le lcm|ili'. chantent des hymnes dans lesquelles les actions du dieu sonl dignement ykirifii-t;-. Les llvperhoroens oui une langui: propre, el ils sonl lies avec les Grées par une a initié singulière, continuée depuis les temps les plus anciens, el particulièrement avec les Athéniens el les Déliens. On rapporte même que quelques Grecs sonl ailes jusque chez les Hypcrboreens, el leur oui laissé des présents m Cirques île lettres greeqnes. Kl . dans les temps Anciens.
Abaris, élan! parti de chez, eux pour la Gréée, renouvela avec les Délions les liens de l'ancienne amitié el parente. • (Diou. Sic, lib. II.)
Celle description, si ncltc, ne décide pourtant pas si c'était bien de l'ile en question ou de quelque autre région hvperbnivenue qu'étaient partis suit Aharis. suit les autres députes delà pieuse nation De ee que l'on désignai! parle nom on plutôt par le surnom d'Hypcrborecns le peuplequi liabilnil la Grauiio-lirclujjne, il s'ensuit que ee même surnom devait couvrir les peuples de même origine que l'on sait avoir posse.lo les parités occidentales du continent. L'cljinologie de ce voeahlc, évidemment étranger aux indigènes, se rapportait à une position geo^ripliiquo au-delà des montagnes d'où souillai! sur la Grèce et I Italie le vent du nord , et la preuve qu'il il' - s'a L'i- suit niilleiteoil. il nus lu criO,imee di's Grées, d'une Intilude tout a t'ait septeulriotiale, c'est que la paille de lïomenl jouait selon eux, dans les cérémonies des llyperlioreens, un roli: essentiel. Aussi Slivilimi se Ijuriu'-t-il il les placer duns I; ïùue limitée au sud par la ligne du Danube, a la suite, c'est-à-dire n l'ouest des Sauiomutes el des Arimaspcs. ee qui est conforme aussi à Apollodore, <|iii, dans le voyage il Hercule elle/, les Hypcrboreens, l'ail l'iarcluT le dieu à leur rcsideuco A travers 1 lllvrie c! la vallée du Po. (Lib. IL, cap. i.)
A la vérité, les souvenirs qui se conservaient, dans les annales de D.'los, du Irajel qu'avait suivi pour arriver en Grèce l'ancienne depulalioii des Hypcrboreens, semblent ne pas cadrer avec une telle position, Selon le rapport d'Hérodote, la imputation aurait marche d'abord a l'ouest, puis au midi. Voici le lexle : i Les habitants de Dclus rapportent des Hypcrboreens beaucoup de cltoses : que leurs offrandes liées avec de la paille de froment, arrivèrent d abord clic/, les Sevlltes, passèrent des St-jlhes, successivement, de
de là, dirigée vers le midi, les Dodonéeus furent le premier pcuplu grec qui les reçut; que. do chez eux, elles descendirent au go]f6 Malinqno ; dit In dans lihinéi-, et, de ville ville, jusqu'à Carysie ; puisque, sans loucher à Andros, les Cnrysticns les portèrent a Delos. C'est ainsi que, selon eux, ces offrandes parvinrent à Delos. Ils ajoutent que, plus anciennement encore, les Hypcrhiireens avaient envoyé, pour porter les offrandes, deux vierges que les Di'liens iiomiueni Hjperoehé et I.no.lii'c, ci, avec, elles, pour les protéger, cinq d'entre eus, de ceux que l'un nomme Pcilcres, et auxquels on rend à. Delos de grands honneurs. Kn l'honneur de ces
les jeunes gens et les jeunes [Mit* con|>ent leurs cheveux. Celles-ci, avant leur inarin;.o>. pri'iinent une bnuele de leurs cheveus qu'elles
Ce tombeau est situé dans leucémie de Diane, à gauche en entrant; il y est né un olivier, I, es jeunes gens entourent leurs cheveux avec eertiines plantes, et les déposent de même sur le tombeau. Ce sont là les honneurs que ces vierges reçoivent des Peliens. Les Du liens disent Aussi que deux autres vierges hyperhoreennes. Arge et Opis, ayant fait le même voyage, vinrent à Uetos dans des temps plus anciens q n' lly péniche et Laodice. dans le hul d offrir à ililliye le tribut pour l'heureuse délivrance des femmes. Ils disent qu'Arme el Opis urrivoronleii même temps que les
dieux [Diane cl Apollon), cl ils leur rendent d'autres honneurs. Les femmes qucieul pour elles, eu invoquant leur nom dans un hymne qu'Olcn, de Lycie, a compose pour elles : et les Deliens disent qu'ils eut instruit les insulaires el les [[miens à les eelelircr dnn.s leurs cluinls en invoquant leur nom el n quéler pour i Iles. Toutes les cendres provenant des cuisses des vieliuies brûlées sur 1 autel sont répandu 's sur leur tombeau. Ce tombeau esl situe derrière le temple île Diane, à l'orient, près du cénacle des Ceiens. • (llerod., lib. IV.)
Aussi, déduisant des traditions de Delos la position des Hyperhuréens, c'est à l'est, chez les habitants de la petite Tatarie, qit'Hcrodole va s'informer d'eux. Unis les Scythes ne connaissaient dejn plus ecite nation , et les Esscdons eu avaient à peine une
vague notion. D'où il semble permis île conclure que ces peuples, qui étaient à l'est à l'époque de In dcpuiatioti de Delos. avaient, à l'époque dlleroJole, quille depuis longtemps eel établissement . A
ESrniT DE LA GAULE.
la vérité, l'on pourrait pcul-élre supposer deux peuples diltérenls, l'un oriental, l'autre occidental, confondus sous le même nom. Mais In Miielilé à la religion d "Apollon semble former un trait d'identité sullisnnl; cl d'ailleurs les ira il liions galloises s'accordi'ii! parfaitement à l'idée d'un tel déplacement, puisque les Triades déclarent que la race îles Kymris vient d'uni] région située à l'est, nommée le pays de Hàv, pays qu'une ancienne glose rapporte aux environs du Bosphore : Ira traditions galloises sont confirmées sur iv point par ce qui' nous apprend Slrabnn d'une ancienne migration des r.imiucriciis iKvmris! opérée en commun avec les Hénéles {V. ci-dessus, Celtbs et Chaldéens).
stations de la migration celtique dons les contrées de l'est qu'il faut rapporter les [chenil s de Delphes et de Delos. I,a Hilliynie semble avoir ele une de ces stations cl avoir l'urine la résidence de l'Askheiioz du texte biblique, souche probable de celle racé, et c'est de là que. poussée peu à peu, elle peut Avoir gagné les régions de l'ouest, soit par le nord du Ponl-Euxin. soi! plutôt par ies deux littoraux en même temps. La Bithynie, comme on le voit par le témoignage des Hébreux, demeura longtemps sous le nom d'Asklieiio/., qui. ainsi que le montre d'autre pari le témoignage des Grecs, avait laisse en Asie toutes sortes de traces. Le Ponl-Euxin se nommait la mer Aseanienne, et le promontoire de la Proponlide le promontoire Aseanien. Pline parle des iles Ascanicnnes devant la Trondc, et Etienne de Bysancc. d'une ville Ascnnin en Tronde, Il en existait une autre en Phrygie. Il y avait, selon Arricn, un lac A3eanios entre !o Pbrygie et la Mysie, et le golfe rie Nièce portait le même nom. Enfin, ec qui est en quelque sorte un symbole de lïurikenal de ce nom, c'e^t qu'il est justement celui que lu tradition latine donnait nu fils d'Énée, puer Ascanius. D'un autre coté, on ne peut guère douter que ee ne suit nu lype d'Askbnia/ qu'il faille rapporter les races celtiques. Josèphc déclare i:\pivsseioeul qu'elles dérivaient de Corner; et. en effet, moyennant la variation du K en G, variation si ordinaire en hébreu aussi bien qu'en celtique, le mot biblique revient à À'mr, qui sont les éléments essentiels du Kimmtrii des Grecs et du Kymnj des Gallois. Mais le géographe hébreu fait sortir de Gomcr trois branches diiïerentes qui sont : Askhenai, Hipliatb et Togarmab. Or, Togurinah purait avoir désigné les tribus seylliiqucs qui étaient stationnées enlre t'Euxiu et la Caspienne, et qui. par leur déplacement, sont devenues plus
HYPEBORÉENS.
lard les Scythes européens ou les Germains ; cl peut-être même, comme quelques crudils l'uni propose, en faisant de la première
fairi; de Hiplinlli In souche des peuples slaves, les Germains nrienlaus des Jiiu'iens. el ce m un se trouve cfferliveineiil dons Ips monls
Hipheens du la chaîne centrale. Resterait donc, pour la race de la Goule, l'Askhetiaï de In Hilhynie el de la Trnode. En delinitive, Gomei'. destine des l'on^uie :i l'Liii.ipe, avait fini par la couvrir, el
ses trois (lis seraient le symbole de la trlpartilion fondamentale de ce grand lerriloire.
L'assimilaiioii est d'ailleurs parfaitement confirmée par la tradition nationale des Arvemes. Ce peuple, si essentiellement gaulois.
les orgueilleux vainqueurs se refusaient ù reconnaître une telle parenté.
e-Arvemique ousi Lalio se Utigere fratres, ■ Sanguine ab Iliaco popull. > (Lib, !,)
Nos érudits ont eu tort de faire comme Lucain. La négative n'avait pas ici la même force que l'afiirnintive. Un peuple ne se l'orbe pas des lettres de noblesse. C'était une tradition qui, chez les Arvcrncs, tenait à fond. On voit Sidoine Apollinaire y revenir avec amertume dans rtnimiliHlinn de sou pays. ■ 0 douleur, éeril-il à un do ses amis île Marseille, les Arvernes réduits eu servitude, eux qui, si l'on remonte ans choses «m iennes, esaient se dire autrefois les frères îles Latins et se compter pour issus du sang d'ilion, el qui, si l'on regarde les choses rerenies, ont arrêté par leurs propres forces les ormes des ennemis communs. ■ (Ep. Vil.) Il se consulait en chantant cette noble origine.
Rst mihi ipne Lalio se sanguine lollîl alumnam, Tellus clora viris. (Cnrm. VII.)
On peut d'Ailleurs relever, comme une coïncidence assez remarquable, qu'Olen, le pnéle antique dont les vers célébraient les prétresses hyperboreennes de llelos, ait appartenu à la région dont
In Tronde faisait partir. Il y ;i là 1rs 1 raivs il 'un rapport, sans doule moins formellement défini, mais incontestable, enlre une des croyances qui iTirrii h-i-isnj.'jit la Gaule d lu contrée vers laquelle remontaient les regards des Arvernes.
Le nom biblique Askonai, demeuré si longtemps u\i\ slalions asiatiques. 110 se ivtmiive pas aussi biL'ii dans ocllt-s do l'Occident. On n'en découvrirait une trace qu'à la condition de mettre Askheuai sous la forme Khennz, en faisant de as sait un préfixe, soit une ndjonclion dérivée d'Asia, 1b mère des Titans; et, si l'on oonsenlnit à voir dans In race ries Tilnns celle des Celtes, comme le propuse'lc P. IVzrrai, r.e rii:rioiiblemeiU ne serait peut-être plus trop arbitraire. Dés lors on rencontrerait à la fois, selon le teiimigiiiw des Grecs . des llmtti ou Kheneti dans les environs de l'Euxiii ,
Kunes antérieurs, et dont le pays, au dire des historiens, porta successivement lus noms de Galaica el de Brktntica, si bien empreints du caractère celtique. Mais, lorsqu'un ternie primiti: est aussi détouré que celui-ei, il esl peul-èlro plus sage do le regarder comme toul ;i l'ail elTnec par 1rs érosions du temps. Hollachor pur la ebalne des noms l'Apollon dclphiquc n l'Aakhenai de la Bible esl d'ailleurs plutôt une affaire de curiosité que d'histoire. Ce qui Importe, c'est do voir, en deux mots. In grande divinité hellénique ralliée à la tige celtique, comme celle-ci à la souche asiatique ; el c'est ce qui, dansées tonnes généraux, semble ne souffrir aucun doute.
5UH HU-GADABN
i Les trois piliers de la race de Bretagne.
■ Le premier: Hu-Gadarn, qui amena le premier la race des Kymris dans l'Ile do Bretagne ; et ils vinrent du pays de Hâv« nommé Uefrobani (où est maintenant Constantinople), et ils pas-
HD-GADAHN.
seront par la mor brumeuse {l'océan Germanique) dans l'Ile de Bretagne et dans le p;i ys de l.lydnw ', <ui ils resiérent.
> Le second : Prvdain, 111a d'Acdd-Jlawr, qui établit, le premier, le gouvernement royal dans l'ilo de Bretagne.
> Le troisième : Dvuwal Moelmuil. rj n i régularisa, le premier, les lois et ordonna tu: l 'S. les niiiluuii-s c( privilèges du pays et do la
dans l'Ile de Hrolagne; ear il ne voulut pas avoir le pays par
(ïwyn a , et elle suiïnit li la \'w primilivc îles Kymris.
■ La troisième : les Hretons. qui vinrent du pays de Llydaw, et ils sortaient de la ligne primitive des Kymris.
j (Et elles sont nommées, dit la glose, les Irais tribus pacifiques, parée qu'elles vinrent en paix et en tranquillité, avec consentement mutuel et permission. Les trois tribus descendaient de la race primitive des Kymris, et elles étaient de même langue et de même parole.)
• Les trois grand* iviîiilnleurs rie l'île rie llrelngnc.
■ Hu-Gadaru amenant la race des Kymris du pays de Hnv, qui est numme Defmhnni. dans l'île de Bretagne.
■ Prvdain, lils d'Aedd-Mawr. établissant le gouvernement et les lois dans l'Ile de Bretagne.
■ Khi lia Gawr, qui ae fit une robe avec les barbes îles rois qu'il Ut raser (réduire en esclavage), à cause de leurs oppressions et de leur mépris de la justice.
• Les trois bienfaiteurs rie la rare des Kymris.
• Le premier, Hu-Gadarn, qui le premier enseigna à la raee des Kymris ia méthode de cultiver la terre, pendant qu'ils étaient dans le pays de Ilav (où est aujourd'hui Constantinople), avant qu'ils vinssent dans l'Ile de Bretagne.
i Coll, fils de Coll-Frewi, qui, le premier, apporta le froment et l'orge dans l'Ile de Bretagne, où auparavant il y avait seulement du seigle et de l'avoine.
I. Lctacîa ; 1 Armoriquc; lirelngne fr.mr.iise ei |ieut-étre Normandie, i. ll'iucojiia; Gascogne; pays basque; Aquitaine.
> [Avant I.. Imips il KlMml. hi I.tit rlnil seulement cultivée avec la bêche et le boyau, selon la manière des Gwyddelians
■ Les [rois premiers sayrs de la race des Kymris.
■ Hu riiulnm, ni] ni le premier coordonna la race dus Kymris et la disposa par tribus.
> Dyinval-Moelmud, qui le premier régla Ire lois, les privilèges el 1rs iiistiiiilinns du pays et de la nation.
■ Tydnin. père de l'Avven (de l'inspiration bardique), qui le premier introduisit l'ordre el la méthode dans 1rs nie nui ri aux et assura la conservation de l'art oral cl de ses propriétés.
• (Et, par cet établissement , les privilèges el les institutions régulières des bardes ri du bardisiiie de l'ile de liielagne furent pour la première fois trouvés).
i Les tn si s miiilivs eii'uirnlaii'es île pursie el d'il isl dire de la race îles Kymris.
« Gwvddon-Gonliehois, le premier homme du monde qui ait composé lies poésies.
» Hu Gtldarn. qui le premier appliqua la poésie à la conservation ries .souvenirs et des choses mémorables.
■ Tydain, père de l'Awen, qui lu premier perfecliunna l'art el la structure de la poésie, et l'arrangement des pensées.
» (Kl, des travaux de ces trois boiumes. sont résultés les bardes e! le biinlisnie. v\ la iv^ukirisaiiou île leurs privilèges, et la discipline élablie par les trois premiers bardes, Plennydd, Alawn et Gwrcm.)
> Les trois ouvrages principaux de l'ile de lirelagne.
■ Le vaisseau rie Nevvrid-Nav-NeiYiuii, qui apporta un couple
i L'extraction de \'<na:ik 1 hors du lac sur In terre par les bieufs branelius rie llu-lladarn. de sorle que le lac ne se rompit plus;
• Et les pierres de llwyibliiii-llaiilii'lmii. sur lesquelles étaient écrils les arts et les sciences du monde. >
Telles sont les pièces de l'histoire de Hu-Oadum ; et c'est ici le
I. Des Gacls; des Celtes irlandais et écossais. • i. Monstre malfaisant, cause du déluge.
HU-GADARN.
lieu de dire quelques mots des assimilations qui ont été, faites, n d'autres types, de ee personnage ainsi défini. (.luelques eeltisauls Rai lois ou anglais, notamment Dnvies, si ennnu par ses travaux sur colle matière, ont suppose que Hu-Gadarn était le même que
N'oé. Préoccupes pur leur devolion envers la Bible, ils ont si lis
toutes les antiquités celtiques au point de vue hébraïque, tclle-
ilniiiit'jiii's. destijmiiesè. Xm ; : oullii, r.end\Mii, la mi> sti<|i<<- (Vrvs.
l'arche elle-même. < Il résulte de là, dit Davies, après avoir rom-
"i- « s i nium-.rr l. s .*. i- in-im- . I ni.". •]<■■ M< - -liinj
Tnliesin, que celte déesse, linéique nom qu'un lui donne, peut être regardée comme nue person ni lieu lion de l'arche, ou comme un génie imaginaire que l'on supposait avoir pivs'ule au saere vaisseau, el qui se liait ainsi au dieu arkitc, honorée, comme lui, par un symbole céleste. ■ (Myrlwl. and IlH., p. 17fi.) Le dieu nrkite, c'est le dieu sorti de l'arche, c'est Hu-Gndarn. • Hu-Gadarn ou le Puissant, dit le même auteur (p. 147), le dieu diluvien des Bretons païens, n'était autre que. le patriarche N'oé, deilie par ses descendants apostats, et regarde, par une superstition sauvage, comme lie aussi, à certains égards, avec le soleil ou symbolise par ce grand luminaire. • Il serait inutile d'entrer dans de plus longs développements sur ee système, qui n'a d'autre appui que l'extraction de Yavanl; hors du lac de Llyn-I.lion par les bœufs de Hu-Gadarn. Ce trait, qui se rattache sans ilouh' à îles mUhos perdus, u semblé a ces biblisles une version évidente du fameux pacte d'alliance juré sur l'arc-en ciel. Aprésavoir identifié Hu-Gadarn avec Noë. sur un tel fondement, rien n'était mieux dans la même méthode que de l'identifier avec Hac.clius sur le thème du vin, comme donateur de la liqueur généreuse, et même avec le soleil, à cause des louanges que lui décernent les bardes sur son éclat, et c'est ce qui s'est fait aussi.
On ne peut nier, toutefois, qu'il n'y ait, en effet, entre Hu et Hués, le Hacelinsilcs Grecs, un rapport nominal îles plus frappants. Du premier au second, il n'y a de dilTcrcnee que la linalc, ce qui est peu déduise. Il ne serait doue pas impossible que, dans les hautes antiquités de Hues, il se trouvai quelque chose de Hu, à peu prés comme, dans Aisa, il se gardait quelque chose de Aisoa.
Ici nui millions. s;iti> doule il niiirliuv loi-iiit'l i h ■ l t ■ ■ - L ■ L In liaison, mois du moins les luis de l'etvululogie cl de la vraisemblance Tir s'y < >|>((iish ti l— cl Il-s point .
D'aecord avec quelques attires savanls de la Grunde-Hrcingne. -M, Amcdèe Thierry, dans son Histoire iks liiinlnis. s'est décidé à un auliu puni. Il a Identifié Hu-Gndarn avec Êsus, eu i|ui est il peu près comme si l'on confondait lînechus et le Urslin ; et de lu il s' es! naturellement Iretive conduit ù cuncenlrer dans Hu- Gndurii le principe même du druidisme. IV .-"fie que. iv porsuninige elant le elu'f d'uni.' migration purliculiere. eVsl à relie migralioil qu'a d si se rupportvr l'introduction du druidisme dans lu Gaule. Il y aura il donc ru sur ce territoire deux vrliciniis. li n- ln -s| >■ n ni m n t ii deux populations dilforeulrs, et le d nudisme, au liru de se lier, par
rieure qui régnait uvuiil lui en liretogne et en Gaule. Toutes les religions savantes el mystérieuses tolèrent au-dessous d'elles un felicliisinr grossier, propre ii occuper el nourrir la su [x'i'sl U itm du
In multitude, et qu'elles uni suin de lenir toujours stalionnaire. > (T. Il, p. 75.)
Dana cette hypothèse, la religion de la Gaule n'aurait donc été qu'un syncrétisme, résultant île In combinaison frauduleuse de deux religions: • l'une, laulc sensible, dérivant de l'adulation des pli nomeucs nulurels; l'autre, fondre sur un pnnliieisine matériel, métaphysique, myslericuse, sacerdotale. > (lb., p. 73.) C'est sans doute |iar suite du curai-tore matériel que riiisloririi attribue nu druidisme, tout métaphysique qu'il le fasse, que le mystique donateur du gui, ligure sur le monument de Paris, n'est, à ses yeux, que Hu-Gudaru, donnant à. ses adorateurs une leçOD d'abri oui turc. • A d. mi-nu, une cognée à la main el le genou gauche appuyé sur un arbre qu'il coupe, donnant à ses sujets l'exemple du travail rustique. ' (lb-, P- 78.) C'est, en effet, d'un tour moins spirllua liste.
HeureusemenL que celle assimilation si favorable a des len-
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que la similitude des deux noms, si elle existait. Or, entre llu- Gadarn et Ésus, ou même Hesus, si l'on veut, il n'y a de commun qu'une voyelle, ec qui n'est rien, et tout au plus une aspiration, ce qui ne compte guère davantage. < Le chef de la première inva-