‹ L'ésprit de la GauleChapitre 53 sur 58 · XIV.- Trois phi · texte numérisé non relu

XIV.- Trois phi

■ses nécessaires de taule exiaten

ce par rapport

à la vie ; le commencement dans annmifn, la transmigration dnns abrtd, et la plénitude dans givynfyd ; et. sans ees trois choses, nul ne peut être, excepté Dieu.

Ainsi, en résumé, sur ce point si capital de la théologie chrétienne : que Dieu, par sa puissance créatrice, lire les unies du néant, les triades ne se prononcent point d'une manière précise. Après avoir montre Dieu dnns sn sphère éternelle, et inaccessible, elles moiHreiiL simplement les rimes prenant naissance dans le basfond de l'univers, dans l'abîme (annoufn); de In, ces ornes passent dans le cercle des migrations fabred\ où leur destinée se détermine à travers une série d'existences, conformément à l'usage bon ou mauvais qu'elles font de leur liberté 1 ; enfin elles s'élèvent dans le cercle, suprême (guxjnfyd), oit les migrations cessent, où l'on ne meurt plus, ou la vie s'écoule désormais dans la félicite, tout eu conservant sot) activité perpétuelle et In pleine conscience de son individualité. Il s'en faut, en elïet, que le druidismo tombe dans l'erreur des théologies orientales, qui amènent l'homme a s'absorber finalement dans le sein inimuablcde la Divinité; car il distingue au contraire, un cercle spécial, le cercle du vide et de l'infini (ccnqant), qui forme le privilège incommunicable do l'Etre suprême, et

1. Voir la note de la page 63, sur l'interprétation exacte ù'ahrtd; on passe, dans abred, par les exL-lenues minus rentes et non libres pour arriver à l'existence libre de l'homme.

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jamais admis à pénétrer. C'est le point le plus élevé de la religion, car il marque la limite posée h l'essor des créatures.

Le Irait le plus caractéristique de celle ttieolngie. bien que ce soit un trait purement négatif, consiste dans l'absence d'un cercle liai'lieulior, Ici que le Tartare de l'antiquité païenne, destiné à In punition sans lin des âmes criminelles. Chez les druides, l'enfer proprement dit n'existe pas. La distribution des châtiments s'eileclue. a leurs Jeux, dans le cercle des migrations, par l'engagement des àmes dans des conditions d'existence plus ou moins malheureuse, où. toujours maltresses de leur liberté, elles expient leurs fautes par la souffrance, et se disposent, par la réforme de leurs vices, à ua meilleur ovenjr. Dans certains cas, il peut même arriver que les àmes rétrogradent jusque dans celte région d'amioufn, où elles prennent naissance, et à laquelle il ne semble guère possible de donner une autre signification que celle de l'animalité. Par ce coté dangereux et que rien ne juslille, puisque la diversité des conditions d'existence dans le cercle de l'humanité suftil parfaitement à la pénalité de Ions les degrés, le druidisine serait donc arrivé à glisser jusque dans la métempsycose. Mais cette extrémité radieuse, à laquelle ne conduit aucune nécessité de la doctrine du développement des âmes par voie de migrations, parait, comme on en jugera par In suite des triades relatives nu régime du cercle à'nbred, n'avoir occupé dans le système de la religion qu'une place secondaire.

A part quelques obscurités, qui tiennent peut-être aux difficultés d'une langue dont les profondeurs métaphysiques ne nous sont pas encore bien connues, les déclarations des triades touchant les conditions inhérentes au cercle A'ttArtil répandent les plus vives lumières sur ri'iisrmhli' di» In religion druidique. On y sent respirer le, souille d'une originalité supérieure. Le mystère qu'offre à notre intelligence le spectacle de notre existence présente y prend un tour singulier qui ne se voit nulle part ailleurs, et l'on dirait qu'un grand voile se déchirant en avant et en arrière de la vie, l'âme se sente tout a coup nager, avec une puissance inattendue, a travers une étendue indéfinie que, dans son emprisonnement entre les portes épaisses de lanaissanceetdela mort, elle n'était pas capable de soupçonner d'elle-même. A quelque jugement que l'on s'arrête sur la vérité de celte doctrine, on ne peu! disconvenir que ce ne soit une doctrine puissante, et, en réfléchissant a l'effet que devaient probablement produire, sur des âmes naïves, de telles

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iwvertures sur leur tirlff un? et leur destinée, il est facile de se rendre compte de l'immense influence que les druides avaient naturellement acquise sur l'esprit de nos pères. Au milieu des ténèbres de l'antiquité, ces ministres sacrés ne pouvaient manquer d'apparaître, aux yeux des populations, comme des révélateurs du ciel et de la terre.

Voici le texte remarquable dont i! s'agit.

LK CERCLE n'ABHEO

XV. — Trois choses nécessaires dans le cercle à'abred : le moindre degré possible de toute vie, et de In son commencement; la matière de toutes choses, et de là leur accroissement progressif, lequel ne peut s'opérer que dans l'état de nécessité; et la formation de toutes choses de la mort, et de ia la débilité des existences.

XVI. — Trois choses auxquelles tout être vivant participe nécessairement par la justice de Dieu : le secours de Dieu dans abred, car sans cela nul ne pourrait connaître aucune chose; le privilège d'avoir part ii l'amour de Dieu; et l'accord avec Dieu quant a l'accomplissement par la puissance de Dieu, en lanl.qu'il est juste et miséricordieux.

XVII. — Trais causes de la nécessité du cercle à'abred ■ le développement de la substance de tout être animé; le, développement de la connaissance île Inule chose; et le développement de la force morale pour surmonter tout contraire et Cyihrau! île mauvais esprit) et pour se délivrer de Drotig (lemnl). Et. sans cette transition de choque état de vie, il ne saurait y avoir d'accomplissement pour aucun être.

XVIII. — Trois calamités primitives d'ofirerf .■ la nécessité, l'absence de mémoire, et la mort.

XIX. — Trois conditions nécessaires pour arriver à la plénitude de la science : transmigrer dans nbred, transmigrer dans f;[n/'!,>? , cl se ressriuvciiir île luules choses passées jusque dans annoufb,

XX. — Troischoses inevilablenierit liées à la condition A'abred . la transgression de la loi (ou l'absence de loi : le terme gallois se

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priite à ce double gens), car il n'en peut être autrement ; la délivrance par la mort devant Brouij et Cijihniiil ; l'accroissement île la vie et du bien par l'oloignement de Droug dans la délivrance de la mort; et cela par l'amour de Dieu , qui embrasse toutes choses.

XXI. — Trois moyens efficaces de Dieu dans abred puur dominer Drouy et Cylhraui et surmonter leur opposition par rapport au cercle de ijn-ijiifijil : la necessiLé, la perle de la mémoire, et la mari.

XXII. — Trois choses sont piiiiiUivoment contemporaines : l'homme, la liberté et la lumière.

XXIII. — Trois choses nécessaires pour le triomphe de l'homme (sur le mal) : la souffrance ou la fermeté contre la douleur, le changement; la liberté de choisir ; et, avec le pouvoir i[u'a l'homme du choisir, on ne peut savoir a l'avance avec certitude oii il ira.

XXIV. — Trois ulternalivesolTei'tns :'i I hnmtiu! : niirid et >ji< ijiifyd, iiécessile cl libel le, mal et bien ; le tout eu équilibre, et l'homme peut a volonté s'attacher a l'un ou à l'autre.

XXV. — Par trois choses, l'homme tombe sous la nécessité i'abred; par l'absence d'effort vers la connaissance, par le non allacliuiiienl au bien, par l'attachement au mal. Imi outisi -q i i t-i i l-^ de ces choses, il descend dans itbitd jusqu'à son analogue, et il recommence le cours de sa transmigration.

XXVI. — Par trois choses, l'homme redescend nécessairement dans abred, bien qu'a tout autre égard, il se soit attache ù ce qui est bon : par l'orgueil, il tombe jusque dans aimoufn; par la fausseté, jusqu'au point de démérite équivalent; et par la cruauté, jusqu'au degré correspondant d'animalité. De là, il transmigre de nouveau vers l'humanité, comme auparovant.

XXVII. — Les trois choses principales à obtenir dons l'élat d'humanité: la science, l'amour, la force morale, au plus haut degré possible de développement avant que la mort ne survienne. Cela ne peut être obtenu antérieurement à l'état d'humanité, et ne peut l'être que par le privilège de la liberté et du choix. Ces trois choses sont appelées les trois victoires.

XXVin. — Il y a trois victoires sur Droug tA CylArnui.-lo science, l'amour, et la force moraL-; car le savoir, le vouloir et le pouvoir uccumplisseut quoique ce soit dans leur connexion avec les choses. Ces trois victoires commencent dans la condition d'humanité et su continuent éternellement.

XXIX. — Trois privilèges de la condition de l'homme : l'équilibre du mal et du bien, et de là la faculté de comparer; la liberté

■la us le choix, et, de là, le jugement et lu préférence; et le développement de la force inorale pur suite du jugement et de la préférence. Ces trois choses sont nécessaires pour accomplir quoi que ce soit.

Ainsi, vu résumé, le début des êtres dans le sein de l'univers se fait au point le plus bas de l'échelle de la vie; et, d'après la déclaration contenue dans la vingt -sixième triade, on peut conjeelurer que, dans la doctrine druidique, ce point initiul était censé situé dans l'abîme confus et mystérieux de l'animalité 1 . De là, par conséquent, dés l'origine même de I histoire ili- I Yime, nécessite Ionique du progrès, puisque les êtres ne sont pas destinés par Dieu à demeurer dans une condition si basse et si obscure. Toutefois, dans lès étages inférieurs de l'univers, ee progrès ne se déroule pas suivant um: ligne continue; celte longue vie, née si Las pour s'élever si haut, se brise par fragments, solidaires dans le fond de leur sueeessiou, mais dont, grâce au défaut de mémoire, la mysloricuse solidarité échappe, au moins pour un temps, à la conscience de l'individu. Ce sont ces interruptions périodiques dans le cours séculaire de la vie qui constituent ce que nous nommons la mort; de sorte que la mort et la naissance, qui, pour un regard superficiel, ferment des événements si divers, ne sont en réalite que les deux faces du même phénomène, l'une tournée vers la période qui s'achève, l'autre vers In période qui suit.

Dés lors la mort, considérée eu elle-même, n'est donc pas une calamité véritable, mais un bienfait de Dieu, qui, en rompant les habitudes trop étroites que nous avons contractées avec notre lie présente, nous transporte dans de nouvelles conditions et nous donne lieu par là de nous élever plus librement à de nouveaux progrès.

De même que la mort; la perte de mémoire qui l'accompagne ne doit être prise non plus que pour un bieufuit. C'est une conséquence du premier point; car, si l'âme, dans le cours de celte longue vie, conservait clairement ses souvenirs d'une période à l'autre, l'interruption ne serait plus qu'accidentelle, et il n'y aurait, à proprement dire, ni mort, ni naissance, puisque ces deux événements perdraient des lors le caractère absolu qui les distingue et fait leur force. El mémo, il ne semble pus diffieiled'apercevoir directement, en prenant

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