‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 135 sur 240 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

temps , les mêmes maladies étaient traitées , chez

les uns, par l’emploi des anti-phlogistiquos, et chez

les autres par la méthode opposée. Cependant , tout en louant la tendance de nos contemporains vers l’unité de leur pratique, nous ne devons point passer sous silence la fausse direction qu’ils prennent pour y parvenir. Le siècle exige qu’on se réunisse franchement et sans réserve à une pratique uniforme, que l’on fasse tout pour atteindre à ce but aussi noble qu’il est important, en quittant la route vulgaire adoptée , et que l’on se pénètre bien de cette grande vérité, que la méthode anti- A phlogistique est contraire aux lois de la nature.

On répète sans cesse que le plus grand nombre des maladies résulte de l’irritation ou d’inflammation des organes , et rien ne légitime une semblable assertion ; elle est opposée à l’expérience de tous les jours, qui nous apprend que le plus grand nombre des maladies , qu’on dit provenir d’irritation ou inflammation, ne cèdent pas le plus souvent à l’action des anti-phlogistiques. D’ailleurs il n’est point rare de confondre de temps à autre une maladie d’irritation nerveuse avec l’une ou l’autre maladie , ou affection provenant d’irritation sanguine ou du système de la circulation du sang , d’autant plus que l’art médical n’a

pas eu jusqu’ici un véritable critérium pour empô-

cher les praticiens de les confondre plus souvent qu’on ne le croit. Ensuite , comment doit-on s’y prendre pour s’assurer de la présence d’une in-

flammation, quand elle est latente, obscure, inaccessible à nos sens? Dire que les inflammations laissent après elles des traces positives de leur existence sur les organes , les viscères , les tissus des diverses parties du corps , ajouter qu’on les découvre par la dissection des individus morts d’inflammations, ce n’est point détruire nos observations, c’est au contraire leur donner plus de force , ce n’est point non plus lever la difficulté qui détourne de la connaissance de ce qu’il importe le plus d’acquérir. Les altérations organiques sont ici purement et simplement les effets ou les conséquences et non pas les éléments constitutifs des inflammations. ïl est trop tard de constater le caractère de l’une ou de l’autre maladie quand le patient a cessé d’exister; et lorsqu’on veut lui donner un nom sans recourir au véritable principe qui doit servir de guide dans le diagnostique , on flottera toujours dans le vague , on n’atteindra jamais le but désiré.

Nous conviendrons , en passant , qu’une maladie vulgairement dite de nature phiogistique, ou inflammatoire, exige de suivre la méthode antiphlogistique; mais nous dirons aussi que l’on agit en aveugle, puisqu’on n’a point la certitude d’un caractère inflammatoire. Il faudrait d’abord prouver, par la voie de l’expérience, que le point de départ est positif et juste , ce qui n’a pas été fait jusqu’ici : il y a donc plus que de la témérité à vouloir prendre une simple présomption pour un

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