CHAPITRE XVI
ou si l’on aime mieux une relation, une convenance bien marquée entre les maladies et les remèdes homœopathiques bien dirigés, et c’est justement cet intime rapport qui permet que la dose la plus minime de ces remèdes se trouve suffisante ou bien assez énergique pour détruire le mal.
Un fait à l’appui. Celui qui approche du feu la partie brûlée applique par instinct le remède dans le sens de la brûlure, il augmente jusqu’à un certain point son degré d’intensité par Faction du feu lui-même, qui produit la guérison en très-peu de temps. Le court espace durant lequel on tient la partie brûlée en face du feu, représente dans ce cas la petite dose du remède homœopathique. Si l’on tenait, au contraire, plus longtemps qu’il le faut la partie brûlée devant le feu, son action trop prolongée, qui représente alors la dose ordinaire des remèdes, au lieu de guérir, amène de nouveaux paroxismes et retarde d’autant plus l’espoir d’atteindre le but du traitement. Quand les remèdes agissent en sens contraire à celui des maladies, on peut recourir, si l’on veut, à la dose ordinaire. En effet, si, au lieu d’approcher du feu la partie brûlée, on employait l’eau froide, laquelle agit en sens contraire à la brûlure, l’on est maître d’en prolonger Faction aussi longtemps qu’on le juge convenable, puisqu’elle n’augmente nullement la brûlure. Le temps plus ou moins lent que l’eau fraîche met à agir, représente à nos yeux la dose ordinaire des remèdes antipathiques.
Il est bon d’observer ici que la division et subdivision d’un remède homœopathique quelconque en petites portions (n’importe de quelle ténuité elles soient), ne détruisent point la petite dose d’action ou de vertu que peut posséder chacune de ces particules ; loin de là , et c’est précisément cette petite dose d’action ou de vertu qui répond exactement au besoin de guérir les maladies ; car, il faut le dire, ce n’est pas la masse des doses ordinaires qui convient à leur caractère dynamique. Ne sait-on pas quel calme bienfaisant apportent dans l’esprit des malades, et surtout des hypocondriaques, les simples paroles consolantes du médecin, qui ne sont ni matérielles ni susceptibles d’être pesées? ne sait-on pas que souvent elles ont fait plus que les remèdes pour obtenir une guérison complète? Si ce fait est constant, comme personne n’en doute, pourquoi refuser d’admettre que la décillionième partie, par exemple, d’un grain de l’un ou de l’autre remède homœopathique, qui pèse plus que toutes les paroles de consolation débitées par un praticien adroit observateur, puisse opérer ce même résultat?
L’histoire de l’homme est remplie de faits étonnants ou de graves et fatals désordres causés tantôt par des nouvelles funestes ou d’un bonheur inattendu. Les sensations plus ou moins profondes qu’elles ont suscitées, ne peuvent pas être appréciées par le poids, et cependant elles ont amené des maladies sérieuses, et parfois la mort! Levul-