CHAPITRE XV
son côté , n’eût point exagéré les saignées générales et locales dans les mêmes maladies de faiblesse indirecte du praticien écossais, et que lui , Broussais , appelait maladies d’irritation. Il faut soumettre l’usage des remèdes à la véritable connaissance des maladies naturelles , et non pas à la théorie créée par l’imagination sous le nom de maladies artificielles. Et cependant le contraire a toujours été suivi par la vieille école : aussi a-t-elle toujours agi en opposition manifeste avec la nature , aussi ses erreurs ont-elles été bien souvent funestes à la pauvre humanité.
Ce qu’il y a donc de positif, de démontré par ce qui précède , c’est que la non-existence de la pléthore et l’inutilité des saignées générales ou locales résultent clairement de l’expérience, le seul juge compétent pour dissiper toute espèce de doute sur ce point capital de la médecine pratique. Chacun peut aisément s’assurer de ce fait par lui-même, que, en administrant à un individu pris d’une gastrite ou gastro-entérite , aiguë ou chronique , une dose infinitésimale de noix vomique , d’arsenic ou de pulsatille, etc., le mal cède après l’usage de ces remèdes. Ce fait résulte d’une longue suite d’épreuves faites avec tous les soins que réclame la position actuelle du malade. Jamais on n’obtiendra d’aussi prompte , d’aussi certaine guérison en recourant , comme on le fait d’ordinaire , aux saignées générales ou locales , lors même que la gastro-entérite dépendrait de ce qu’on
appelle la pléthore, ou d’un état d’irritation, mot vague ou trop général vulgairement employé. De même la cephalitis, ou inflammation du cerveau, cède d’ordinaire à l’action de la teinture homœopathique d’aconit , d 'arnica montana , de belladonna , etc.; la splenitis, ou inflammation de la rate, d’ordinaire , ne résiste point à la préparation homœopathique du soufre ou de Yignatia ctrnara. Il en est de même de la cystitis, ou inflammation de la vessie, au moyen delà bryoniaalba, la teinture homœopathique des cantharides, etc. L’inflammation de la luette disparaît sous Faction de la préparation homœopathique d’acide phosphorique ; la pulmonie, ou inflammation des poumons, sous celle de l’aconit, de la scille, du rlius radicans , etc.; Fhepatitis, ou inflammation du foie, sous celle delà noix vomique , du mercure, du quinquina, etc., etc., toujours entendu que ces substances s’administrent à une dose infinitésimale.
A l’exposé rapide de tous ces faits , que les médecins de la nouvelle école recueillent et constatent à chaque instant , quel est le praticien de bonne foi qui voudrait encore douter de l’inutilité, nous dirons plus , du danger des émissions sanguines dans le traitement des maladies ? En supposant même, ce qui ne se vérifie point régulièrement dans la pratique de la médecine, que les soustractions du sang soient nécessaires pour obtenir la cure des maladies inflammatoires ou autres, nous demandons quelles raisons apporteront les parti-