‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 112 sur 240 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

» et parce que je vous entretiens crime médication » nouvelle , qui m’a toujours réussi depuis que je » la pratique, vous me rangez de suite au nombre » des imposteurs, ou tout au moins dans la foule » des imbéciles qui acceptent tout sans le juger. » Je vous ai écouté sans humeur; maintenant prê- » tez-moi toute votre attention. L’étranger que » vous voulez désigner n’est nullement ce que » vous en pensez : loin de là, c’est un homme fort » honorable et en même temps un savant méde- » cin , c’est le docteur Necker, chargé du service j> médical de l’armée d’occupation dans les états » de Naples ; sa doctrine n’est point un secret, » c’est le résultat d’une découverte fort belle , lu- » mineuse, faite par un illustre praticien allemand, y> le docteur Samuel Hahnemann , et à laquelle il » a consacré sa vie et pour le développement de » laquelle il s’est livré à d’immenses travaux. Cette » découverte guérit en augmentant d’abord le mal , » puis elle le détruit à l’aide de doses réduites à des » millièmes de grain d’une ou d’une autre substance » médicinale. Cette découverte, comme toutes les » autres , demeurait cachée dans le trésor de la » nature ; il fallait l’en extraire ; toutes les choses » possibles au bien des humains sont loin d’être y> toutes inventées ; les sciences d’autrefois ne » peuvent demeurer ce qu’elles étaient , il faut » qu’elles suivent la marche des siècles et l’impul- » sion que leur imposent l’entendement et ses *> progrès. Cette découverte appartient à notre

» époque, elle l’honore comme celle de Colombe et » de Galilée, qui firent la gloire des âges derniers. » Dans un siècle de scepticisme et d’investigations » comme le nôtre , dans un siècle où la masse des » connaissances et des imperfections indiquées et » constatées, où l’esprit humain cherche avec plus » d’énergie , de méthode et de persévérance que » jamais à pénétrer plus loin , dans un siècle qui » produirait Luther et Newton s’il avait pu être » produit sans eux , est-il donc impossible que la » science la plus difficile, la plus importante et la » moins avancée de toutes les autres sciences » naturelles , eût aussi , à son tour, sa grande ré- » volution? Cette idée vous étonne, vous tour- » mente peut-être, ainsi qu’elle m’étonna, me » tourmenta moi-même et beaucoup d’autres. d Croyez- vous que Maquer, Sage, Baumé, Serao, » qui furent de très-honnêtes gens et de savants » chimistes , qui virent naître Lavoisier, auraient » voulu consentir à vivre sans phlogistique et res- » pirer de l’oxygène? Est -il donc nécessaire que » les préventions et l’aveuglement de nos aïeux » et de nos prédécesseurs soient des leçons per- 3> dues pour nous? Faut-il que les contemporains » de toutes les découvertes commencent tou- 3> jours par les repousser et même par les rejeter?

» Écoutez-moi jusqu’au bout: le temps fuit rapi- » dement et votre épouse est en imminent danger. » Voyez le docteur Romani : ainsi que moi , vous 3> connaissez sa bonne réputation; il est considéré

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