‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 10 sur 240 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Suite des faits constatant l’insuffisance de médicamenter

à priori.

Quoique l’expérience de tant de siècles soit diamétralement opposée aux résultats que l’on demandait à la méthode de traiter les maladies à priori , les médecins n’en ont pas moins conservé l’habitude de vouloir pénétrer, par les voies métaphysiques, dans le sanctuaire de la nature souffrante, pour y découvrir les moyens d’arriver à la solution du problème, sans se douter qu’ils s’éloignaient de plus en plus du but proposé ; une fausse direction entraîne sans cesse dans l’erreur, il devient alors impossible de sortir du cercle vicieux où l’on s’est précipité. En effet, tous les médecins ignorent encore si la fièvre dite sinoque (qui est une maladie des plus communes), est idiopathique, si elle provient d’une irritation locale ou bien si elle procède d’une inflammation interne ; à cette incertitude il faut rapporter une foule de méprises plus ou moins fâcheuses, et par une conséquence nécessaire à l’abus de tout caractériser par l’à priori.

Un autre fait non moins désastreux auquel les praticiens auraient dû donner plus d'attention depuis fort longtemps, est la considération de la phlogose. Cette maladie frappe les yeux de tous, tant elle est habituelle et se trouve constamment unie aux signes extérieurs les plus palpables, et cependant elle n’en est pas moins encore un phénomène très-obscur, non-seulement parce que la seule idée d’une excessive excitation n’est point satisfaisante, mais encore parce que jusqu’ici personne n’a pu comprendre le véritable état dynamique du principe sensitif de la personne affligée de phlogose ou de toute autre maladie. Par la même raison, l’on croupit dans l’incertitude relativement à la fièvre ardente ; on ne sait point si elle est une espèce du genre inflammatoire ou bien une maladie composée de l’une et de cette autre que les médecins appellent fièvre bilieuse. Tel est le résultat de la mauvaise voie adoptée pour connaître la cause prochaine et la nature des phénomènes morbifiques, quand on néglige l’étude approfondie de leur forme externe ou des symptômes des maladies.

On a bien tenté plus d’une fois de pénétrer dans l’intime caractère, dans la partie secrète des diverses affections du système nerveux, mais la nature s’est constamment refusée aux plus pressantes investigations. Il est vrai de dire que l’on s’y est mal pris en se plaçant sous l’influence métaphysique; voilà donc pourquoi, après tant de travaux

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