‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 130 sur 240 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

caments employés journellement par les médecins de la vieille école , qu’ils ne s’en éloignent que par les doses qu’ils ordonnent à forte quantité, tandis que les médecins homœopathes les réduisent à leur plus simple expression , sous un volume infinitésimale. Qui croira maintenant que les memes remèdes ne sont point dangereux administrés à dose immodérée, tandis qu’ils le deviennent du moment qu’ils sont réduits à la plus petite dose possible ? Pareil raisonnement répugne au sens commum, disons plus , pareil raisonnement est folie !

Il y a, certes , injustice à vouloir toujours révoquer en doute l’efficacité de la dose infinitésimale des remèdes homœopathiques sans chercher à s’assurer, avant de blâmer, si la voie de l’expérience ne justifie point cette ténuité et ses résultats. Cette méthode est aussi répréhensible, aussi désobligeante que l’accusation d’empoisonnement attribuée si gratuitement aux remèdes homœopathiques. Un fait va le démontrer. Les partisans de la vieille école prescrivent l’extrait alcoholique de noix vomique à la dose d’une douzième partie d’un grain, quand les médecins homœopathes l’administrent à la décillionième partie d’un grain. Si l’extrait alcoholique de noix vomique n’est point nuisible à la dose d’un douzième de grain , pourquoi l’est-il à une dose infiniment plus petite? J’en dis tout autant des autres substances médicamenteuses connues et employées

jusqu’ici. En effet, les médecins de l’ancienne école donnent l’opium à la dose d’un grain ou d’un demi-grain, et en le prescrivant à cette dose il n’est point un poison, selon eux, tandis qu’ils le dénoncent comme tel réduit par les médecins homœopathes à la faible dose d’une millième partie de grain, etc., etc.

Si , après avoir démontré par la voie de l’expérience et à l’aide du raisonnement , toute la nullité des motifs qui décident les médecins de la vieille école à repousser la pratique de l’homœopathie, ils continuaient à se montrer hostiles à ses principes, on pourrait, sans aucun doute, découvrir la source de leur opposition dans le regret de devoir abandonner une pratique routinière, de se livrer à de nouvelles études à un âge peut-être trop avancé , ou , ce qui nous répugnerait à le croire, dans le besoin tout à fait ignoble de faire la guerre aux progrès de l’esprit humain , de s’opposer à la diffusion des lumières, et par suite de résister à l’avancement de la science médicale. Si l’opposition résultait du grand âge , on ne saurait, il est vrai , en faire le reproche à des hommes dignes de nos égards par suite des services qu’ils peuvent avoir rendus; mais, en retour, nous leur demanderons de respecter les découvertes, nous les inviterons , au moins tacitement , à s’incliner devant elles du moment qu’il ne leur est plus possible de marcher avec le siècle, et de suivre les prog rès de l’art qu’ils exercent encore.

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