‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 118 sur 240 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

souvent qu’un soulagement plus ou moins précaire, ont aussi, de leur côté, été scandalisés de cette proscription absolue, et se montrent toujours les plus chauds partisans des émissions sanguines. La routine, comme la mode, est la reine des hommes. Il faut dire ici que l’autorité de nos premiers maîtres a singulièrement contribué à en entretenir l’usage. Ils faisaient, en effet, dépendre le plus grand nombre des maladies de la plénitude des vaisseaux sanguins ou de pléthore, et par conséquent ils déclaraient la saignée de première nécessité. Nourris de cette doctrine, il n’est point surprenant que leurs élèves et disciples se soient accoutumés , dès les prerpiers temps de leur éducation médicale , à suivre la route qu’on leur a ouverte, et de les voir trouver étrange la science homœopathique, qui bannit à jamais de son code la saignée, les sangsues et les ventouses.

Avant d’aller plus loin, observons, en passant, que ces mêmes partisans ou panégyristes des émissions sanguines se garderaient bien de suivre en ce moment, comme le faisait Hippocrate, les règles de la médecine expectante , ou d’adopter l’exemple des anciens praticiens de fortement couvrir les enfants attaqués de la petite vérole, de la fièvre scarlatine, etc., ainsi qu’on avait l’habitude de le pratiquer avant l’introduction de la méthode anti-phlogistique de Thomas Sydenham. Ils ne voudraient point suivre la manière de Boerhaave, et déduire le plus souvent le diagnostique des ma-

ladies parla dégoûtante inspection des déjections, ou bien remettre en vigueur les règles de la pratique de Brown, celle d’administrer l’opium, le quinquina, le vin, l’alcali volatil et autres stimulants dans les inflammations chroniques et dans la phlogose asthénique, qu’il déduisait de la faiblesse indirecte.... Or, si toutes ces pratiques, également prônées et adoptées par nos premiers maîtres, ont été successivement abandonnées, honnies même par d’autres médecins pour ne les avoir point trouvées compatibles avec les progrès de leur art et pour les avoir reconnues en contradiction manifeste avec l’observation pratique , pourquoi voudrait- on ne point permettre aux médecins homœopathes, jaloux de l’avancement et du perfectionnement de Fart, de rejeter les soustractions du sang, quand l’expérience de tous les jours, de tous les instants, les leur montre en opposition avec les lois de la nature et de la raison ? Que les praticiens de la vieille école nous apportent un seul fait, un fait bien constaté d’un malheur résultant de la proscription de la saignée, et nous serons les premiers à blâmer la science homœopathique. Mais comme nous leur portons le défi d’argumenter sagement sur ce point de doctrine vraiment philosophique, nous allons le justifier à tous les yeux et sous tous les rapports dans la suite de ce chapitre. Nous invitons les incrédules et les routiniers à nous suivre pas à pas.

En premier lieu, nous remarquerons que les

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