‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 134 sur 240 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

humorales, ou, si Ton veut, la quantité prédominante d’un fluide sur la masse des autres. Vint ensuite Paracelse, qui , pour donner une nouvelle puissance à la médecine empirique, l’appuya sur l’alchimie et l’astrologie. Van Helmont la rendit métaphysique en la fondant sur les anomalies du principe abstrait, qu’il appela archée. BorellietBellini la voulurent mathématico-mécanique, en la plaçant sous l’influence des calculs géométriques et sous celle des lois hydrauliques. Stahl créa la médecine psycologique , tandis que Boerhaave lui reconnaissait le caractère de médecine physique. Culîen la base sur le spasme ; Brown sur l’exagération des stimulants et de l’excitament ; Rasori sur l’excès et le défaut de stimulus , et Broussais en fait une science physiologique en la fondant sur l’irritation ou inflammation des organes de la digestion, qu’il regardait comme la condition pathologique du plus grand nombre des maladies.

D’après ce rapide exposé, est-il possible de s’étonner de l’extrême différence des principes fondamentaux de l’art suivis par les médecins, et de l’opposition qui règne entre eux dans leur pratique , dans leurs prescriptions? Le désordre dominera sans cesse, tant que tous les médecins des pays civilisés n’en viendront pas de bonne foi aux maximes éternelles du vrai, c’est-à-dire aux lois de la nature. Et quand on songe aux calamités surgies du sein de ces désordres, de ces nombreux écarts de l’esprit de système , combien n’a-t-on

pas à gémir do ce qu’ils ont coûté à l’humanité , surtout à l’époque où l’engoûment général faisait ici, sous l’influence de Brown, recourir, pour le plus grand nombre des maladies, à l’opium, au musc, à l’éther sulfurique, au quinquina, à l’alcali volatil et autres excitants de ce genre ; tandis que les anti-browniens recouraient aveuglément aux saignées, aux purgatifs, aux boissons acidulées et autres movens semblables?

Cependant, il faut le dire, du moment que le système médical de Brown a cessé de jouir delà vogue, les médecins sont convenus tacitement entre eux, de le proscrire hautement et d’adopter le système anti-phlogistique pour le traitement du plus grand nombre des maladies : c’est un fait qu’on ne peut nier; il suffit, pour s’en convaincre, de lire les ouvrages les plus récents de thérapeutique publiés en Allemagne, en Angleterre, en France, en Italie , etc.; les uns et les autres montrent , dans leurs prescriptions , la plus grande déférence pour la méthode anti-phlogistique. Ainsi ils louent, par exemple , l’usage des drastiques et du mercure contre les affections spasmodiques ; ils recommandent la saignée jusqu’à l’évanouissement contre le tétanos et Fhydrophobie ; ils administrent le nitrate de potasse et ont recours au froid dans la gangrène ; ils réservent les plus forts anti-phlogistique s pour la dyssenterie , la fièvre puerperalis, la fièvre jaune, la fièvre pétéchiale , etc., etc. ; tandis que , avant ces derniers

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