‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 136 sur 240 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

principe incontestable de l’art. Quelle base , en effet , a-t-on pour soutenir que telle maladie provien t d’inflammation ou qu’elle dérive de faiblesse? Cette base manque encore dans la pratique de la médecine ordinaire.

Fournissons maintenant la preuve irrésistible de la justesse de notre argument. Les partisans de la méthode anti-phlogistique, ou contre-stimulante, avancent, par exemple, que la fièvre pétéchiale, la fièvre jaune, etc., proviennent, dans quatre-vingtcinq cas, d’inflammation du cerveau ou de tout autre organe, et seulement, en quinze cas, du défaut de stimulus ou de faiblesse. En admettant cette hypothèse, nous leur demanderons à quel signe reconnaîtront-ils si la fièvre pétéchiale est due à l’irritation , à l’inflammation, ou à l’absence de stimulus, ce qui répond à faiblesse? D’abord il est impossible de déduire le diagnostique des différentes espèces de fièvres pétéchiales dans leur début , puisque, dans toutes, on trouve abattement des forces musculaires et célérité du pouls. Ensuite, comment peut-on se flatter de déterminer avec certitude si la fièvre pétéchiale dérive d’inflammation ou de faiblesse, dès que le malade est toujours plus ou moins abattu et faible; qu’il se montre avec la pâleur de la mort, les yeux ternes , le front baigné d’une sueur visqueuse , la respiration difficile et pénible , le pouls accéléré , petit, inégal ou intermittent? Si le patient se trouve dans un tel état de prostration de forces ,

comment pourra-t-il supporter, sans grave danger, les effets de la méthode anti-phlogistique sur la simple donnée que la fièvre pétéchiale provient d’inflammation dans quatre-vingt-cinq cas, ou de faiblesse dans quinze cas seulement? Quelle certitude le médecin aura-t-il , dans sa propre conscience, de ne point errer en recourant à la méthode opposée , qui est la stimulante ? Voilà cependant la position dans laquelle se place volontairement le praticien qui adopte le système vague, abstrait, de déclarer de prime-abord le plus grand nombre des maladies résultant de l’irritation ou inflammation des organes; voilà cependant ce qui nuit essentiellement à l’humanité souffrante, et ce qui donne tant de puissance à la méthode anti-phlogistique, laquelle est aujourd’hui plus que jamais à la mode !

Nous en dirons tout autant à l’égard des diverses espèces d’apoplexie, de tétanos, d’épilepsie, etc., etc. Ces affections, d’après les partisans de la méthode antiphlogistique , ou contre-stimulante, peuvent se manifester par tel ou tel autre caractère, c’est-à-dire qu’elles sont susceptibles de dériver tantôt d’irritation ou d’inflammation , et tantôt du défaut de stimulus ou de faiblesse. Ils ajoutent encore à cette bizarre conclusion qu’elles peuvent aussi se montrer sous un caractère opposé, quoique accompagnées de symptômes tout à fait semblables aux yeux des praticiens. Comme on le voit, les partisans de la méthode anti-phlo-

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