‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 12 sur 240 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

en constituent, comme on le répète vulgairement, le fond ou la nature intime. Il vaut beaucoup mieux dire que les affections nerveuses et les altérations organiques que l’on observe dans Couverture des cadavres de personnes mortes de semblables maladies, sont, les unes comme les autres, le produit d’une irritation ou congestion qui peut survenir d’un instant à l’autre. C’est la congestion qu’il faut combattre au début de certaines maladies du système nerveux, et non pas les altérations organiques qu’elles amènent après elles, parce qu’alors il est trop tard et inopportun le moment de les attaquer. Les preuves de ce que nous avançons nous sont fournies par l’observation pratique. Par exemple, nous convenons en effet que chez certains individus , ayant succombé à l’épilepsie, on a découvert, en les disséquant, plusieurs tubercules dans le cerveau, mais chez le plus grand nombre on n’en trouve aucune trace, nous ajouterons même pas le plus petit indice d’une altération quelconque de cet organe, ce qui prouve que l’épilepsie peut exister sans qu’il y ait dérangement positif dans le tissu du système cérébral. Voilà ce qui nous porte à dire que l’irritation ou la congestion peut déterminer une excroissance sur la dure-mère, l’épaisseur extraordinaire de son tissu, des tubercules sur le cerveau des personnes mortes de maladies nerveuses.

On sait que le cerveau des fous se montre souvent, tantôt pour ainsi dire dur, tantôt réduit à

une mollesse extrême, ou bien fongueux ou surchargé de tubercules ; tandis qu’à l’autopsie d’un grand nombre de corps ayant également succombé aux accès de la folie, le cerveau s’est trouvé sans taches et dans l’état normal le plus satisfaisant. Ce fait prouve de la manière la plus évidente que les altérations du cerveau (quand elles existent) sont dues au désordre dynamique, ou désaccord primitif des forces de l’organisme, et non point qu’elles sont la condition pathologique ou la cause prochaine de la folie. Pour corroborer une semblable conclusion, vient s’adjoindre l’allure qui résulte du développement ordinaire des affections organiques. En effet, lorsqu’une partie quelconque de la machine humaine, pour une cause ou pour une autre , est assaillie par une maladie ou une simple affection, celle-ci, de son côté, peut changer peu à peu sa structure saine en morbifique, parce qu'il est naturel que, si Faction des vaisseaux sécrétoires de la partie malade vient à s’altérer à cause du séjour plus ou moins prolongé de l’affection, les mêmes vaisseaux ne transportent plus les molécules homogènes ou les substances propres à son organisation, et de là vient l’altération des parties affectées qui frappe les yeux de Fanatomiste dans l’autopsie. Comment peuton alors découvrir la nature des premiers linéaments des maladies internes empreints sur le tissu des viscères ou des organes , quand on voit que les altérations organiques sont l’effet,

Page 1