‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 14 sur 240 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

sie pulmonaire , sans se détourner aucunement de sa marche rigoureuse , continue à sévir , à léser les viscères et les organes du malheureux patient ; elle épuise incessamment le peu de forces physiques et morales qui lui reste , et il finit par exhaler sa pénible vie comme la flamme quitte la lampe qui n’a plus d’huile. Tel est l’affligeant tableau que déroule sans cesse devant nous une pratique mal entendue , une théorie désastreuse.

Arrêtons-nous un instant sur le mode adopté pour arriver à guérir le squirre , le cancer et les autres sortes d’infirmités voisines. Dans le premier et second cas , la médecine a recours, ici , aux remèdes estimés contraires au sang épaissi ; là, à ceux que l’on regarde comme héroïques contre les tumeurs phlogistiques accompagnées de certaines altérations organiques particulières; ailleurs on donne pleine confiance aux agents curatifs employés pour combattre et détruire la diathèse de l’assimilation ou l’altération inconnue de la mixtion organique. Aussi arrive- t-il que le squirre et le cancer manifeste résistent habituellement aux procédés indiqués , dont le nombre et la variété témoignent assez de l’impuissance de la méthode suivie jusqu’ici.

Les remèdes appelés altérants ont été et sont encore en usage pour détruire les diverses sortes de dartres , et cependant elles se montrent récalcitrantes à tous les moyens employés dans la vue

de purifier la masse du sang et celle des humeurs blanches. L’observation pratique nous apprend qu’on n’a pu les guérir radicalement, ce qui n’empéche pas de recourir toujours aux palliatifs , les seuls jusqu’ici par l’art recommandés.

Une aussi vicieuse méthode pour attaquer les diverses éruptions humorales , la gaie, les croûtes laiteuses , la teigne , etc., est la véritable cause, il ne faut point se le dissimuler, des effets nuisibles qui en résultent (bien plus souvent qu’on ne se l’imagine). Toutes les fois que l’on a recours, pour la médication de ces affections, à l’usage extérieur des onguents ou cérats d’ordinaire à base de substances caustiques, il arrive nécessairement de leur impropre emploi de nombreux et graves accidents. En nettoyant , ainsi que cela se pratique, la tête ou la peau des pustules , croûtes ou autres éruptions qui s’y manifestent , on enlève simplement les parties visibles, tandis que l’on concentre à l’intérieur, on augmente la puissance dévorante du principe morbifique : dès lors il n’est point difficile de s’assurer pourquoi ces maladies reparaissent plus ou moins de temps après la prétendue guérison , et , ce qui est pire, encore moins de découvrir l’origine de ces désordres chroniques qui viennent aggraver la position du patient et lui rendre le fardeau de la vie si pénible à porter.

Et pourquoi la goutte se montrerait-elle aussi opiniâtre à tous les remèdes , même après la longue série d’essais de tous genres que les médecins

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