CHAPITRE XVIII
cins ont pu citer quelques guérisons éclatantes, s’il arrive parfois à leurs successeurs d’obtenir aussi de brillants succès, c’est parce que, inspirés par leur génie, ils ont su mettre de côté leurs vieilles règles pour suivre , à leur insu, la loi des semblables; de là les prodiges dont ils ne pouvaient se rendre compte, de là les résultats tout à fait inattendus qui les étonnaient et dont ils ignoraient la cause essentielle. De semblables succès sont habituels chez les médecins qui marchent sans cesse dans la voie ouverte par la nature, qui étudient au lit des malades, qui pratiquent l’art de guérir avec désintéressement, et élèvent sans cesse leur esprit au niveau des connaissances acquises par l’expérience. Quand on considère de haut cette différence entre l’ancienne et la nouvelle médecine, on doit blâmer sans réserve l’entêtement de ceux qui refusent de se rendre à l’évidence des faits ; l’homœopathie ou le nouvel art médical a enrichi la médecine de principes stables, bien fondés ; il offre la certitude de son utilité par les heureux résultats qu’il obtient chaque jour , il agrandit la sphère de nos connaissances ; c’est à lui qu’est dû la connaissance de la loi des semblables, au moyen de laquelle les médecins n’ont plus besoin, comme avant sa découverte, de recourir aux inspirations de leur génie, inspirations qui, à vrai dire , tiennent de la hardiesse , je pourrais dire plus de la témérité.
Que le refus d’adopter l’homœopathie , dont
l’existence est un véritable bienfait de la nature, provienne d’un excès d’amour-propre ou de l’esprit de contradiction, dans l’un et l’autre cas, c’est porter atteinte aux intérêts delà science et à ceux si sacrés de l’humanité, puisque les nouveaux faits acquis par l’expérience sont une acquisition qui ne peut qu’augmenter la masse de nos connaissances médicales et nous ouvrir la voie à de nouvelles découvertes. Ce qu’il y a de certain, c’est que, quel que soit le motif donné a îa répugnance d’accepter les principes derhomœopathie, l’on aura toujours à se reprocher deux fautes graves : 1° celle de passer sous silence l’incertitude ou l’insuffisance des moyens de la médecine pratique ordinaire ; 2° et celle de ne pas solliciter l’attention sur F éternelle et fatigante contradiction de ceux qui l’exercent. Qu’un médecin soit plus habile, plus instruit, plus riche d’expérience qu’un autre , il est aisé de s’en rendre compte , mais que tous ceux de la vieille école soient presque toujours en opposition sur le diagnostique et le traitement des mêmes maladies, le public est en droit de s’en étonner et de vouloir en demander la raison, puisqu’ils pratiquent le même art et qu’ils suivent les mêmes règles, et que d’une autre part les maladies se montrent habituellement à leurs yeux , semblables à elles-mêmes. Une pareille remarque aurait dû depuis longtemps éclairer les partisans de la vieille école et leur faire voir que la marche par eux adoptée n’est aucunement