CHAPITRE XVI
répandre ses utiles effets dans tous les rangs, chez toutes les nations civilisées. Pourquoi donc, au lieu de suivre l’exemple de tant de médecins célèbres qui ont pour toujours renoncé à la vieille école pour adopter franchement la nouvelle médecine pratique, les adversaires de l’homœopathie s’entêtent-ils encore à attaquer sans cesse les remèdes qu’elle administre avec succès contre les maladies, tantôt en disant qu’ils ne produisent pas le moindre effet , soit utile , soit nuisible , à cause de leur dose infinitésimale, tantôt en les accusant d’être vénéneux, alors même que l’expé- „ rience journalière détruit leurs assertions erronées ou leurs faux scrupules?
Pour que les partisans ne viennent pas donner un sens opposé au but de notre mission , en parlant sans détours et avec assurance comme nous l’avons fait jusqu’ici en faveur des principes de la science homœopathique, il nous semble nécessaire de protester en ce moment, dans toute l’ingénuité de notre caractère, que nous n’avons aucune ambition , que nous ne prétendons point nous ériger en défenseur aveugle , en propagateur enthousiaste , irréfléchi de la doctrine homœopathique : elle n’a, d’ailleurs, nul besoin de notre faible secours. Résultat de la raison et de l’expérience, elle a pour elle le suffrage de la pratique, le cachet de la science, le type essentiel du vrai, du bon , de l’utile ; elle triomphera de toutes les absurdités que l’on débite contre elle. Médecin
éclectique , jamais sectaire d'une doctrine exclusive quelle qu’elle soit, nous avons dit ce que nous avons observé au lit des malades, ce que l’expérience journalière nous apprend, ce que la raison nous dicte. Notre intérêt le plus cher, celui que nous appelons de tous nos vœux, c’est d’ouvrir la route qui doit amener au commun accord de tous les médecins, c’est de les voir adopter la véritable science médicale, et marcher droit sur une même ligne au but essentiel de notre ministère, le mieuxêtre du genre humain; car tant que les praticiens ne seront point d’accord entre eux, ainsi qu’on le voit aujourd’hui et comme nous allons le démontrer de nouveau dans le chapitre suivant , tant qu’ils ne suivront pas tous le bon chemin , qu’ils n'auront pas la même règle de direction pour le traitement des maladies , nous serons autorisés à répéter, avec l’homme de bon sens, qu’ils ne possèdent point la véritable science médicale.