CHAPITRE IL
inutiles, on ne connaît pas plus le mode d’existence de ces diverses affections dans les nerfs que lorsqu’on les entreprit. Les affections nerveuses sont encore, comme par le passé, indéfinies, enveloppées de ténèbres ; et comme elles ne laissent point après elles de traces d’altération organique, quand cela arrive par hasard il n’en résulte point un avantage direct, puisque les moyens les plus raffinés, mis en œuvre pour les observer, sont insuffisants pour les rendre palpables aux sens. Tout ce que l’on sait de ces maladies se réduit à la simple et nue connaissance qu’elles affectent avec une étonnante sympathie , le système nerveux , en l’envahissant tantôt d’une part, tantôt de l’autre, tantôt d’une manière remarquable, tantôt suivant une règle mystérieuse ; mais la détermination du siège principal n’amène pas à l’indication de son caractère propre. En d’autres termes, le système nerveux est le siège et le foyer de plusieurs affections, mais on ignore leur nature ; aussi l’art se montre-t-il incapable de les traiter régulièrement et toujours avec un égal succès. Puisque tous les médecins avouent sans détours, que pour la cure des maladies nerveuses, le cas le plus habituel est de se laisser guider par un mode aussi vague qu’il est incertain, quand il n’est pas positivement nuisible, comme on le voit d’ordinaire pour les diverses sortes de paralysie^ épilepsie, tétanos, pour la chorée, la catalepsie, etc. Et combien de fois ne reparaissent point les mêmes
maladies de nerfs, après les avoir guéries? Le spasme, les vertiges, les erampes, les migraines, et autres semblables affections nous en fournissent chaque jour de nombreux et humilians exemples.
Ou les affections nerveuses résistent souvent aux moyens inventés jusqu’ici pour les combattre, ou elles dégénèrent en désordres plus ou moins graves, plus ou moins fatals, principalement quand elles intéressent l’organe cérébral. D’un autre côté, il est nécessaire d’avouer que l’on ne connaît point comment la nature opère, quelle est sa véritable marche dans le moment de l’invasion, dans celui du développement et de la métastase; on ignore la cause qui les détermine à sympathiser ensemble , avec l’organe cérébral et avec les nerfs. D’autre part, l’on doit fort peu attendre des apparences anatomiques pathologiques (quand celles-ci se manifestent) parce qu’elles ne diffèrent point des effets produits par les mêmes affections ou accidents survenant durant leurs longues périodes, puisqu’il résulte de l’observation pratique que les traces d’altération organique qu’elles laissent sur le cerveau ou sur ses membranes, proviennent de l’irritation ou congestion des vaisseaux sanguins. L’une ou l’autre affection nerveuse peut à la longue engendrer des perturbations soit sur la dure' mère, soit dans la substance même du cerveau. Il ne convient pas d’en inférer cependant que ces altérations organiques en font la cause prochaine ou éloignée, et qu’elles