I.E MYSTÈRE DBS R A RDI! S. JM
logues à telles qui se retrouvent, ehei tous les peuples, dans les conceptions rln séjour île l'immortalité, savoir l'absence du mal, (absence ilu besoin, l'absence delà mort, il se prcscn le donc d'au 1res qualités d'un caractère moins ordinaire, et qui permettent de comprendre comment, dans la pensée druidique, l'existence des immortels pou va ii 6e poursuivre, a travers l'accumulation sans fin des siècles sur lessiécles. sans les inconvénients de l'uniformité. Étrangers nu principe de l'union surnaturelle avec Dieu, par la double action du ravissement île l'aine vers Dieu et du rayonnement réciproque de Dieu vers l'unie, principe que, dans leur amour inextinguible de In personnalité et de In vie, ils auraient sans doute repoussé comme empreint d'un mysticisme dangereux, les druides satisfaisaient à la difficulté de rendre attrayantes les perspectives de In durée infinie qui s'ouvre devant l'immortalité, en appelant les âmes à un progrès illimité, dans le mérite et dans la béatitude. Leur Paradis était i'Éden continué.
Ainsi, selon celte ;t!ili'jiie lln'uitiive. Ions les vivants sont des-
lui tous les principes qui, en se développant, présideront au cours 'Ii 1 s'il) inimortolil '. Les cun liliuris psvHinliKi'pics qui forment le fond de notre unture. et nous distinguent ici-bas les uns des autres, subsistent dans le ciel, pour y distinguer aussi ses immortels habitants: les Triades en consacrent trois capitales, qui sont: l'ûiwii. nom spécial affecte à cette source de vie qui exisie virtuellement en nous, dés noire origine, mais dont le courant se précipite en nous avec- plus nu moins d'iiliuridiiiU'e. suivant le degré de perfection que nous avons acquis; la mémoire, qui, eu B'éten-
niqiie plus ou moins délicate et plus ou moins varice, noua crée des relations rie plus en plus subtiles avec la nature et avec les mitres êtres dans la conversation desquels nous vivons, voilà les conditions gi-ncrales qui. entrai nées, chez bs bienheureux, par un progrès continuel, disposent à la béatitude la souveraine mobilité de leur vie.
Mais le génie, la mémoire, la perception ne sont, par eu%-
mêmes, que des moyens : même tm admellant leur accroissement indéfini, il reste li savoir que! esl le fond de la délectation céleste. T'est la le falle du système, el c'esi un trait qui peut encore servir à faire reconnaître si le monument une nous examinons esl sincèrement antique ou s'il a été construit sous des inspirations ehro:io[mes. Or. il y ;i précisément une triade quMimruil une réponse cnle^onque a relie question : elle déclare que l'instruction. In beauté, la quiétude sont le résultat des progrès accomplis dans : itnjnf:/<t. Le terme décisif, et qui couronnerait si admirublement tuus ceu\-li\. fail rnanilestemenl driaut à cet endroit, et c'est le terme qui ne devait être articule dans l<mte sa srrm leur que par la religion de l'I'Aiingilc : l'amour de Dieu el des créatures, il esl vrai que, vers la Un des Triades, se trouve insérée, comme un antidote destiné à remédier à cette erreur fondamentale, une déclaration d'un caractère parfaitement orthodoxe, d'après laquelle l'amour de tous les êtres avec l'amour de Dieu en première ligne, constitue une des plénitudes ilu honlicur céleste: mais il est évident que, si
seleuce et île la branle, car il y esl ln„']<|' lemeot a[)|>cL'. Au lieu de répondre, eu unie ils l'ont fait, a la ïam-v.is-' question : Pourquoi
naître, Lui el son œuvre, ['[jouir de celle connaissance, ils auraient repondu, en fécondant leur propre théorie de I immortalité par le souffle divin de la eiiarilé chrétienne : « pour le connaître, l'aimer et le servir lui et ses créatures, dans tons les siècles des siècles. > En définitive, dans cette théologie, si louable par la double condamnation qui en résulte contre le panthéisme, comme noyant l'individu en Dieu, et contre le matérialisme, comme noyant l'individu dans la masse de l'univers, c'est doue le principe de la pcrs'irin alite qui triomphe, mais qui irimophc iui parfaitement et à faux, puisqu'un lieu de li'iompher triplement par la liberté, la
La science prend des lors une prépondérance dangereuse, et d'autant plus dangereuse qu'elle peut bien porter l'urne a la quiétude, mais qu'elle ne la détourne en rien de l'i^uïsm^. L'adoraliun du principe intellectuel vu si loin, que c est à lui que l'on Tail profession d'attribuer la délivrance du ma! el la victoire sur la mort. On ne peut nier, sans doute, que l'intelligence, on se développant et en nous amenant à une connaissance plus claire
LE MYSTÈRE DES BARDES
rte l'origine du mol. de sa nature, rte son morte d'action, ne soit capable rte nous aider puissainmenl i\ rosbler auv. lenl.ilions par lesquelles nous nous sentons obsèdes linns celte vie; mois il noua e-t actuellement tïi.'ii évident que la science ne saurait, par so propre vertu, nous inspirer ai la charité ni la piété. C'est eneore là une des leçons familières 'lu christianisme. ler;on peinte au vif dans le mythe rte Satan, et rtonL il est cependant sensible que les Triades ne portent pas l'empreinte.
La croyonec à la multiplicité des existences, jointe à celle de la reprise rte possession d'une mémoire complète, devait donner o l'idée de la science un cachet particulier rt'inlerèl et de grondeur. Ses foalcnvnls m usinaient sin-lmil ilntis l'o\peiïence de la vie telle qu'elle résultait nécessairement de ce long passage par tous les riegrés de l'existence, depuis les z lues inférieures dans niuMiu.fii jus'Hte dnns les /.rmes glorieuses rie 'iininf'/tl. Si le comble de la sagesse, suivant l'aphorisme de la philosophie antique, consi.-le à se coniiallre soi-même. N's àuie-i ne pouvaient manquer
souvenirs, elles trouvaient an développement historique si complet de toutes leurs facultés fondamentales, eu même leinps qu'eue conseil 'ii ce si familière (1rs dispositions naturelles de la vie dans lotîtes les conditions de l'univers
Mais la Iria le cotisa ré • à rémunération des fou hments de la science, ne se liornc pas à la mention ries tresors d'expérience accumulés par la conscience du passe ; elle n'y ajoule qu'an mot, mais un mot puissant et qui ouvre, à lui reul, un immense horizon. Ce n'est pas seulement en spéculant sur ses souvenirs, que l ame pénètre dans la science rte la vie; c'est encore, si elle en éprouve le besoin, en redescendant à son gre dons les étages inférieurs pour y puiser de no ivelles notions. Ainsi, la terre reçoit f|iiel.-pic l'ois ries luïles plus illustres que ceux auxquels les lois rie la destinée n'ont point encore permis de francliir les limiles à'abrtd. Ce sont ries êtres ■ uperieurs. miMneiilaui'inenl descendus de leur empyrée, a lin de percer plus profondément rtnns les mystères de cette vie, et qui, leur élude terminée, remontent magnifiquement vers ks deux. C'est, vraisemblablement, à eux que se rapportait celle croyance gauloise qui nous a été conservée par Plutarque, et suivant laquelle certains hommes, après avoir figuré ici-bas comme des flambeaux de lumière, déterminaient dans l'atmosphère, au moment ou ils se séparaient de la terre,
Celles, au muyeu àjie, avait ci) eiïel franchi ce nus en dépassant le dogme théologiuucdes Triades.
L'a dernier Irait, loat à luit capital, achève de caractériser la théologie druidique : c'est le triomphe final de la vie céleste. Le cercle des épreuves n'est qu'un lien de passade : ce n'est point nu dédale dans lequel aucun elle soit en danger de s'égarer éternelle, ment ; on finit toujours par en sortir, el il en resalle que le nombre de ses habiianis diminue continuellement, taudis que celui des habitants de ipLijnfijil augmente dans la même mesure. Dune, il arrivera nécessairement un temps od le premier cercle, sciant complètement vidé, il n'y mira plus de place pour le mal dans l'univers, de sorte qu'au-dessous du cercle éternel de Dieu, rayonneront alors exclusivement la hcaule, le bonheur et la vertu '.
Celle doclrinc est au fond lu niihne ijlic celle de Zorouslre ; mais elle est d'une forme bien supérieure; tandis nue elle/, les Mages, la destrueliou du mul est supposée devoir s'opérer, a la Un des temps, par une conversion soudaine de tous les méchants cl grâce à l'efficacité d'une soriiî de baptême de ieu. celle destruction, chei les druides, s'opère graduel leuirtit par un developpenieii! de plus en plus
1. Ceci indique que les druides ne croyaient pas le nombre des existences illimité et n'étaient pas arrivés a l'idée de la création con-
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étendu tic lii lumière, du la vérité el de lu vie ; si bien <|i]'nn dug
fie ravéricni 1 !)! lï ci ci L du règne du Uicu si; joint, |);n' une c-itiney ion logique, relui l'un progrès rnulin nrl duiit l'i nHuriiri' hii'ida isanti' se fiiil setilir dans halle la suite a^rs. La supériorité esl manifeste, el, si relie haule position des druide,, dans l'hisliiire générale de la theodicec, est l'en |J[ Ii' quand on la compare aveu les
mages, il esta peine nécessaire de l'aire reinarqucrqiiVIle léserait encore bien davantage, si l'on mettait en regard de leur enseignement les grossières images du Tarlare païen.
En résumé, l'élude des i'a racleras intrinseipius du monument line nous venons d'analyser conduit dune, aussi tiien ijue les eircimslanres extérieures de son histoire, n conclure il son aulhenlicile, et à le considérer par euliseipieill rumine un des legs les plus précieux de la nationalité gauloise. A la vérité, ce lie étude montre aussi, ee que l'eu [«on vnit soupçonner également d'après l'histoire. i|ue !e lexlc nV>t pas eiitii'i'enieiil pur el que les iiileruiediai res, par la bnuche desquels il s'est transmis de gênerai ion en génération durant tant de siéeles, y ont glisse çà el là, suit naïvement, soil de parli pris, diverses marques de leurs propres senliineuls. Mais ces interpolations mêmes, si faciles a reeitnnaitre d'après leur esprit étranger à i'anliuuité, deviennent la preuve de la sincérité du reste; cor, si le surplus des Triades ri'clail pas réellement pri-
I il ■■ 'li' L'- !■ ! Illlffflfls.
lions dcvrail y régner egalemcul. lundis qu'un n'y en découvre pas In moindre trace. Il n'y a donc pas. dans l'ensemble, une fusion de
ainsi parler, une musse lonle dmidiipic duos laquelle sont simplement enchâsses, par des mains compnralivcuicnt modernes, quelques jn\aux tires des Iresors de la théologie chrétienne, el destines à compléter, aux yeux des dépositaires, la correction do l'œuvre. Les explications, aeeollees eu plusieurs endroits aux Iriades qui paraissenl empreintes d'un caractère primilil'. conlinnent encore ue point de vue, uar elles montrent qu'ils s'agit là d'un ronds traditionnel, puisqu'il a été commenté, et non pas d'une composition >|ui aurai! elé créée de toutes pièces par un des bardes modernes.
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