‹ L'ésprit de la GauleChapitre 56 sur 58 · AVIS DE L'ÉDITEUR · texte numérisé non relu

AVIS DE L'ÉDITEUR

Nous ajoutons aux Ëclmhxissksiems de l'Esprit de la Gaule,

1rs Lrnis murera n* suivants : I" Lus Kkks : ~i" Kl u : :t» Mui.ih'li : !>■ premier, l'oinmc appartenant ilirretetiietit à la trnilitinn gauloise; 1rs deus nulivs. ['omnu' préscnlaiil avec er.nr tradition îles points (il/ numpLirriisim importants, se nillai'litnit a In ptvrL'dnili' dndr sur les Chal léens-

LES FÉES

Serail-il permisrie dédaigner les Fées sans ingratitude: 1 non-seu- Icinenl pour nuire enfance, que ces lirilhtir.s t'antèines uut bercée, mais pour nos vieux ancêtres, i|ui ne liennenl plus allons, pour ainsi dire, que par ic AI, déjà prêt a se rompre, de ces fables ! Qu'on ne s'y [rompe pas : pour être aujourd'hui un jeu d'enfants, ces inventions n'en sonl pas moins d'une importance sérieuse. Elles r.irr'rsitiiiiilriil ;i l'un ries besoins essentiels de notre nature: le develuppement de l'imagination et l'agrandissement du monde visible. C'est par ce motif que l'enfance les recherche avec une avidité si instinctive, et nue la campagne, privée presque enliéremenl, par le défaut li'insl i-lh-I Loii. de toute ouverture sur l'hisloire de l'univers, les entrelient avec une persévérance si invincible. Que l'on ne prétende pas que le christianisme du moyen âge, tout en condamnant !a feu rie comme mi rejeton d'ululi'ilric et Je mensonge, l'a rendue inutile en livrant à l'imagination, au-delà des horizons de ce monde, les perspectives sans lin du paradis et de l'enfer : ces deux innmli's sunl pepnres ilu noire par îles portes Irop redoutahles pour que l'esprit se complaise à les franchir ; et, de fait, voit on, par l'excessive rareté des poésies populaires qui les ont pris pour théâtre, iiien que la religion en fasse une exhibition continuelle, que notre imagination, loin de s'y sentir attirée. > éprouve, au contraire, quelque chose qui l'embarrasse et la rebute. A la vérité, sons nous obliger d'entrer dans le aein même de ces

régions, dont le cnrai

LES FÉES rop sévère e

rnp dogmatique ne saui pensée. l'Église n'a pas

demeuraient pas moins trop enveloppés dans le souvenir <lc celui dent ils s..i-liiii-Hl- [mur se trouva ra punies -!.■ non. remplacer loul

diiïeroulcs. vivent invisildcment parmi lions, sons le même l'iel, avec les mêmes passions, les 'mêmes habitudes, 'es mêmes vérins, sans prëoneu potion d'aucun ordre étranger à la terre, doués seulement île puissances plus relevées i|ae les mitres. Ions IVrami's. femmes souveraines el sa^-s. otfrent à In rêverie une source inépuisable île déliées qu'aucune arriére-pensée ne vient trouhler, et qui. loin de lions entraîner i\ perdre de vue le théâtre aelnel de la

la sublimité du munie que les astres' éclairent. Il va, en ciïet, liens li'S pi'iilnii'lenrs de l'univers physique, des ui\sleres avec lesquels le chrisliauismc. trop ewlusivement appliijue à L'univers subjectif, ne compte pas. et que nuire instinct réclame ennfusénient. Cet instinct nous avertit que toul ne se borne point, dans le monde des vivants, n ce qui frappe nos jeux sur celte terre, puisque nous sommes capables d'y pressentir d'autres êtres dans des conditions inconnues; et ces fecs, chez lesquelles nous voyons notre existence même sf répéter, en dehors de l'absolu du paradis ou de l'enfer, sous îles formes plus ou moins diiïéreules de la terre, sont un mylti ' ou. provisoirement, il se satisfait et se repose. A la suite de ces p > 'tiques fanliVncs, la création, trop înulilée si on la réduit a ce pelit quartier dans lequel nous sommes, reprend des proportions plus dignes de la grandeur de nos pensces ; el, si noire idée, avec ces images trop Liicoinplélcs. ne nous élevé pas, de monde en momie, jusque dans l'infini, du moins suflit-elle pour nous amener sur les bonis de quelque etiose de vague et d'animé, dont noua n'apercevons pour ainsi dire qu'une frange brillante, mais qui nous laisse soupçonner un lotal sans fin. On objectera que celte mythologie ne peut produire son effet

LliS PÉEB.

qu'à condition que l'on y croie, c'est-à-dire que l'un se mette dans l'erreur, puisqu'elle est Unisse. t> défaut est en elfel t i-Ui ï île loulcs li s mylliologies; lu vérité ne s'y présente que .sous l'enveloppe ili' In fable, el If sentiment se trouve édifia pur la bonne direction qu'il reçoit, sans qui 1 l'esprit h' suit en inoine temps par une illumination conforme à lu réalité. Mais il no faut pns Irop sf plaindre si, pour assurer If développement UDiiijjlt-l iif toutes nus facultés, il M'y a qu'u fuirf un léger sacrifice sur l'esaclitude lie nos connaissances; fur, d'un côté, il ï a danger pour l'urne, lundis que, de l'auire, il n'y a do plus ou moins trouble que notre vue du système historique de l'univers, toujours nécessairement si imparfaite. Il ailleurs il est manifeste que, tout erronée qu'elle suit, lu mythologie, des fe.es n'enlrniiie au fond dans iiuetine impiété, puisque,

■ii --m ■)•■! ■ f.- iinr.-j . i ï,. ! i. mi. 1,1 j.ni |».r I. ,o i. .. ... n.

hommes : seulement, plus dégagées dans leurs allures, plus riantes, plus libres de loule niideur llu'iilogique. elles se refusenl moins h In familiarité, lout on appelant davantage la fantaisie. Il y a plus de diirjrencc dans le delail que dans le fond; si bien qu'il n'y aurait pas gciU'I chosc a olfacer pour se trouver conduit, a l'aire aux fees remise de l'analbème.

Sans doule. il ne s'agit plus de eroire uns fees. puisque après (nul, malgré ses charmes, celte fiction n'est plus en harmonie avec l'enseinlile de nos idées, Toul eu nous cffun;nul de nifltrf à deeiiuvort les seiTeles raisuns qui l'ont pu soutenir citez nos

vers les mystères de I univers; niais, lors mémo qu'il n'y aura plus foi nulle part dans ees uniques l'a ut ouïes, n'abandonnons pas leur souvenir, qui peut, en recréant i'enfaaee, lui profiler encore, l'e n'est pas seulement ee dont elles entourent If bereeuu des enfuiils qui leur a si longtemps assure, dans la vie des champs, taul de puissance. Il faut voir, a côte des recils fabulent qu'on en faisait elle/, nus pfres, ee qu'elles ont fait véritablement pour nos pères. Ce sont elles qui, par leur présence imaginaire, les oui mis eu etnl de supporter sans ennui le séjour severe des enm ■ pagnes, et de résister à l'oppression de celte nulLlre morle que le

LES FfiES

clM-isiionisnie mettait à la pluee île la nature toute vivante îles anciens. Ces cavernes ou ces fontaines, nu sein desi|iielles on se li^urait tant île iiiii^iiiliti'iiees, loin de s'ijlfrircomme devnini'scavitr's dans le rue. lïappnioul li s yeux i'' aimie ;nil;ml i.l'ouvenures sur III! monde étrange, mouvant, tout f ï ; » ^ ^ i > f [ i 1 1 l' - l'I île toute nuire ligure que In froide et silencieuse bruyère. L'impression si dure que cause le désert si-rail encore celle <j ne nous ferait éprouver in nnlure, surtout la nuit, si, grâce un développe ment des lumières astronomiques, les merveilles iii; vie auxquelles la raison ne nous permet plus dr! donner la terre pour ttcnlre ne pouvaient se Iransporter à l'infini, nu gré de notre rêverie, dans les profondeurs de la voiHc eelesle. Là, eu eiïel, dans la perspective de ces mondes iinumibi'Lililes i[ui remplissent I étendue »ii tant de secrets nous

s'ouvrir toute carrière, et se peindre, au sein même de l'ordre inaliTii'l. tes modes t î " l - v Ls 1 1 ■ i n - ■ ■ les plus vari.:s H les plus extraordinaires quant ;i nuits. C'est ainsi que. grâce au Cio! inconnu jusqu'alors qui. 1 lu sciciu'c moderne n étendu sur nos leles, la nature, un instant dépouillée, se repeuple iL> nouveau universellement, chacune des étoiles qui brillent sur lu cuaipugne devenant un ei'iilre autour duquel se nouent et se dénouent de plus surprenants tissus d'événements que lu féerie lien n jamais supposé dans les mystères des grottes les plu; prutoiides II y a là un principe immense do changement, et, bien qu'il n'arrive à poindre que d'bier, il est aisé do sentir déjà que, tout eu donnant à l'âme pleine satisfaction par i tarife vivilioal ion du moiiile physique, il sollicite l'imagination à s'exercer au deploieuienl de ses ailes puur percer fantastiquement l'inconnu p;ir mille voyages.

On 0 dispute pour savoir à quelles divinités lu t'anl Iléon correspoiiiiaient les fées : il m.' semtile qu'il vaut mieux se contenter rie dire que toute l'antiquité n reçu, sous un nom uu sous un autre, la croyance nu* anse» leminins. et que cette croyance, sans upparteuir en propre à aucun peuple de l'Ile ■idenl. remonte à l'orifsîtio même des relisions. Dés lors, les fées sont tout simplement la farine particulière qu'avait revêtue chez, les Gaulois le type général. Que le nom dont ruais faisons usage anjour.riiui suit plus voisin de celui que perlaient ces ètrrs il na binaires die/, les Latins que de leur nom original, cela s'expliquerait en ce que. depuis la conquête romaine, nous n'avons cesse de nous éloigner du fonds primitif de noire tangue, même pour les eboses qui étaient du fonds primitif de nos

mœurs; mais i! est vraisemblable qui; le nom latin et relui qui avait cours dans les Gaules n'ulaiu ni pas trés-dtiTcrenIs l'un «1«î l'antre. Sans preiiili'i' p mr une descendance ce i[ui n'est vraisemblablement qu'un rappm't, voyous doue nettement dans les tees les nymphes nationales. Si l'on ne considérait que leurs enchantements, il n'y paraîtrait rien que Ion fût en droit de regarder comme spécial a notre race; que l'un prenne les histoires de Medee ou de Cire,;: ee sont de veril.iblcs féeries annuelles, en fait d'euchanU'iU!;iits et île im.'lainorphnses. rien ne manque; mais comment ne pas être frupp.: de ce que chez les Grecs le pouvoir de ces femmes merveilleuses n'aboutit qu'a la me chance le? Il semble, qu'en se rapprochant de la terre, les demi-deesses ue soient plus capables, comme les pures divinités de l'Olympe, de lourncr ou bien le savoir et la puissance dont elles saut douces. Loin de fournir »u\ femmes des mud.dr.s propres :i exiler leur envie, elles paraissent plulùt faites, maigre le prestige de leur domination et de leur beuute, pour les effrayer comme des monstres. Elles ne s'élèvent par les fncullcs de l'esprit au-dessus du niveau commun de la nature humaine, que pour descendre au-dessous par les difformités de leur jiiii, el l'admiration qu'elles inspirent est si gatee, qu'en comparaison, la plus humble vulgarité devient un bien.

Chez nos ancêtres, au contraire, le earaclére gênerai des fées est la bonté. Celles que l'un u nommées les mauvaises, n'étant évidemment que des diables gaulois, on ne voit parmi elles que des puissances bienl'nUantes que l'on ni' peut se dispenser d'aimer. Elles ne finissent, ne punissent que 1rs méchants ; elles se plaisent à réparer l'injustice, à venger le crime, ù consoler le malheur, à récompenser lu vertu. Semblables à des auges gardiens, elles viennent assister l'homme à sa naissance, el, devant son berceau, prendre engagement avec lui pour tout le reste de sa vie. La naïveté populaire, les glissant eu quelque surle dans le christianisme, pour mieux peindre telle b.;iiissulilo tutelle, est allée jusqu'à les revêtir dans les légendes du nom sacre de marraines ; en un mol, enlre h» fees des Grecs et les nôtres le contraste est complet dans le fond cl la similitude n'est qu'extérieure.

élevé, à la verita tout engage dans la vie terrestre, mais d'autant plus précieux ù certains égards, qu'il rehausse les femmes sans les

LES F fi ES.

détacher du mouvement lin monde? Il est clair qui 1 e'esl dnns la

diiïurcnce du sentiment que l'on a eu des Ici es chez les Orit-ii -

taux (il chi!/. les (leeidenlnux. qu'il l'uni iHii?rclii>r le principe de In dilTercnce ili: ces deux eiuici'plnnis : lii superstition nVsl jutuuis qu'un relit 1 ! jeté dans l'imagination par In réalité. Autant nus

naissant ['niilurile de leurs inspirations i;.- vum's, ils l'i'ihiieiil

volontiers il Ir'iir sainte inlluenee. autant ils honoraient en elles le développement héroïque de Inuli's li s qunlilés supérieures de l ame et de l'esprit, aulnnl ils étaient disposes il les regarder comme une classe de génies bienfaisants soutenu par. la faveur du eiel on milieu du tumulte des hommes; autant les Grecs, pour ne pas remonter plus hnut jusque dnns In polygamie îles Orientaux, avaient Uni par ne plus voir eu elles que des corps. Les femmes,

la siii'iel.- courir h la i fusion par I n le^nil issement moral de l'un

décadence ? La mythologie di's (iree-i. lorsi| il'' m l'e! udie dans ses origines, est une preuve frappante que, dans les premiers temps de celle raee, la remine devait être tenue aussi pour une moitié essentielle et non pour une vaine dépendance de l'homme. Quand se sont jetés les premiers fondements de la croyance des nymphes, le règne, des femmes n'avait encore rien perdu de son universalité et de sn splendeur, (>. sont donc nos përes nui, avec leur Toi dans In sninlelé de la puissnue- 1 li-iiiinine. soûl demeures :i eel égard dans In druile ligii" du genre humain, et leurs fees me ri I eu I |i:ir ennsequenl

qu'irait In tige des ilrces quand ou y inventait les symboles' de Minerve et des Muses, ce quïtoil eelle des l.nlius quand y nreliaient naissance et les Sibylles et In Nymphe conseillère de .Nuira, lu suuelie de In France l'était encore à eetl<: dernière époque où. expulsées par les saintes du paradis, qui ne les remplaçaient pas, les fées vidèrent lu terre.

Ainsi la croyance aux fees se rattache à ce eût. 1 si précieux de la religion de nos pères qui se résume dnns le respect de la nature féminine. Le même sentiment qui les avail portes i, instituer dans l'ordre extérieur les druidesses, leur avait fait créer dans l'ordre imaginaire res l'unîmes idéales sous l'œil desquelles ils se plaisaient

LES FÉES

sibilite, de l>ri'poiuiiTHiii'i> murale leur vénère sacerdoce, ils l'appliquaient à ces lyjtL's nu/ils dans lesquels se mirait la fui iloiit ils étaient animes; et, rei'i [iniquement, tous les embellissements dont ils chargeaient leurs l'ers venaient augmenter. |iar une sorte de rayonnement pudique sur la réalité, l'éclat déjà si grand dont resplendissaient leurs prélressrs. C'est ainsi que le système des mœurs, après s'être réfléchi dans la croyance, recevait à son tour de In croyance une contre -influence. Nulle part l'intime liaison de ces deux termes, les [ces. les druidesses, si manifeste en une multitude d'endroits, n'appurait en traits plus sensibles ipie dans l'histoire du couvent de l'île île Sein. l'oiiipnniiis Mêla, qui rapporte ; ail sujet des neuf druidessrs ijui le composaient, les bruits confus qu'en repaiiiliiil la renommée de son temps, nous apprend ipie. vouées au célibat, eoumie on le raconte le plus soiivenl des fees ', et douées

divinement, elles lisaient à ieur gré dans l'avenir, se faisaient obéir de In nature, chassaient les maladies, apaisaient les tempêtes, se rendaient invisibles ou se inetu m orph osaient, suivant leur bon plaisir, en tel animai qu'elles voulaient. Ainsi le druidisme était encore eu vigueur que deja le caractère de ces femmes d'élite se révélait, dans l'imagination des peuples, d'un tour surnaturel par une sorte de confusion de la prêtresse avec son iilénl Plus lard , dans les romans du moyen àj:e, la coufusiuii s'elanl accrue à l'aide de la deeudenre. on trouve les neuf vierges sacrées devenues fees tout à Tail. Dans le [même de Merlin, qui est du xu" siècle, on les rencontre toutes les neuf dans l'Ile Fortunée, sous la direction de la plus célèbre d'entre elles, In fee Morgan e. et avec les mêmes traits que chez, le géographe latin. C'est die* elles que les bardes sont supposes conduire le roi Arthur pour le guérir de ses blessures, et les Bretons ont cru longtemps que ce type de leur nationalité se conservait secrètement chez les bonnes fecs pour reparaître un jour Dans un autre roman, celui d'Erec, ce même Arthur est représenté, à sou couronnement, avec un manteau sorti des mains de ces savantes dames de Bretagne, qui ont brodé sur son tissu les serre ts de l'arithmétique, de la musique et de l'astronomie.

I, T.C plus souvent, m:iis avec de nombreuses ri illuslres otreplions. Aillai la fée du lac de Kilbiruev, qui enuuemi (bsinu el l'épouse dans lu terre de l'iilenielle Jeunesse, el noire Mélusine, dont nous parlerons tout à l'heure.

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LES FÉ

Les légendes <|iii ii'iiidhIi'hL nuv premiers temps de l'élablisse-

qiie les fees ont servi liuigloiii |is. nu milieu de l inondation de In ruée germanique, n svinlioliser l'oriuïne gauloise de certaines familles. On on eomplnil plusieurs. particulièrement on Bretagne, qui se rcclaroaîenl chacune d'une rée dont elles se disaient ou* alliées ou issues. En Poitou, on regardait le oliùloau de Lusigna-i comme une construction de In feo.Molusine, dont non -seulement la maison du Luaignan, mais colles de Luxembourg, de Rohao, d'Archiac, se faisaient lionnnur de desecudro. Il est reste trop de légendes sur celle Tomme célèbre pour ne pas faire croire à In

réalité de son existence : c'est nue héroïne gauloise, Iruidesse

ou princesse. que le génie populaire, par une Sorte d'nputlionse d'un goût tout luilional . u élevée après sa mort au rang des le. s. Aussi conçoit -on facilement la vénération Iraitiliounello qui s'était attachée uu chàleau oii elle avait vécu, ■ la plus nolile décoration de toute In vieilli; Kr.ineo, comme dit Hrantôme, et eonstruile d'une daine des plus nobles en lignée, on vertu, en esprit, en magnificence et en tout, cjui rut de son leinps, volro d'autres, de laquelle il v a tant de fables, el, bien que ce soit des fables si ne peut-on dire autrement que tout beau et bon d'elle. ■ Aussi la chronique de .Melusinc. composée au nv* siéelo par Jean d'Arras, d'après un choix de traditions conservées dans le peuple sur celte "illustre tlauloise. est-elle, malgré sa fui'inr taille fabuleuse, un iiitiiiumeiil

celle que l'un fera peut-être uu jour sur Jeanne Dan', celle autre héroïne du même sans, que l'on accusait aussi d'être de connivence

faut donc pas s'eioiiner que, maigre In foudre des uiiatlièmos , les foes aient l'ait si bonne résistance, et que, même aujourd'hui, dans les campaniles abandonnées lanl soit peu a olles-méuies. leur religion ne soil pas encore tout à faitaholic. T'est une croyance qui vient, non pas seulement de In fantaisie, niais du emur. On peut la regarder connue nue protestation toujours mante du naturel gaulois contre les importations trop oppressives du génie de Home el de la Judée; et celle protestation, qui résonne d'une manière

. ii. i. i,\-t< m ..n,. •ni,,.|. . iiioi. 1,1 « mine ii-

taltte des classes cultivées, n'esl pas à négliger sous celte forme

ment du eh par les pn

LES FÉES

populaire, dont il conviendrai! de faire état, quant! elle n'aurait

(.'il s;i fn\eiir qui- lr' mérite île son anrLeuni'tr r[ île s;i piTpi-luilé.

Ce lointain retentissement des oracles de nus pères suffirait à la rigueur pour nous apprendre nue co qui se dévoile de plus en plus touchant lus femmes dans le fiénie de la France, à mesure que rr génie se dé!Ms:e des émanai ions étrangères, respirait des lu principe, dans le génie de la Gaule : nuus sommes bien dans notre droit sur uette route, puisque nous y sommes conduits par une des lois ne notre sang.

Maintenant même que les contes de fées ne doivent plus fllre pour personne que des contes, il me semlile donc, pnr tant de raisons dont ju n'ai marqué que l'essentiel, qu'au fond, ils u'unt point perdu leur valeur. On ne voit pas pourquoi celle mvttmlogie nationale, sans exclure relie îles tirées, ne l'aecoin pallierait pas. tout nu inoins sur uni' lipic parallèle, dans nuire éiluealiuii élémentaire : les leçons de l'une ne seraient pus moins profitables que celles de l'autre ; inile|ienilninmunt du eu que les merveilles de nos fées n'ouvrent pas une moindre carrière a l'imagination que celles des (militante de l'Olympe, les aventures de ees chastes immortelles n'ont pas l'inuonvUniuiit d'entraîner l'imagination dans les mêmes désordres que telles des dieux et des déesses. Il y n surlmt avantage à ce que l'âme soit frappée de bonne heure d'une jusle idée du In grandeur dus femmes, et tous les moyens, même ceux de l'imagination, peuvent être invoqués snns dommage des qu'ils ne fout que récréer sens tromper. Les coules n nul pas plus de danger que les fables, et il faut même leur accorder la supériorité, si l'on réfléchit que lu moralité de ces fictions nu consiste pas seulement dans la pointe du récit, mais aussi dans la iialure des personnages

un que l''s .'niants.' qui pi'eiinenl si uato irl leriirnl clic/, leurs mères, une si admirable idée de la rem me, trouvent, comme par une droiture instinctive du eieur. un charme singulier dans Imites les prouesses de ces femmes bienfaisantes et valeureuses. Ils reçoivent du ces contes en l'air une impression de honnloi.elil n'est pas indiffèrent de s'appliquer à ce qu'elle soit frappe.' lu mieux pussible. Chacun sent combien il serait facile de la perfectionner. Il suffirait de mettre en œuvre avec finesse, en vue de l'enfance, le riche trésor de féeries que nous ont laissé nos niicê-

LES FÉES

très. Perrault n'a Tait qu'y toucher eu s 'amusant, et ses contes ont plus servi ù la conservation île son nom que ses écrits les plus valables. Mais tant s'en faut qu'il ail épuisé la matière. Outre ce qui reste Ù extraire îles compositions de nos trouvères, qui, pour n'être à cet égard que île seconde main, n'en méritent pas mains d'être étudiées el fouillées, les viens dialectes nous conservent, pour ainsi dire tontes vivantes, une multitude de ces antiques richesses, non-seulement dans les grands [mêmes où se réfugia l'honneur des races vaincues, mais dans les recueils de contes connus clieï les peuplades galloises sous le nom de Mubinuijiu>is, el destines siiii|i]ctuei!l a divertir. C'est du soin dé ces recueils qu'oui pris leur volec nos lameu* contes de nia Mère l'Ovc, et l'on poorruil en faire sorlir toule une nouvelle nuée du même genre, qu'une main réfléchie, sues avoir besoin de s'appesantir, pourrait diriger au but, avec .plus de justesse encore que les premiers. 11 semble que Perruull soil venu dure la carrière, quand ou devrait setilir qu'il n'est venu que l'ouvrir et nous léguer ù la fois l'exemple el le modèle. On évalue à cinquante mille, pour la France seulement, ce qui se débile annuellement, dans les villes el les ea in pagnes, d'exemplaires de ce Malii'ityiii élémentaire : il n'en faut pas davantage pour démontrer que, sous c ite tonne, se cache un genre de leçons qu'appelle instinctivement noire nalure et avec lesquelles la science île l'éducation ne peut raisonnablement refuser de compter. Ne craignons donc pus d'élre obliges de trop nous baisser pour relever les coules de l'ees, car la place qu'ilsoceupent

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comme une mvlhologio nationale à l'aide de laquelle, remontant aux sources de lu Gaule pour nous y retremper, nous moulons l'imagination de nos enfants sur les heureux patrons de l'imagination de nos pères. <Ècrit eu 18U).

BAAL

peuple rte Jehovuh i l de Jésus. Il n'en est pas du baalismc comme des autres religions de l'Orient, le brahmanisme , le bouddhisme, le mazdéisme, le judaïsme, ijui subsistent encore cl présentent à l'histoire d'anciennes écritures. Celle-ci, malgré son étendue d'autrefois, est absolument éteinte, et à peine eu démêle-l-on une traec lointaine dans les monuments du sahéisuie. Tout le monde e.oiif'oit cependant eombien il y a d'inlerét ù posséder hu moins un aperçu du milieu dans lequel lu véritable idée île Dieu s'est développée et dont elle s'est dégagée en s'élevant de progrès en progrès jusqu'à la forme idu'elii'uue. Il ncfaiil doue pas craindre île recueillir minutieusement, sur ce terrain, les moindres débris des auteurs hébreux, grers et latins, afin île cnmhler. autant que possible, eelle regrettable lacune. Quand les généralités Tout défunt, il n'y a d'autres ressources que la multitude des particularités; a force de les enlnsser les unes sur les autres, l'érudition réussit souvent à faire jaillir de leurs interstices une lueur.

Les dieux que trouvent les Juifs, à leur arrivée dans le Chatiaan, et auxquels ils commencent par se soumettre, sont Baal et Aslarté. • Ils suivirent, les dieux étrangers, dit le livre des Juges, les dieux des peuples qui habitaient autour d'eux, et ils les adorèrent; et ils excitèrent la colère de Dieu, le délaissant, et servant Rnal et Aslarté ■ (Jng., u. lï, 13.) Le livre des Rois donne le même lémoi^nn^e. car l'action de Samuel consiste a détacher le peuple juit île ces mêmes dieux. < Si vous revenez au Seigneur de tout votre cœur , enlevé/, du milieu de vous les dieux étrangers. Baal et Aslarté, etc. > (11,, vu. 3.)

Les noms de villes formés avec le radical Baal offrent une autre marque du règne de Baal dons le Chanaan. Ainsi, la ville do

liAAL.

liaalnth ilnns ta Iribu île Dnn (Jos., xi\. 44) ; la ville de Hnalath- Beer, ù la frontière de la tribu de Simeon [lb., xix, 8);Baai- Cad, dans le Liban, lirnitu de l'invasion de Justin (lb., xi, il); BaaUlazor. ilaus la tribu de Benjamin ou d'Ephraïm.lieu de retraite d'Absalon; (I! R., xm, 23): Baal llcrmon, au pied de lllermon (Juges, lu, :l) ; Banl-Maon, dans la tribu de Ruhen (Jos., xui, i~) ; tianl-I'linrasim . dans la Iribu de Juda (Il R. , \\ 20) ; Baal-Thumar. dans la tribu de Benjamin, lieu de la défaite- des lienjaiuilcs. Chez les Hébreux eux-mêmes, on rencontre des exemples du nom de Baal pris comme nom personnel : ainsi Baal, llls de Joël (Parai., v, Baal, llls d'Abigabutm (11)., vm, !)0,;Esbool, lils de Saùl (lb., vin, 33); Meriuaal, Iliade Jonathan (lb., i\, 40); un des héros d'Israël, Ci'dcnu, porte même le non) de Jerobual : il est vrai i|ue ce nom es! interprété, par le livre des Juges (vi. 'M) , comme signifiant vainqueur de Haal, Ce sérail alors le delnurnemeut ironique d'un des noms sucres de lu divinité phénicienne, qui est èerit, sur les médailles, j r b h I, et qui se lit, sur une inscription de l'almyre. sous la forme grerque im-Hnilui, Mnvors traduit par • Baal vainqueur. >

Puisque la l'heuicie n'était que la lisière maritime el. en quelque sorte, qu'une dépendance du Clianaan. il n'est pas etininaiil d'y retrouver le nom de Baal ; c'est la qu'il régne par excellence. On le retrouve sur les médailles phéniciennes suus la même forme que dans les écritures juives.

C'est une |ihcnieieuuc. lemme d'Achat), roi d'Israël, quiraviva, dans ce royaume, le enlle de Haal, avec une énergie fatale à sa

Par leur navigation, les l'tieiiiriens portèrent au loin le nom de

V !■ I. m |.*n .m !■ rit I. M in. ( . il

de SumiJie ; on le retrouve surtout à Cartilage. Baal Était le dieu de Cannage, comme il était le dieu de Tyr. . Il se nomme Baal, dit saint Augustin, ce qui est le nom île Jupiter parmi les nations de ces contrées, car les Carthaginois, en dis inl llaai, désignent le Seigneur, d'où vient que par Bant-Sainen, ils entendent le Seigneur du ciel, car, chez eux. lescieux se nomment Sameri, (Quœsl. in. Jud., II!,) Ce nom de Italsamen se retrouve même dans Plauto (Pcen-, 'i, 2), et dans Sancltoniokm , qui lui attribue le mémo sens ehe/. les l'héiiieiens sons la fur aie ltee|-saineii (Eus, l'rep. ev.,1, 10).

De même que chez les Juifs, le radical Uaul ligure aussi dans

ciens el les Syriens, dit Phollus. surnomment Kronos El, Bel cl Bohatcs. > Hais, c'est surtout à Babylone qu'était l'éclat de son règne. Son nom s'est grava dans celui de celte capitale fameuse (Ba-Bcl). Il y avait un lemple qui, par ses dimensions et sn magnificence, dépassait (ouïes les autres constructions religieuses del'antiquité, et dont la renommée a Tait une des merveilles du monde. Nnriolsslant quelque légère différence ilniis le caractère et

hehreu, le nom du dieu de Bnbylonc ne se distinguait de celui du dieu do la Phénicte que par un simple adoucissement dans les voyelles: Bed ou lieu de Haut. En résumé, sauf Jehovali, de la Méditerranée au golfe l'ersiijiie il n'y avait d'outre Dieu suprême ijue Baal. Mais quelle émit la siiiaillcalioa de ce mot? Saint Augustin nnus le dit : H:ial signifiait le Seigacur, i/ominus. Sanchnniaton dit de même : le Seigneur, Kurivs. Servius est encore plus net : « Dana lu langue, puisque Dieu se dit Uaal. Dum liai tlïàUir {ï,7î% i Ce nom, pris dans sa simplicité, a donc un caractère général : c'est le Seigneur, c'est le maître, c'est le Dieu Mais s'agit-il du Dieu créateur mi du Dieu animateur ;' du Dieu extérieur o la nature ou du Dieu enveloppé dans la nature: du Dieu du Spiritualisme ou du Dieu du Panthéisme ? Il suffit déposer la question pour la résoudre. Uaal représentait le principe actif de la nature : c'était le Dieu niiile. Dana lu multiplicité îles règnes que notre esprit coïK'oit au sein du système du inonde, et qui, confondus à l'origine de la pensée liumnine dans une vague unité, engendrent enfin, par l'excès de leur indépendance, le polythéisme qui voit dans chacun d'eux un Dieu distinct, l'universel Banl devait se foire partout sentie. Lu nature tout entière n'était que sou incarnation. Il représentait ce moment du développement de l'idée religieuse, où la notion primitive de la puissance surnaturelle, foule d'avoir su s'élever dans une région à part île l'univers, s'y ensevelit et se prépare ■ a s'y dissoudre, en s'y décomposant en éléments où l'esprit égaré

BAAL

cbcrclie on vain le sublime el m; trouve plus que le matériel.

Aussi m' ffiiil-îl pas s'elonner pu 1 les llrrcs i l les llomaius. ■ [ u i lie connaissaient ipir des dieux parlicul iers, c'osl-à-dire îles dieux sans Infini, aient ou tant ilo peine à déterminer le caractère de Haal. liaal, |.;is pin» rjui- Jeliovah, ne répondait a aucune îles prétendues divinités do leur l'unlhrnu, ou, pluli')t, il les enveloppait toutes ensemble; c'était le polylheisino dans sou o:uf; île là. le singulier desneeurd île leurs ailleurs à son sujel. 11 n'y a presque aucune de ees divinités, à pari, bien entendu, les divinités féminines, auxquelles il n'ait ete identifie (our à Imif. Corinne Protëu, il prenait toules les formes, ou, mieux encore, semblable à ces idoles de l'Inde à plusieurs faces, fin lui voyail allcrnnlivemenl la figure de fulurne . de Jupiter , d'Apollon . de Mars, d Hercule, suivant le côté par où on le regardait.

Sainl Jérôme l' identifie a vec le Saturne îles Latins *i Bel, i|ucles Grecs appellent Helns el les Lalins Saturne 'ad. 1s.. iti . »Servius dit à peu prés la même chose : ■ Chez, les Assyriens, llel, |iar rapport aux choses sacrées, est dil, à la fuis, Saturne el le soleil. • il, 7*0.) Diodore de Sicile témoigne aussi en faveur de ce rapprochement : < Celui qui est nommé. Saturne chez les Grecs, très-apparent et prédisant les choses les plus nombreuses el les plus grandes, ils le nommenl Hélios. • {2,-30).

Ce mémo DioJorc. dans uuautre passa m*, identifie au contraire Baal avec Jupiter. • Jupiter, que les liahyluiiirus appellent Helus. ■ (II, 8;. Hérodote fait de même : ■ Consacre à Jupiler Helus, - dit-il, en parlant du temple de Baal (I, 181;, et, ailleurs (183: : ■ La grande statue de Jupiter, . en parlant de celle de Baal . . A Tyr, dans la ville insulaire, selon Josrplie. était un temple dédie a Jupiler. ■{.lufiV/.. 8). Jupiter (ou Zensl etanl le dieu supérieur des tirées et des Latins, celle assimilation était, pour ainsi dire, inévitable. Son exactitude rigoureuse a rte soutenue, dans es derniers lemps, a ver une grandi' forée d'érudition, par Ceaenius. Il s'est nppuyr principalement sur ce t]ue les muiiuiuruls du sulieiame nous montrent la planète Jupiter comme le premier des astres bienfaisants el sous le nom de £1, dont on ne peut nier l'analogie avec celui de Bel. Mais les monuments en question sonl beaucoup Irop modernes, comparative ment aux temps lointains de Ruhybmc. pour r|u'»n en puisse tirer des ci un: In mous rignur.'its ■lonil historiques, l'.'rsl d'ailleurs une invention tellement raitinée de prendre une planète, fiitclle la plus brillante de la nuit, pour en faire la divinité suprême

ha Ai..

au détriment du soleil, qui apparaît si bien comme le roi du eie), qu'on ne saurait y voir le cachet de la simplieilé anlique.

Aussi l'analogie rie Huai avec le soleil s'élait-ellc présentée n l'esprit lies Grecs, comme nous venons rte l'indiqu-T sultisamiiieul pur les cita lions < lt- Scrvins et île Diodore, cl elle pourrait assurément se soutenir avec mitant de raison que l'assimilation aveu Jupiler. Le Mitlira îles Perses, auquel s'est si l'a ei le me il l uni le Bel des Babyloniens, s'idenlific d'autre part, très- régulièrement, avec le soleil, et l'on peut ajouter que le nom d'ilétins, donné uu soleil chez les Grecs, n'est pas plus éloigne de celui de Beel, que le nom de El donné ù lu planète Jupiter pur les Arabes, puisque Uel et II, 'lies ne sont qu'un. Mois ce qui empéctie ce rapprochement, qui esl peut-être le plus séduisant, c'est que, chez les Juifs, Iniiii^iiiiil I vL-riirin i. H-'-' .1. 1 , t..i lu ...l.il.ii .

autres. • Josias. dil le livre des Rois, détruisit ceux qui brûlaient de i'eneens à Basil , au Soleil, à la Lune, aux douze Situes, cl à toute la milice du ciel » (IV, R. xxiu, Sj ; ce qui n'est pas dire que le soleil n'était pas Rua! sous une certaine forme, mais ce qui dil que tout liaal ne se contenait pas dans cette ligure.

En même temps que le Baal de Bobyhiue pnrnissail incliner de profereneo, aux veux des Grées, vers Jupiter, c'est surtout d'Hercule que paraissait se rapprocher, pour eux, eeiui de Tyr. On trouve, dans leurs auteurs, une multitude de témoignages qui rapportent a Hercule le eulle que rendaient les Plietiiciens à raulique protecteur de leur république, sous le nom de iklknrlh. • le roi de la cité. . Hérodote (II, 34) dit que Tyr est une ville consacrée à Hercule. Arrieri II. Hï; affirme que l'Hercule îles Ibères es! le même que celui des ïyriens, IJuinto-Curce IV, Si nous apprend qu'Alexandre engagea la guerre avec Tyr, au sujet d'Hercule. < qui est, dit-il, la première des diviniles adorées à Tyr. ■ Etiliri Cicerun, dans son traite de la Nature des dieux, marque bien la contusion de cette mythologie, toujours prèle a se perdre dans ces êtres si mal définis et si disposés à lentrcr les uns dans, les autres : 1 Le quatrième Hercule, dit-il. (ils de Jupiter et d'Astérie, somr de Lalone, pnrticiilièrcmcnl adore à Tyr, dont on dil que Cartbnge est lllle ; le cinquième, dans l'Inde, nommé Relus. ■ III, Ce qui pareil certain, c'est que les Tyriens, dans leur decnilenee. avaient Uni par accepter celte dégénérescence de Huai, fondée sans doute sur de faux semblants que nous ne connaissons plus, et qu'ils represen-

B A AL

tnienl cet nnliquc protecteur de leur nationalité avec les attributs ordinaires d'Hrreule. la massue et la peau de lion. Kcki'l. doctr.

rapparierai "seulrmen! celte ciluliuti île Hnerohr : ■ Hercule ri Mars, dil-il dans les Saturnales, ne sont qu'un, ear. ;elnii l'opinion îles Chuldéens, ils sont tous deux une même eloile. » (III. là.)

La même raison qui pariait les Grecs a voir Baal, tantôt sans uni? figure, tantôt sous une outre, devait parler ceui i[ui suivaient son culte à lui donner divers noms. L'absolu, dons la dénomination de l'être suprême, ne se conçoit que ches ceux qui ont In forée de l'aduror dans l'absolu. Autrement, celle puissance, ctaut prisednns ses mu îiil'rsl a l'unis, si- diversilie comme, elles, et les termes qui la repr.'senlent ii l'cspril doivent tendre à se diversifier également. Le siihslaulif mIisoIu y subsislednno, mais soulomeiil comme fond, et l'adjectif s'y unit pour le inodiller conformément nus relations avec le monde sensible : i|iie l'adjectif prenne le dessus, et le polythéisme rsl fondé. Le eulte de Baal. dans la fécondité de s- m développement, avait dii entailler uni! mullilinle île dénomiiialions do ee m'rlre. 11:) I lieu reuse ment, les livres juifs, qui sont il peu prés notre seule ressource ù cet é^ard , n'ayant jamais traile de final que d'une manière incidente, ne contiennent qu'un Ires-petit nomlirc de ces noms parlieuliers: mais ils nous 1rs livre ni. m quelque sm-tr lues ensemble, il un s ce pluriel llimliin. les Baal. qu'ils emploient quelquefois.

Le livre des Nombres mentionne le enllo du dieu Baol-Phcor chez les Moaiiites; c'était un culte voluptueux, dans lequel les filles.

laie, se livraient à une surte de proslil ul inn sacrée, • Le peuple se proslitua avec les filles de Moab, et elles l'invitèrent il leurs sacrifiees jii leurs nrf;irVi. et il mangea et il adora leursdieuv. et Israël adhéra à Bnal-Ph, or (XXV, i ). • C'esl pour la répression de ee culte que Moïse uurnil fnil luer vinjrl-quatre mille hoinines, et ce cliilTrc peut être pris an moins comme In marque d'une action considérable contre lui, Qunnl à la signification de Phcur. les uns ont voulu [uni siinplerueiil le déduire de la montagne de Phéor. oit se célébraient, elic/ les Moahiles. ers files oriiitopics; mais il y a plus il apparence ;ï ee que la monlnwue ail rie dénommée d'après le culle, que le eulte d'après la montagne. Aussi . l'opinion des rabbins, qui prcniicnl lotymologic de Phéor dans le radical plir,

BAAL. 317 ouvrir, en raison île l'action de ce Dieu sur lu virginité, me parailci le (oui à fait accepta bit'.

Le livre dus Juges, dans rhisli>iri> d'Abimeleeli, parle d'un

U.'lUple de /(iM.'-A'ej'fl.'l. Silllr :l Sielii'HL Slll* 1' il!U't'|>IVla[i'HI illi CC

mol, il se présenta une difficulté du même genre que pour le précédent. Il s'agit de savoir si Bcrilli a an sens spécial, ou si ces! simplement le nom d'une ville, où -ce Baal aurait été particulièrement honore. Il existait effectivement, eu Phéniclc, une ville de Bcrylus (Beyrouth), mais sou radical serait 6 r vih et non brjih, comme celui de l'adjeulif joint an nom de Baal. De plus, si un temple à Boal-Berulh peut se comprendre dans la ville de Bcrylus,

Fiditis, et assurément, chez un peuple l'iumnetçMit comme les Phéniciens, une telle divinité se trouvait à sa place. M o vers, tout en adoptant ce mode d'interprétation, l'a cependant applique d'une ma mërediiïc renie, c'est-à-dire qu'il voit, dans Uaal-lkrith , le Dieu, entant que l'homme contracte alliance avec lui, à peu prés comme Jéhovab, qui était aussi poar Israël le Dieu de l'alliance.

Les auteurs grecs et lalius nous font connaître le nom de Baal- Samen, que j'ai déjà eu l'occasion de mentionner, et qui n'offre aucune difficulté, d'après le comment. "ihe de Satidiuiiiaton cl de saint Augustin; c'est Ruai, considère dans s;i qualité de maître du ciel.

Le livre des rois mentionne liaal-Zchnbh, divinité dis Philistins, qu'OcIniaias, rui d'Israël, envoie iviisulh'nlaiis le leinpledAccaron. Or, y.ilmbh veut dire mouche: Uanl-ZéiMi si^nilie doue le Uatil :les mouc/uw. Si l'on réfléchit que, dans les pays méridionaux, ces auimaax, en j comprenant bien entendu tous les insectes ailes, constituent une véritahie fléau ; qu'en l'évaluant un moyen du produit du mal pur le chiffre de su fréquence, on le trouverait au moins c^-at au fléau îles carnassiers dunt lu rmtlwlogie grecque faisait honneur à Hercule d'avoir délivre l'Occident; qu'cnllu l'imagination des llchruux n'avait pas ern au-dessous des proportions de

en sa qualité de souverain de ces multitudes malfaisantes. On peut même l'admettra d'autant plus facilement, que les Grecs

BAAL

avnit'Ml donné à Jupiter im surnom semblable, l'ausiinins cl Pline iiniih :i|i|in'tiiii'til '[il'', sur ]"H'ynipr. un ulTrail des saevi lires à Jupi- 1er aiinmuhx. chasseur de mouches, un niiiimjrus. preneur de mouobes. cl que [i: pn\s si' trouvait délivre par l:i de fos nnimaus, dont Ii' naturaliste romain ilil si bien à cette occasion, ■ qu'il n'i-\istc aneuil animal moins docile i't d'une moi mire in tel licence. • Solin rapporte une fable ii peu prés semblable, louchant un temple d'Hercule, et Clément d'Alexandrie dit, dans les St ruinâtes, que : • les f'.loens snerilionl à Jupiter n pomuii >s. er les Humains a Hercule npninuios. • M ;< II; ri- l'appui de ees iiiuiln^ir-i. en a fir. ■ l ■ ■ i ■■ 9 11 donner

pour les Égyptiens, le dieu île l'univers Mais relie conjecture, de laquelle résulterait nu lieu si invraisemblable entre Baal et ]'F.K>'ple, parait plus ingénieuse que fondée.

Ce Baal Zcbuhh était demeuré fameux elien les Juifs, car, lorsque In doctrine des aunes s'étnnt implantée chez eux. ils en vinrent à faire des démons de ce qu'ils m- regard nie ni autrefois que comme de vaines idoles de buis et de mêlai . ils attribuèrent à celte divinité un rana de premier ordre dans les levions de Satan.' On ne peut hésiter, en effet, sur l'identité du Bœlséboub des Évangiles i'l <le Ha;]]/i'luilih il-i livre >l 's Uni- : c'est une transformation nua ■ logne à celle de Baal - l'heur en (le! ph.'gor. Au dire des trois

■ Il possède Beelzebouh. s'écrient les scribes dans saiul Maie (II!, iî), et il chasse les démons par l'entremise du prince des démons. ■ On voit toutefois, par la réponse qui est mise dans la

bouche de Jésus, que l'on regardait ce Beelzel Ii comme inférieur

à Satan < Si Satan se divise, comment subsistera son royaume? > [S. Lue, il, 18.) Ce ,,'rand nom île Baal elail tombe jusqu'à u'élre plus qu'un Holu'iquel : ■ Si l'on appelle Beel/elu ni h le père de famille, dil Ji'Siis. dan?, s; ii ni Mail bien, que dira-l-oii de ses serviteurs 0 ■ i\. i'i.) Il y a plus : on eu avait lire, par une légère alléralion, un jeu de mois di's plus injurieux. Certains manuscrits, au lieu de Itei'l/.e-

ment. Si l'on admettait pour ttnal-Zeboiili le symbole du scarabée altuchul, rien ne serait plus strictement mérite qu'une telle qualification.

assez de l'idée que l'on avait alors de Baal, car elle peignait bien le dégoût que devait causer, à des gens si méticuleux sur le culte de lu pureté, le chef des esprits que l'on considérait comme le type de ['impureté.

Les Hébreux, en venant se heurtera Baal, dans le Chanaan, l'y trouvent daos une étroite association avec une autre divinité, que leurs livres nomment Haschclliorelh, et dont les monnaies phéniciennes conservent témoignage (C.eseu., ituiutm. /i/emie.), SOUS le radical Ihehihrth. IVndnnl toule la période des Juges, l'adoration des deux divinilcs est simultanée. Cmniue ltfl.il était la plus haute divinité masculine des Tyricns, des Carthaginois cl des Syriens. Htiu-lii-tlmiTik rtail li'iir pies haute dU'iiiite féminine :

< Aslarte la très -grande, » porte un fragment de Sanchonialou.

Son nom ligurail d'ailleurs, i nue celui de lln.'il, dans les noms

propres, chez les Phéniciens : Ahdaslai'his. Ilnlirnstnrtus, etc.

Celte divinité était parfaitement connue des Crées et des Humains sous le nom d'Astnrte; mais ils n'étaient pas moins embarrasses, pour sa définition, qu'au sujet de Baal. Son union avec Baal les portait naturellement à l'idculilier avec Juiion. comme celui-ci

avec Jupiter : c'est ce <] ne d il Miiul Augio-lin : ■ Il n. s;iils m il en n

doute, est nommée par ceux-ci AstarO'. cl. comme ces hnmics (lu

de l'autre, on croit avec r.u> |ne IHciilurc dil des fils d'Israël

qu'ils servirent les liaal et les Aslarte, purée qu'ils servirent les Jupiler et les Junou. > (Qwest., m jwd., 1(1.)

D'autre part, son culte, célèbre dans certaines circuiislauccs avec des rites voluptueux comme celui de liunl-l'iieor, avait porté un grand numlire d'écrivains à l'assimiler à Venus. . La quatrième Venus, dit Cic-ron, conçue ù Tyr et en Syrie, qui est nommée Aslarte, et que l'on dit s'être unie à Adonis, ■ (iValiir. dtor., III, 23.) lùisehe continue celte upioion : ■ Les i'tienicicus disent qu'Aslarlé est Aphrodite. » [Pnq>., i, iU.)

Enfin, sous d'autres aspects, Aslarte était une divinité vierge, une Diane sévère, Tertullieii [Api'l . i'-i} la nomme Yinjo cœlestis; saint Augustin (Civ. fin', u, 2(1), Virginale Kumeti; ce serait elle que Jeremie mentionne sous le nom de reine du ciel (VII, 18), et ce qui n'est pas moins décisif, on la voit représentée, sur les médailles phéniciennes, avec le croissant lunaire. Inséparable de Baal, si Baal était Jupiler, elle devenait Junou ; si Baal était le soleil, elle

BAAL

lit'VL'iinil In lune ; si Raal était ■ir^ r i!ti|in > . clic l'était; cl. si Itaal devevcnait pur, elle le devenait aussi. En un mnl. si Ban! symlmlisnit le principe actif de l'univers, elle en symbolisait le principe passif, cl voilà pourquoi ils se trouvaient toujours associes, au moins en principe, car leurs cultes, étant divers, étaient fuir là même indépendants. A Byulos ou les voyait tellement unis, que la déesse y était adorée sans le nom de Baaltis, In Boni. (Eus., pra., t, 10. Peut-être meule, est-ce par cette tendance de Raal à se ropprnrhcr du second principe jusqu'à ne plus s'en diiïcrctieicr et se féminiser lui-même, qu'il eimvient d'expliquer l'emploi île Itaal au féminin qui se rencontre dans l'epitre auK Romains (XI, 11, et dans plusieurs passades île In Irudiu'linn des Si ■ pl. -i nie. I'!e qui csl l'ertnin, c'est que. de la mil lire de Huai, lu ri ni lire d'Avili rte peut se cunclore dii-edeiiienl. cl qu'ainsi l'époux et l'épouse s" l'oiilirmeiil l'un l'autre.

Il est moins facile de déterminer les diverses espèces, cl, par suite, les divers noms sous lesquels on adorail Aslarlé. On ne peut douter que In déesse, dont le culte uni à celui de Bel occupai! une si grande plaie à Babylonc et dont Hérodote nous a transmis quelques traits sous le nom de ne filt une Aslnrté. L'ori-

prinnl du il srecisé par Hérodote se retrouve dans }UMrib. qui

fait enfanter. Ainsi que ne le montrent que Ir.ip les coutume", impudiques rapportées par l'historien , celait une Astarlé vue sous la face voluptueuse et féconde, tandis qu'à Cartilage et pmbnblcment à Tyr, In déesse apparaissait, de préférence, sous le coté impérieux cl sévère. Celte même Myliila se retrouve, sous le nom d'Ali lin , r.hen les Arabes, el il n'y a pas île doute qu'elle ne doive élro identifiée nvee l'Anaïlis d -s Arméniens et In Tnuais ou l'ArtcmisdelnCnppndorcctduPont, dont Sliabon (L. XII) noua fnil connaître les rites obscènes. D'ailleurs, l'union primitive île

cette Ta nais avec l'Aslarlé tyrienne nous est claire d témoignée

par les médailles phéniciennes, où l'un trouve celte dernière sous les consonnes lui: c elnit In même sous un caractère divers.

Le nom d'Asehera embarrasse davantage : c'est le nom d'un syml'ole phénicien que l'on vtiil en connexion avec Kanl. enmme Aslartè. Ce symbole se place sur l'autel même de Bnnl. Ainsi, lorsque Oedeon délivre les Hébreux de la domination des Madiunites: < llélruis l'autel de Bnnl de ton père, lui dit le Seigneur, el coupe l'AselcTn qui sur l'autel. - {ln-in, vi.; lté meme. drins le royaume d Israël, < Aeliab clevn un nutel à Itaal dans le temple de lianl, qu'il ovnitbàtià Sanmrie, et il y mit l'Aschera. (III H., xvi.)

BAAL

De même encore, quand le culte de Bual s'établit à Jérusalem, • Menasse éleva des autels à Bunl et 111 d'Ascticrn coin me en avait fait Aeliali, roi d'Israël. Et il plaça l'Asehern qu'il avait faile dans le temple du Seigneur . sur lequel le Seigneur a dit ù David et à Salomon sou [ils: Dans ce temple cl dans Jérusalem que j ai choisie entre toutes les tribus d'Israël, je poserai uinn nom pour toujours. > (IV H.,™.)

Que l'aut-il eutemliv par re Muni d'Asctieru ' La Vulgate traduit par Lucus. bois sacre: mais t'est nue traduction que le texte, suivi de près, ne permet pas de soutenir, ear la lellre se rapporte à un nlijet pluré sur l'autel, et mm pus à une plaulalion faite dans le voisinage. Seulement, il i-st irai. l'Ascliera était de tuas, el, sansen

chercher d'autres exemples, il sortit de voir que Gêdûon se sert de celle de l'autel 'le Huai, peut en faire le feu de son sacrifice. La version des Septsute, confirmée à cet égard par In version syriaque et par celles d'Aquilèe el de Symmaque, adopte un tout aulre sens, et, suivant toute apparence, beaucoup plus voisin delà vérité; elle rend Asehera par Aslarté. Cependant il est iueonleslable que deux noms différents doivent répondre à deux objets différents.

Aussi, les uns, tout en admettant celle identité, ont-ils prétendu qu'Asturlè réinventait la divinité, tandis que les lluius d'Ascheruh.

expression ligunilive de cette même rlivitiili'. parait trop cil dehors

di> baliitoili's e mes de I antiquité pour être plausible, tiesenius

a ouvert une meilleure opinion, en admettant qu'Asehera était bien Aslarlé, comme le veulent les Septante, mais Aslarté snus l'aspect de la volupté, el il di-duil en effet son nom, d'une manière assez naturelle, du mdicul Archer, heureux. Il esl certain, en effet, 411e, tandis que le culte d'Astarte est en gênerai sévère, celui d'Ascbera n'est pas moins oli-cciie que celui de Mylitln. C'est à lui que

■I l I ■■ I I < ■ Il Ull • ■ fiitlil.lill. h.' |i| lu II u-

terouome : • Tu n'offriras pas le prix de la prostlliu e, ni le prix des prostituées, dans le temple du Seigneur, Uni Dieu. ■ ..XXIII, Irt.) Aussi, lorsque Josias ilclruit l'Ascliera du temple de Jérusalem, en cbasse-l'ileu même temps, les p restituées sacerdotales, i l V H., xxtli.) Movers. dans Sun lii^li.iiv des l'heiliriens. » ['umliallu ivlle opinion ; selon lui, Asclicra esl une divinité syio-pheiiicienne. lice à la Mylillu de Buhyloue, et distincte de l Astarle proprement dite, qui serait une divinité sidunieiine ; mais les textes hébreux, desquels

il a prétendu tirer celte distinction, oui généralement semblé I rn >p peuconclunnls |iniii' l'autoriser. D'ailleurs, nu point de vue que nous suivons ici. coite opinion tendrait simplement a l'aire placer, sous le nom d'Asehern. les considérations que nous avons rapportées a celui il'AsIarte. Ce qui a sitrloul oouduil .Movcrs à «elle thèse.

c'est le sentiment du caractère essentielle ni orgiaque de celte

déesse. <|uï loi a paru trop éloigne île celui il'Astarle. pour s'y lier par une simple modilienlion. Il adopte une etymologie bien plus

crue, et par là më peul-ëlrè plus plausible que celle de t'.esc-

[lius : il lire Ascbera de Ascliar : se tenir (huit, cl il suppose que les Idoles (I Ascii cru consistaient loul simplement en un lingoui de bois pesé vcrlie.ilenieiit sur l'autel. Les expressions des textes heureux, au sujet de la manière dont on brise ou dont on établit ces idoles, indiquent en effet des ouvrages beaucoup moins cvinplcses que de vraies statues : et ce ipii achevé de damier une probabilité tout a l'ail saliffaisiinte à l'opinion t-n question, c'est que l'on sait, par le Wmoignngc des Grecs (Herod., iv, 87, Hausau. m, que l'Arlcmise île Cnppudoee. qui est l'analogue de l'Aschera phénicienne, porlail le nom d'Hrtbia. Iirlhnsia, do radical orthos, droit, qui est justement celui propose pour Ascliera, et purée qu'elle elail symbolisée sous la ligure du Jiugam. La nature feininiiie de la déesse n'était doue pas i bstaele à l'adoption d'un tel symhole, et l'on sait d'ailleurs qu'il elail usltii, tionseiileuienl ilaus le culte irArlemis. mais dans relui de IXbele, divi-

Pcut-ëtre ce symbole elnit-il regarde connue ayant l'avantage de rappeler qu'Aslnrle net ait rien sans Huai, el de rendre les deux idées inséparables, à ce point que l'on voit, par les livres hébreux, le retient' d'Asehera, place d'ordinaire sur l'autel de Baal.

Heslc In figure terrible du Moloch phénicien. Dans le système

d'idées que nous venons de suivre, ce n ' serait encore que Hanl, vu, non plus sous le cùto passif, mois sous le cote privatir. Il est év ident que, pour que la divinité du panthéisme soit au complet, il faul à su puissance, conçue dans ses niaiiireslalinns bienfaisantes, ajouter sa puissance, conçue dans ses manifestations contraires

opposas, et faisant corps ensemble comme les deux fuecs d'un monstre. Hier» n'aurait ele trop cruel pourse proportionner à cette ligure funeste : et vuihj suns doulc pourquoi, au lieu de lui saeri-

BAAL. 363 lier par le libertinage, comme à Baal, on lui aurai! sacrifié par le sang même des enfants.

Tel est ù peu prés ce qu'on peu! voir aujourd'hui de final, dissipé, comme il l'est, par le souffle du lemps. Base de la nationalité tics peuples au milieu desquels se trouve iiituiedialcinenl

se constituer à Jérusalem sous les rois, et dans des temples tellement semblables à celui de Salomon, que ce dernier avait été construit par des architectes de Baal. et se prétait indiireremmeiit à l'un des cultes ou ù l'autre; mais, ce qui est pins cinictenslique encore, il se soutenait sur un corps de prophètes Ces prophètes, attaches à la personne du roi cl nourris de sa table, se mettaient en prières devant le Seigneur, dans les occasions importantes, pour apprendre de lui l'avenir et transmettre ou peuple ses oracles. Rien ne témoigne mieux de la similitude des deux institutions, que les débats entre les prophètes de Baal et ceux de Jeliovoh. dont il est question dans le livre des Rois. On peut donc conjeclurer que ceux-ci, qui ne prennent leur développement iju'i't partir du moment où la Judée, sous l'influence de Samuel, rejette le bunlisme d une manière qu'on peut regarder comme décisive, ne sont devenus un corps régulier et permanent qu'à l'imitation des premiers. La Judée pouvait bien emprunter, à cet égard, à ses ennemis, puisque c'était pour tourner ecs forces nouvelles dans la direction opposée.

On doit même reconnaître que l'influence de Beol, longtemps si menaçante pour la nationalité d'Israël, a ëlë en définitive un auxiliaire puissant pour celle-ci, en raison de la reactioa persistante qu'elle devait nécessairement susciter. Que la contagion ail été funeste à des multitudes d'individus qu'elle a perdus, peutêtre même au royaume de Somarie tout entier, dont elle a pu faciliter la dispersion, c'est là le cote accidentel cl secondaire de cette liisluire ; le principal, le seul, par conséquent, qu'il faille considérer au point de vue de l'his'oire universelle, c'est celui par où cette influence se témoigne, comme un instrument de la Providence, pour attiser, forlilier, dans Israël, la véritable idée de Dieu. Il y 0 là une adieu saisissante. La nation se voit transportée eu présence d'un Dieu universel, et, en apparence l tout-puissant; et.

DAAL.

conduite par le sentiment do son individualité et do son passé jHiipliiir |iar le juvriti^'! de la jim-sif, <|iii lui inspire de vouloir 1111

eiiaei^iii- nii'im Dieu puissniii, intiUrc il" ciel, lui était spécialement affecte et protégeait ses pas : eel enseignement «lait bien court. Esl il certain que l'inslinet île monothéisme, inné dans la race d'.Mii'aliam, eut sulli pour empreins une théologie réduite à des termes si généraux de prendre son cours vers le gouffre du panthéisme, si Baal, l'occupant déjà, ne l'en avait écurtoe par sa seule présence, en la rejetant sur la voie sublime de la théologie des prophètes? En un mot. comme le Dieu de ses ennemis était dans le monde, la nation, pour se distinguer, était poussée à prendre le sien 1 ii j [s du monde', et. des lurs. i! nll.sil n j'iolini. (l'est ainsi que. par un simple effet d opposition a la religion lianlique. se di'^a^cait

le eomple nt décisif ilu Dieu d'Abraham et triomphait, dans le

peuple, l'esprit de Moïse. Par ce seul t'ait de se détourner du faux, on était amené devant le vrai. Je me ligure ici un enfant élevé loin du soleil, et plaee, au lever de tel astre, en face d'une grande ville: ses yeux sont éblouis des rayons qui jaillissent de tous les monuments, et l'admiration les remplit en même temps uuo la lumière; qu'il s'imagine que les scintillements émanent d'un

iiu use foyer, situe derrière In ville et rnyonnail! a travers ses

ouvertures, voilà le puiitlnnsine ; qu'il s'imagine qu'il y a autant de foyers distincts qu'il voit luire de monuments, voilà le polythéisme ; mais qu'un nrriilriit qni'InHiquc l'oliU-.' loul à coup à se retourner, il apercevra, précisément a l'oppose de ce brillant spectacle, le vrai foyer de In lumière, et c'est ilevnnl ee solitaire du ciel qu'il tombera en o\lase, car il verra, dés lors, dans les splendeurs de la lei re, un éclat réfléchi et non pas un celui direct, un effet de la puissance et non pas la puissance même.

fÊcril en 1831.)

Un homme a une vision : il lui semble que Dieu lui commande de prendre son enfant, ilo lu porter sur l'autel, de lui couper la gmt!<*. Si eut homme possède, sur In divinité, les iduus dont nous jdiiissiifis aujourd'hui . il nu doute pas dVIïu le jouet d'une hallucination, et il prie Dieu de lu ramener dans le enlmu et dans fa vérité. Mois, s'il se représente Dieu eomme un maître terrible , i|ui su complaît a tout voir plier devant lui, munie les si'tiliinuiib lus plus naturels et les plus droits, il devient dupe de son illusion et sacrifie son en fan l à son fantôme.

L'égarement causé pur une notion si erronée du caractère do Dieu ne s'arrutu pas là. S'il est vrai nue Diuu ait demande, une seule fois, un tel sacrifice, n'esl-on pas conduit à lui eu oITrir

iii'Ih 'p! I'i u>- ni- i-.-i.r--, ' i i. Ir -fui. r i.. |«r i-r

venante , la monstruosité accidentelle un institution permanente? Si Dieu a du «ont pour les soulîrunocs de l'homme, ne doil-on pas s'appliquer à provoquer .sa laveur un lus lui étirant, ou

douleur pour une uulru, suit un lui proposant la douluur d'un tiers en échange de celle dont on était soi-même passible ï Si, par mauvais vouloir ou par rigueur de justice, il lui convient de tirer vengeance des hommes, n'est-on même pas d'autant plus assure du conjurer sa colère, qu'on lui aura livré plus de sang et de larmes, ou le sang cl les larmes d'une personne plus digne et plus aimée i Du là. l'expiation sanglante par les unlants, lus premiers nus, les 11 Is uniques.

L'hisloire rattache particulièrement ce cidte abominable ou nom de Moloch. Moluch est un dieu du Ghana an. On sait, en eïïet, par le livre dus Itois, que c'est à une des populations du Chanaau quu Salomon l'ciuprunta. < Salomon adorait Aslarle, déesse îles Sidoniens, et Moloch, dieu des Ammonites... et Salomon éleva un

temple, sur lu montagne qui est devant Jérusalem, à Chamos, idole de Muab, et ù Moloch, idole des fils d'Ammon. (III, R. xt.)

Un doute s'est pourtant élevé à cet égard : comme le livre des Rois, dans sa cuneision habituelle, se borne ù nommer Molocti, sans s'expliquer sur les cérémonies île son culte, lundis i|ue, plus tard, au temps de la liaison du royaume d'Israël avec le royaume d'Assyrie, les rites inhumains 4e ce dieu sont es pressa uieiil indiques, on s'est demande si le .Molni-h infanticide ne serait pas une divinité nssyrieunc. à laquelle le Molm-li 'h- Chnaaan aurait seulement fraye les voies. U pourrait y avoir de la dilliculié, si l'on ne

du Chanaan. La qaestion se réduit doue ù savoir si ec dieu infanticide se nommait Mnloch. Or, on trouve, chez les Juifs, un dieu nomme Moloch, qui esl emprunté au Chanaan, et ce Moloch est précis. 'ment mi dieu infanticide ; dune, il y a lont lieu de penser que c'était ce m ''ine Mi>lm:!i qui présidait aux sacrifices d'enfants, dans le pays d'où il venait. Les dieux de l'antiquité sont inséparables du culle nui les caractérise, car c'esl dans ce culte même qu'ils consistent.

D'ailleurs, on trouve, dans le DjuLironome, une loi qui semble lever loute incertitude à cet égard. Mulse défend aux Jaifs de livrer leurs enfants à M doeh. Que la composition du Denlcroaome soit

des auteurs de ee livre , les Juifs, en arrivant sur la terre de Cli.inaan, avaient dû y rencontrer les influences riu dieu infanticide. Ce culte était donc implanté dans ces contrées, bien avant leurs eoninimiieutions avec l'Assyrie, et. selon tond 1 vraisemblance, ilen était originaire. A quoi il faut joindre que le nom même de Moloclt appartient a la langue de celte race si cruelle envers les hommes et si terrifiée devant Uieu. Il signifie le Seignenr, le roi. C'était un seigneur bien autrement jaloux et absolu qae Jebovah : on peut croire qu'il formait, dans c^t antique panthéisme, le revers, et, pour ainsi dire, la contre-partie de Uaal.

C'était la septième planète, universel lente al considérée, cbeK dalles les populations sémitiques, comme un astre à influence malfaisante, qui formait, dans leur système astronomique, le symbole de ce dieu. C'est ee qui fait que les Grecs, sans entrer plus avant dans le mystère de celte théologie, n'avaient point hésité à identifier tout uniment., avec d ur Saturne, le dieu yilaulicide de leurs voisins. Le même monstre, qui porte le nom de Moloeh chez les

Juifs, porte, chez eu*, celui lie So-tnrne (ou Kronos). S'ils avaient tiré un peu trop de leur coté, en ne voyant dans le MuIjh h ri es Phéniciens que leur Saturne, un peut dire que ceux-ci le leur rendirent, car, lorsque le polythéisme eut pris le dessus, ils couvrirent i'uvini''iiii's leur Mulurti sons li' nom K'mrnl île Saturne. C'est sous ce nom qu'ont été dévoues les derniers enfants que lo superstition phénicienne ait sacrifiés à la divinité. Dans le rail, l'assimilation avait plus de réalité encore, que d'apparence. Elle ne consistât pas seulement dans lïdeulité île la pl.mele qui formait le symbole commun des deux divinités; elle consislail dans l'idéalité d'origine, cor il y n tout Heu de penser que les deux divinités, diversifiées a la rois par l'effet d'un développement différent, n'en Taisaient qu'une seule à l'origine.

Les traditions de la Grèce atteslent en clfel les plus frappants rapports entre le caractère primitif de Saturne et celui de Moloch. La mythologie n'a rien {ni nié de plus populaire que celle légende pélagique, soivaul laquelle Saturne avait dévoré, c'est-à-dire s'était offert à lui même en sacrifice ses propres enfants. L'idée n toujours ete enveloppie dans celle sombre légende, mais elle y étiiil primitivement, non point à l'état d'allégorie, mois bien a l'état de croyance mystique se traduisant dons un culte infanlieide. Rio'lore signale avei: raison dans la Icgen le les vestiges de ce culte a demi-perdu dans le lointain des siècles. L'histoire n'en avait même pas entièrement perlu in eounai-saoee : . lslrns. dit Porphyre dans Eusftbe, rapporte, dans son recueil des sncriilces de Crète, que les Curelcs siienuaieul jadis des enfants à Saturne. ■ Une tradition, conservée par San chôma ton , d'après laquelle Saturne, dans une épidémie, avait immole son fils unique sur l'autel

Dieu eut commis l 'infanticide à son proHt, en dévorant lui-même

que les prêtres 'lu rite aretinique firent longtemps.

Si les Crées Unirent eependanl par donner l'exemple de renoncer à une dévotion si extrême, c'est que les profonds senlimenls d'humanité qui distinguent leur nationalité, leur en faisnienl une loi. Ce délaissement de l'antique Saturne cal toute une révolution religieuse. Les poêles enseignèrent que ce mailrc souverain avaii ete détrône, par ses enfants, et l'on n'adora plus que ces derniers.

KOLOCH.

qui, en se partageant lu domaine de l'univers jusqu'alors indivis, lirenl iiiilliv lu brillant pohtlieismc sur 1rs niiili's du panthéisme ulioli. C'est au génie «"Athènes, sous h: imm de Thcs.se, vainqueur du dîi-ii ii lu lëlc du taureau, mangeur d'enfants. e|i.ic la renommée attribuait principalement l'honneur d'avoir mis fin n ce culte effroyable. Lu Grèce aurait doue commencé ù s'y soustraire des les temps héroïques. Le sacrifice de lu lille d'Agameinuon sur les autels d'une Diane liée vraisemblablement d aussi pies a I Aslurté des Cbanaaéens que Saturne à leur Moluoh, ne rut, sans doute, qu'une résurrection accidentelle du rite archaïque, dans un moment de crise et d'emportement extraordinaire; et, encore, lu tradition fut-elle bientôt obligée d'en dissimuler l'horreur, en supposant que la déesse avait remplace la jeune lille par une

achevé île llistrir, dans une forme tout à fait religieuse, le culte infanticide, par l'invention du mythe de Tantale : ce prince infortune, voulant honorer. ;ï sa façon, les Dieux de l'Olympe deseeudus dans son palais, leur avait immole son lils l'elops; mais les dieux, Tils de Saturne, loin d'agréer un saei'iliee que leur abominable pere eût ete seul dispose a goûter, avaient rendu la vie a l'enfant et précipité Tantale dans les enfers.

Chez les populations du Ciianaon, muius humaines que telles de la Grèce, te culte du Dieu infanticide persista plus longtemps. Les traces que l'un en trouve de ee coté, au lieu de se borner à des mythes, comme chez les Hellènes, deviennent .les témoignées formels: un entend la vois des contemporains. Lorsque les prophètes tonnent contre les saeriliers d'enfants chez les Hébreux, un ne peut iloulerquc ces saeriliees ne soient également en vigueur rhe/. lus natiuns circoti voisines. Il y a, d'ailleurs, une preuve saisissante de leur persistance, chez les Phéniciens, plus de truis siècles après la prise de Troie; c'est i(uc la colonie de Cartilage, qui se détache des Tyr a celte époque, emporte avec elle, sur la terre africaine, le Sala nie infanticide. C'est vraisemblablement un peu plus tard que parmi les Juifs, el par celle même iullucnce chulden-ncrsane alliée chez les Hébreux a la Iradili rAI-mliani et de Moïse.

Alexandre, poursuivant la ruine de la monarchie des Perses, vint mettre le siège devant Tyr, les sacrifices d'enfants, sans être

oublies, sotil du moins lumbés depuis Lu u url r>i ri 51s en désuétude. En vain les habitants, frappés de terreur, songent- ils, comme jadis les Grecs dans l'Aulidc, à réveiller en leur faveur le Dieu de l'an— tique f.lianaoïi par une offrande de ce senre, cette tentative du désespoir ne parvient pas même h se réaliser. ■ Dne partie des citoyens, dit Quiiilc-Curce, proposaient de revenir ù un ^enre de sari-Mire abandonne depuis des siècles, et que je ne crois pus du luul agréable aux dieux . il consistait à offrir en siieridei- a Saturne un enfant de coudiliuu libre. Transmis aux Carthaginois pur les fondateurs de leur rejnildii|ui', ce même genre de sacrifice, ou pour mieux dire de suerili'yc. s'est, dit-un, perpétue elle/ eu* jusqu'au renversement de la ville. Si l'aristocratie de Tyr. dont lauloriic décidait de lout, ne s'y elait opposée, celle ulïreuse superstition l'eût emporté sur l'huma nllé. • (IV, 3.)

C'est, en elïel, elle/, les Ciirlhaginois, comme l'indique IJnhilc- Curce qu'il faut prendre le Dieu infanticide pour le voir dans toute son horreur. Abrites, par leur cloignemcnt, contre les influences de la civilisation iuedii|ueet hellénique, retranches en eux-mêmes et toujours nourris de la même sève, ils n'abandonnèrent jamais l'affreux eu Ile du Chonaan, Conformément à la tradition primitive, il formait, chei eux, une institution régulière. Seulement, les progrès de la richesse, lies malheureusement si souvent à ceux de la île ralisnlion et de la misère, avaient Uni par jeter celte institution dans une décadence mille lois plus abominable i|ue sa splendeur. .Vu lieu de faire à In divinité, comme 011 le voit dans l'histoire d'Abruliam, le sacrifice de leurs alîectioiis les plus chères parl'im-

Inlioti volonliiired'un enfunl bien aime, les riches achetaient les

enfants des pauvres, comme des agneaux ou des poulets, selon la vive expression de Pluluri|ue, et les livraient 6 l'idole 0 la place des leurs. Ainsi, l'inhumuuilé du Dieu avait Uni par engendrer, chez ses adorateurs, une scélératesse s;ins nom. ihoilore de Sicile, dans son récit du siège de Cartilage pur les Syracusnins . soulève en quelques mots lout ce fond d'iniquités et d'horreurs.

ramilles, ou avait fini par se borner a acheter des enfouis qu'on élevait en secret, et qu'on olfrait ensuite en sacrifice. D'après les recherches qui forent faites dans la ville, on reconnut qu'en effet, un grand nombre des enfants qui avaient ete sacrilies élaieill des enfouis substitues. Les Carthaginois, ayant acquis la certitude de

ce fait, et voyant l'ennemi eampe snus leurs remparts, se laisseront envahir par la superstition. Ils se i-i ■ [ 1 1-< n- 1 ■ n t d'avoir aliaiHuiini' la coutume 'k' leurs pères ivlaliveiiii'iil au eulle îles dieux, et, pour réparer leur l'unie, ils se hâtèrent r| ■ snr ri I !■-]'. ilaus une l'eie puldii|uc, deux cents enfants choisis dans les premières familles de la ville. De pins, quelques habitants, accusés d'avoir éludé la loi, offrirent volunlniremenl leur* enfants, el le nombre de ees victimes ne fut p is moindre île trois œnls. >

Transportons-nous, on imagination, dans une do nos villes,

[unir restituer le laid, 'au des préparatifs et de l'ace plias-' ul

d'uni; fé.le s-'inlilalile: mellons-ln. si l'un vent, en euiitraste. pour eu mieux étaler l'horreur, aveu une do ees fêtes de première communion que le christianisme nous u données. Quelle effroyable dévotion 1 car, en ilotinilivo, quelque monstruosité ipie ees por/s et mores se-l'usseiil forger au sujet do la divinité, on voit bien, par la hardiesse mémo qu'ils avaient eue do sVi'.arler dosa loi. qu ils n'avaient point étouffe la nature el qu'elle criait toujours cri eux. Cinq cents familles dans le deuil et dans le parricide, dans une même ville et une même journée ! Kt cependant, ce n'est encore rien, si l'on ose parler ainsi, en comparaison de ces mères qui , par une double impiété, consentaient, à livrer leurs enfants a In mort pour de l'argent, et assistaient, l'œil aee et la poitrine tranquille, aux tortures dans lesquelles expiraient, s ias leurs veux, ces innocents. Il est à er >ire ipi'il y avait des familles ou l'on adoptait ce genre de profeisioo. el ou les parents pi» luisaient îles enfants en vue de CC

lucre et rte cette boucherie. • N'eût-il pas mieux valu, dit Plutarque, qui; les Carthaginois ['lissent déclare qu'il n'y avait ni dieux, ni êtres supérieurs, que do s'a lonner il dos sacrifices tels que ceux qu'ils offraient a Saturne? De propos délibère, avec In pleine conscience de leur action, ils immolaient eux-mêmes leurs enfants ; el ceux qui n'eu avaient point on ae.lielaioiit aux pauvres, comme des agneaux ou des poulets : la mère ëlait obligée d assister au saeri flce, sans pleurs cl sans gémissements, et h condition lui était faite que, s'il lui échappait une -larme ou un sanglot, elle n- 1 recevrait point son argent, bien que son enfant fût tout de même mis à mort. Devant l'idole retentissait le bruit des flûtes el des tambours, de peur que les cris de l'enfant agonisant ne se lissent entendre. Si des typhons nu des géants, ayant r liasse nus dieux, nous imposaient leurs lois, pourraient-ils nous demander d'aulres rites et d'autres sacrifices? • [DeSupcrst., 13.) Slinucius Félix complote cet horrible

MQLOCH. 381 titbleau en nous montrant les mères leurrant de caresses œs malheureux enTatUs, de manière à leur tioiiner de l'allégresse au moment où «Iles les déposaient entre les mains ardentes de l'infernal Moloeh, alin, dit-il, de ne point olîrir au dieu des victimes tristes et cplorées.

Sans trouver dans les anciens tous les détails île ces sacrifices d'enfants, on en voit assez pour comprendre qu'il n'y manquait rien de ce qui pouvait y mettre le comble de l'horreur. Les rabbins, qui ontdti «voir sunv sujet de vil's témoignages, nous ont transmis

des renseignements qui paraissent avoir d'autant plus de poids, qu'ils se trouvent d'accord avec ceux de Dlodore. • Sloloch, dit R. Jarehi, était en airain : on mettait le feu dans sa parlie inférieure. Ses mains étaient tendues en avant cl inclinées. On y plaçait l'enfant, et il était brûle et gémissait. Les prêtres battaient le tambour , do peur que le père ne put entendre les cris de son enfant, et que sou cœur n'eu fût «mu. > (lidJercii., VII.) R. Siméon, dans le livre de Jalkui, s'exprime à peu prés de même. ■ Comment .Moloch elail-il fait? C'était une statue d'airain, placée au centre de sept chapelles : elle avait une tète de taureau et les mains tendues comme celles d'un liominc qui les ouvre pour recevoir quelque

première, celui qui offrail son lils. dans la septième. ■ {A<IJrr..\\\.) Selon Diuloiv, les enfunis auraient glisse des mains de lu statue dans un foyer placé au-dessous, mais il est plus probable, ainsi que les rabhi.is semblent I indiquer , que ces mains terribles les retenaient et les brûlaienl On aurait d'ailleurs de fa peine à expliquer autrement ce que dit Clilarquc, dans Pholius, que les préires, après avoir mis l'enfant vivant dans les mains de l'idole, observaient avec soin les contorsions, alin de tirer présage de l'agonie de la victime.

Home. Il fallut la violence des empereurs, pour leur interdire la satisfaction qu'ils continuaient à trouver dans l'accomplissement des rites antiques do leur mère-patrie. C'est ù Tibère qu appartient le mérite d'avoir porte les coups les plus décisifs ù cet égard, et il ne lui fallut pas moins de fermeté pour mettre u bas la Cartilage religieuse qu'il n'en avait fallu a Scipion pour la Carthage politi-

que. . En Afrique , dit Tertullien, on a immolé publiquement des r triants à SuMirin' jusqu'au pi'iir.nisulnt de l'ibère, qui III attacher les prcltvs île Saturne «nx arbres mêmes du temple ijtii abritait ces affrcus sacrifices, comme à des croix votives. J'en prends à lémoin les soldais de mon pms ■ j 1 1 i mirent à evérulion les ordres du

proconsul; et cependant, ees obtnninatiles sacrifice

s s'accomplissent

encore secrètement t. .. Saturne, qui n'a pus opn

r^ne ses propres

enfants, auruil-il epiirKué des enfants elrniifc-crs. i

|ue leurs pères el

leurs mères venn deux-mémes lui offrir, et q

ïalurne, pour le

consoler de ce qu'un seul lui nvnit Échappé? A qi

ici excès de bar-

baric les hommes ne sont ils point capables de

se porter par un

excès do religion 1 On donne le nom de sacrifice

au crime le plus

opposé il la nature ; on elouffe, des le berrenu. d

es créatures qui

ne font que eomiucncer à vivre, et dont toule l'ii

inocence ne peu!

eKciter l;i moindre enmpnssioli dans le cu'iiv lie leurs iin pitoyables

pères, ni obtenir qu'ils ne leur ôleiil pas ce qu'ils

viennent de leur

donner. Les animaux les plus féroces le sont moin,

dénaturés, l'eres infortunes, quelle fureur nvetig:

Vos dieux pourruii'ul-ils faire pis, si vous aviez, m

Leur Ituine pourrait-elle vous cire plus luncslc ? :

penser de voire pielc, ils vous rendent parricides.

ils vous enlèvent

vos enfants, ils vous privent rte la raison. Si tell

i est l'expression

de leur reconnu issu nre , i]ue serait donc celle de li

sur inimitié? que

peut-il y avoir d'inviolable et île sacré pour des

hommes qui ont

dépouille Ions les senti ments de la nature? Tout

est à craindre de

In pari rte celui qui l'ait un ncle de relis'iou du pins Krand de tous

les crimes. . (Lu /us/, dit)., I, 21.)

0 sacrifice de Jephté, comme cette impréca'

Coinmenl concevoir, en effet , que les tribus d'Isi

de rester abs.dumcnl etrinwres à cet esprit si | si oli'JTiiinalde ! Les berniques soutiens désira

purent finalement arracber le peuple aux bras

cnsanylantcs du

dieu infanticide, mnia , durant !iK:u longtemps, ils ue purent empêcher que Moloeh in' flamboyât jiusi|ii L ' sur Jehovah et ne If; teignit, fil partie, do ses propres couleurs.

Le mythe du sacrifice d'Abraham, ordonné d'en haut, résolu par le père, puis non accepte de Dieu, indique que le eulle inl'atitieido avait oie jadis pratique snus riullnenct.M'.hanancennc, puis aboli, par une sainte inspiration, jiiirini les pasteurs chaldeeus,

durant lequel Moloeh envahit de nouveau les descendants d'Abraham revenus d'K, r yple, lin voyant, par l'exemple de Tyr, de Cartilage, de Maab, combien eet esprit avait d'autorité dans le Ctialiaau. on ue peut guère douter que les Hébreux n'aient du lu ressentir des le intiment nu, renonçant a l'Hgyptc, ils se remirent en rapport nvee eet autre foyer. Si une superstition aussi exorbitante a jamais pu se eoinmuuii|uer d'un peuple à un autre, c'est bien plu lot dans l'elTurveseenee d'un retour d'émigrés, troubles, éperdus, portés à se réfugier, à tout prix, dans lu vie du peuple au sein tlut|iiel ils se relrouvenl, r|ue dans la tranquillité d'un régne prospère, plus disposé aux rayonnements de la volupté qu'à ceux

Ce ne fut pas seulement par un mouvement religieux que les Hébreux sortirent d'Egypte; ce mouvement religieux se liait à un mouvement de race et de nationalité qui entraînait les tribus d'Israël vers leurs sœurs de l'Araliic et de l'iiluiu jo, et, par eclles-ei, elles se trouvèrent engagées dans la religion du Chanaan comme elles venaient de l'être dans celle de l'Egypte. L'insliiiel de race était violemment disputé entre le Dieu annoncé par Moïse, qui se reliait dans le passe avec le dieu lointain apporte ja lis dans le Clionaau par lu migration au ru I Mimique, et le Dieu dont le régne était dans toute sa vigueur parmi les Sémites infidèles (Edoinilos, Moobites, Auiuleciles, etc.), qui embrassaient les autels des Clia-

Commeut d'ailleurs imaginer qu'un roi eût jamais été capable d'instituer des sacrifiées de ce genre, si le peuple ne s'y était trouve déjà prépare de lui-même? Dans des pays où les mœurs sont si à vif, l'action de In loi ne s'étend jamais au delà d'un simple anjuieseeiiiL'iit, et e'est In, sans doute, ce qui se produisit stms les rois.

C'est en effet au temps du séjour dans le désert que se rapporte la principale influence de Muloeh citée les Hébreux. On con-

um.oai.

naît malheureusement peu de chose de cuite importante période. Les récits de l'Kxnrte. indépendamment du merveilleux qui les trouble, ne comprennent pus une élenJue de plus de deux uns sur eelte durée, qui fut au moins d'un demi-siècle: la suile fuit lucune. Les seuls doeumenls que l'on puisse invoquer, sur l'ensemble îles

événements, seul deux passades, l'ulld A s, et l'autre d'Kzi-ctiiel.

et, sans entrer dans aucun détail, ces deux passages sallisent punr prouver 4 1 li< 1 . rmili'iiiri'iiii'iil iï l'upiiiiim vulgaire, pendant (oui ee qu'on appelle le régne de Moïse, les Iribus demeurèrent le plus souvent en opposition ù Jehovah. • M'avez-voua offert des snenlices dans li' désert pendant quarante ans. m nisi <!■ d'Israël, dit Amos ? Vous ave/, porte h.- tabernacle de votre Mohieb, le Kijun. voire idole, réloilc de voire Dieu, que vous vous étiez ralii'ii[uee. > (V. 2"i.; On ne snurail demander nu témoigna ko plus précis cl plus authentique. Ce témoignage n'a jamais clé conteste chez le? Juifs. Bien plus, on le trouve repele. pour ainsi dire, mot pour mol dans le disiyiurs que le livre des Ailles met dans In bouche de saint Etienne: » M'avez-voas tilTerl des victimes et des san-Mices pendant quarante ans dans le désert? Vous avez porte le tabernacle de Moloeh , l'étoile de votre dieu Hein pli an idoles tue vous vous élieï failes pour les adorer. » (AcL, vu, -ii.) Ezcchicl nous en

taure olHlin 'e îles Irilets a l;i piv.liiMti I > J 'hnvah , 1 urs continuels retours à la religion des idoles, une suite de dangers, et. h trois reprises, des crises dans lesquelles in naliim manque de périr; ensuile, à l'épaqua où elle se fixe par la conquête, rétablissement, par compromis, d'une législation imparfaite, bien que seellee dn nom de Jjhovnh, et. en dernier lieu, sous les rois, une sourie conn -xion entre les invasions du culte de Moloeh et l'ancien mite iln desi'i'l. < La maison d'Israël, dit ce prophète, s'est mise en opposition contre moi dans le désert; elle n'a pas marche dans mes lois, elle a rejeté mes ordonnances dans lesquelles celui qui les observe Ironie la vie. 1 1 elle n entièrement profané nies sabbat:-: et je dis : Je répandrai sur eux ma fureur dans le désert cl je les exterminerai.. Mais mon teil mil le pardon sur eux. et je n'ai point fait l'extermination dans le désert. .Mois je dis à leurs lils dans le désert : Ne marehen point dans les préceptes de vos pères, ne gardez pas leurs ordonna nées, ne vous souillez

pas dans leurs idoles. Je suis le Seigneur votre Dieu : marchez dans mes préceptes . gaule/ mus ordon nuises cl ubsorve/.-les , et sanclilie/ mes sabbats, afin qu'ils soient un signe entre moi et vous... Mais leurs lits m'ont (itTciisé , ils n'ont pas marché dans mes préceptes, ils n'ont pas yanL; un s ordonnances, d.-ms lesquelles celui qui les observe trouvera la vie, et ils ont profané mes sahbats. J'ai menacé de répandre mu fureur sur eux et de satisfaire ma colère contre eux dans le désert. Mais j*ai détourne mes mains, et je l'ai foit a cause de mon nom... Et encore j'ai levé ma main contre eux, dans le désert, pour les disposer parmi les nations et tes vanner sur la terre, parée qu'ils n'uvniciil pus suivi mes nrdnnnnuces, [ju'ils avaient rejeté uns préceptes, qu'ils avaient profané nies sabbats cl que leurs yeux étaient sur les idoles de leurs pères. El aussi je leur ni dormi' des préceptes qui ne sont point bons it des ordonnances dans lesquelles ils ne trouveront pas In vie :je les ai souilles dons leurs ollïandes. lorsqu'ils oltïent pour leurs pèches

tout ee qui est premier -ne... C'est pourquoi, dis ù lu maison d'Israèl : Voici ce que dit le Seigneur Dieu ; vous vous souillez dans la même voie que vos përes, et vous vous prostituez dans leurs aiitiminclions el dans l'oblaliou de vos sacrifiées, et, lorsque vous livrez vos tils par le feu, vous vous souillez dans vos mêmes idoles jusqu'à aujourd'hui. • IXS, 13. 31 ]

Ainsi, au temps où In nation était encore dans ses limbes,

l'idée de Jchnvnh pouvait bien avoir commence à conquérir les énies d'élite ; mais il s'en fallait qu'elle régnât universellement ; les masses penchaient Irop cnrnuiunemeiil ailleurs. Assaillies par toutes les dilliculles de l'existence, au milieu de es contrées déshéritées, ces malheureuses tribus ne se sentaient pas capables île soutenir un Dieu inconnu à tout le reste du monde, et se laissaient aller u celui qu'elles voyaient adore de tous cotés autour d'elles. < Leur cœur marchait derrière les idoles, ■ connue dit le prophète. Nonobstant les elTuHs de celui qui avait su l 's stimuler dans leur esclavage el les enlever à I Egypte, a peine rendues a clles-méiues, elles rentraient, par un penchant obstine, dans la communauté de leurs sieurs, el. pour qui eiil olors observe la p 'iiinsule arabe, la

Sur ee dernier poinl si essentiel par ses conséquences, l'Exode même, attentivement considérée, donne une ouverture assez frap-

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