CHAPITRE XVI
Si , dans les attaques dirigées contre la médecine homœopathique, se glisse le malin plaisir de nuire aux véritables intérêts de la science et aux besoins palpitants de rhumanité souffrante , si l’intention est manifeste de ternir le mérite de la science et d’empêcher ce qui tend à l’amélioration du sort des hommes , un semblable dessein, outre qu’il est condamnable sous tous les rapports, appelle la juste colère de l’homme de bon sens, et celle de la société tout entière , lesquels ne doivent point permettre que , par des moyens sourdement combinés, on aliène les avantages incontestables que leur présente , que leur garantit la nouvelle médecine pratique. Notez bien , en passant, que nous ne voulons pas admettre que cet esprit d’opposition sorte du même principe qui poussait les prêtres idolâtres contre la morale des apôtres, qui les déterminait à soutenir leurs fausses doctrines , non par suite de conviction , mais comme moyen de vivre dans l’aisance et de tirer profit de l’aveuglement de la masse qui les écoutait.
Si enfin aucun des motifs allégués et combattus n’engage les médecins de la vieille école à être opposés à la science homœopathique, il faut donc rapporter leurs hostilités à cette manie de contradiction qui tourmente sans cesse quiconque cède trop aisément aux passions anti-morales. C’est un fait bien triste à remettre sous les yeux du lecteur, et malheureusement il n’est que trop constant !
dans tous les temps , les petits esprits , les ignorants , les êtres jaloux ont été en guerre ouverte contre les bienfaiteurs de rhumanité. A combien de vexations Galien ne fut-il pas exposé à Rome de la part des médecins de son temps? Qui peut avoir oublié celles qui frappèrent Harvey dès que parut son livre immortel sur la circulation du sang, dont il dut la découverte aux idées de Fabrice d’Aquapendente, qui fut son maître étant professeur à l’université de Padoue? Quelle autre récompense obtint Thomas Sydenham pour la méthode anti-phlogistique qu’il admit le premier dans la cure de la petite vérole, de la rougeole, de la fièvre scarlatine, etc., etc.? Toutes les pages de l’histoire , qu’on les consulte pour les siècles anciens ou pour les âges modernes , attestent l’ingratitude envers les génies les plus élevés, envers les âmes les plus dévouées , envers les actions les plus généreuses. Socrate , Christophe Colomb , Galilée, Bernard Palisy, Descartes, Loke, Brown, Jenner, Gall et tant d’autres hommes célèbres n’ont-ils pas eu à souffrir de Finjustice de leurs semblables, n’ont-ils pas été en butte aux persécutions les plus cruelles pour avoir utilement servi la cause de l’humanité ?
Après ces tristes exemples du résultat ordinaire des plus nobles efforts, il est pénible de voir nos contemporains, oubliant les leçons du passé, tomber dans la même faute , et empêcher, quoique infructueusement, la science homoeopathique de