‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 129 sur 240 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

à un sérieux examen, pour découvrir en eux ce qu’ils offrent de juste et d’utile à l’application.

Ce qu’il y a de certain, comme nous l’avons vu précédemment (chapitre xiv) , c’est que les docteurs Romani et desGuidi rendirent la santé à des malades de longue date que les plus habiles médecins de la vieille école, tels que Albernethy de Londres, Broussais et Gall de Paris, avaient abandonnés. On ne peut point, pour cela dire, que ces derniers aient été moins instruits que les premiers; mais ils suivaient, dans le traitement des maladies, les erreurs de la vieille école, ils avaient recours aux remèdes administrés à la dose ordinaire, et par conséquent ne guérissaient pas. Les médecins de la nouvelle méthode, en adaptant la loi des semblables à ces mêmes maladies, et en prescrivant les remèdes à une dose infinitésimale, eurent le bonheur d’atteindre promptement et réellement le but de la cure. A quoi donc sert de crier sans cesse contre les petites doses des remèdes homœopathiques , quand il est constant qu’elles répondent parfaitement au besoin actuel et qu’elles triomphent toujours là où les doses ordinaires viennent échouer?

Ce qu’il y a de plus blâmable encore de la part des adversaires de Fhomœopathie, c’est de dire hautement que les remèdes de la nouvelle médecine pratique ne sont que des poisons ! Je veux croire cependant que ce moyen d’épouvanter les malades qui se confient à nous, n’est point le résultat

de la perversité ou seulement du désir très-répréhensible de nuire à nos semblables , en les éloignant de nous, en leur ôtant le juste espoir d’être guéris , et en les tenant dans le cercle vicieux des incertitudes sur lesquelles reposent les bases de la médecine pratique ordinaire. A ce propos, il nous importe de rappeler à la mémoire de nos lecteurs la contradiction singulière et tout à fait ostensible dans laquelle sont tombés les partisans aveugles de la vieille école, puisque les uns, ainsi que nous venons de le voir, attaquent sérieusement ou par ironie la dose infinitésimale des remèdes homœopathiques, en disant qu’ils sont impuissants à produire le moindre effet utile ou nuisible sous une aussi petite dose; tandis que les autres les condamnent comme éminemment dangereux à cause de leur action vénéneuse ! Gomment est-il possible, leur dirons-nous , que ces mêmes remèdes soient nuis par rapport à leur insuffisante action , et tout à la fois nuisibles, au point d’être assimilés aux poisons ? La contradiction est tellement visible qu’on ne doit point la considérer comme sérieuse et digne de nous y arrêter.

S’il était cependant surgi dans l’esprit des médecins contraires à l’homœopathie le plus léger soupçon que la nécessité d’administrer les remèdes homœopathiques à une aussi faible dose provînt de leur caractère vénéneux, un pareil soupçon se dissiperait à l’instant même, quand ils sauraient que ces remèdes ne diffèrent nullement des médi-

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