‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 137 sur 240 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

gistique ou contre- stimulante, tournent sans cesse dans un cercle vicieux, et sont dans l’impossibilité de décider à coup sûr si l’une ou l’autre espèce d’apoplexie , de tétanos , d’épilepsie , etc. , prend sa source dans l’inflammation ou résulte de faiblesse.

Une preuve de cette incertitude se lit dans la relation suivante due, à l’un des plus savants médecins de l’Europe, le célèbre docteur Tommasini : « Cette femme , dit-il , en parlant d’une 111a- » lade à laquelle il donnait ses soins , cette femme » éprouvait incessamment un sentiment de lan- » gueur; elle était grêle et décharnée, elle avait » le pouls extrêmement faible ; ajoutez à cela son » âge avancé. Sa position m’avait déterminé à 3> employer les excitants ; ils me paraissaient néces- » saires pour arrêter les vertiges , les tremble- » ments, les défaillances dont elle était continuel- 3> lement menacée. Le mauvais succès de cette méd thode , dit-il, me décida ci recourir aux moyens oppo- » ses (1). »

Il y aurait donc non-sens d’espérer atteindre à l’unité de pratique , but auquel tend incessamment l’esprit du siècle, par le moyen de la méthode contre-stimulante ou antiphlogistique, puisque son application est toujours enveloppée d’incertitudes, de tâtonnements vagues , irréfléchis. Quand il s’agit de la vie d’un homme, il importe de marcher avec assurance , de bien connaître

(1) Tommasini, ouvrage cité, page 92.

toutes les ressources de Fart , et d’apprécier la valeur positive des remèdes auxquels on a recours, de la méthode que Fou se propose de suivre. Et quelle sûreté peut offrir une méthode sans principe fondamental? Croit-on s’appuyer sur une base infaillible quand on caractérise la diathèse d’après la nature des remèdes que l’on estime utiles? Cependant c’est ainsi que se dirige la méthode contre-stimulante ou anti-phlogistique , suivie aujourd’hui par les médecins pour combattre la majeure partie des maladies. Citons encore, à l’appui, les propres expressions de l’illustre docteur Tommasini, qui est un des partisans les plus chauds et les plus distingués de la méthode contre-stimulante ou antiphlogistique : « Il ne faut » pas, écrit-il, caractériser la diathèse d’après les » symptômes de la maladie, ou d’après l’état de fai- » blesse, pour ainsi dire physiologique du ma- » lade, mais d’après la nature des remèdes que » l’on juge utile (1). » Nous voilà tout-à-fait sous le joug de la vieille règle ajuvantibus et iœdenûbiis , faute d’un véritable critérium , ou principe fondamental qui manque absolument à la médecine pratique ordinaire.

Autant l’idée de baser la diathèse sur la nature des remèdes que l’on trouve utiles manque de justesse, autant il importe maintenant de bien connaître leur nature essentielle, ou, si l’on veut, leur

(1) Ibidem pag. 90 et 91.

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