CHAPITRE II
l’accident ou la conséquence du cours plus ou moins long de ces mêmes maladies? Le secret est tout entier dans l’art d’en distinguer le début dynamique, sans perdre un temps précieux à chercher, sans espoir de succès, ce qui échappe aux sens. Autrement le désordre de l’action vitale des parties affectées ne peut, à la longue, qu’augmenter et devenir la cause de ces altérations organiques que la majorité des médecins confondent, bien à tort , avec la nature des maladies internes.
De tout ceci l’on peut clairement conclure que toutes les maladies du corps humain , physiques ou morales , ont été considérées sous un point de vue diamétralement opposé à celui de la nature , et cette grave erreur d’exprimer avec de fausses couleurs la physionomie (qu’on me passe l’expression) des infirmités humaines , a nécessairement donné plus d’énergie à la résistance qu’elles ont opposé aux efforts des praticiens sages et expérimentés.
Il est impossible de nier que le scorbut, par exemple, les scrophules, l’asthme, la phthisie pulmonaire, etc. , continuent à rendre nuis les moyens les plus héroïques employés contre eux. La raison de ce pénible et douloureux fait réside positivement dans la fausse direction que suit Fart de guérir; elle l’induit à déclarer que le scorbut consiste dans une dissolution putride des humeurs, dans la prostration des forces des solides, et même dans la triste combinaison de cette double circonstance ;
aussi, par suite d’une théorie aussi ridicule , tout remède est impuissant pour combattre le scorbut avec chance de succès et dans le sens de la nature.
On s’appuie sur un semblable fondement relativement aux scrophules, puisqu’on assure que cette affection consiste tantôt en une acrimonie du sang, tantôt en une sorte d’acidité de sa partie séreuse , et meme en une atonie générale ou dissolution de tout le système. De la sorte il devient impossible d’y porter remède et d’offrir la moindre résistance aux progrès du mal. Il en est de même de l’asthme ; quand on le considère à 'priori, les médicaments demeurent sans action ; l’hypothèse sur laquelle on s’appuie, rend le mal rebelle à tout ce que l’on veut lui opposer. Que peuvent contre la phthisie pulmonaire les remèdes pectoraux , émollients, adoucissants, le lait d’ânesse et autres dont on fait ordinairement usage? Si on les considère comme agents médicamenteux , ils ne diffèrent point des palliatifs , qui sont incapables d’amener une guérison réelle ; ils leur ressemblent en tout et pour tout, puisqu’ils dérivent de la fausse opinion que l’affection des poumons est un état local d’irritation , ou , comme le disent quelques médecins, d’une congestion chronique. Us la médicamentent par les contre-stimulants , tandis que d’autres emploient des remèdes pour arrêter les altérations de la mixtion organique , dans lesquelles ils voient la nature du mal. En attendant, au milieu de ces contradictions, laphthi-