‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 147 sur 240 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

seule règle de direction , c’est-à-dire une seule méthode, ou pour m’exprimer plus clairement, une seule médecine pratique. De la sorte, il est de la dernière évidence que les médecins des diverses écoles et de toutes les nations ne pourront plus s’empêcher d’adopter la même marche au lit des malades, sous peine de se mettre en guerre ouverte avec la nature, et de professer la même science médicale, qui est une seule comme la ligne droite, ou la loi des semblables sa base, son véritable appui et son point essentiel de mire.

Il est déplus un fait incontestable ; si les médecins de tous les pays ont le même intérêt, celui de bien connaître et de guérir positivement les maladies, pourquoi rompre cette harmonie en s’entêtant à suivre au lit des patients des méthodes différentes, diamétralement opposées, sachant surtout que par les moyens qu’elles leur inspirent ils s’égarent sans cesse, au lieu de s’arrêter à la seule bonne, à la seule vraie? La méthode homœopathique est celle de la nature , c’est celle qu’elle suit constamment en rejetant sans cesse loin d’elle toutes les autres , qui sont mensongères, l’ouvrage d’un esprit aventureux, le résultat d’un triste syllogisme, en un mot le point le plus éloigné du véritable but de l’art médical.

Observons encore, malgré les apparences contraires, que la médecine pratique n’ajamais cessé de tendre vers son unité ; si les praticiens ne se sont pas aperçus de cette tendance, ce n’est pas

un motif pour la méconnaître, bien moins encore pour la nier. Venons-en aux preuves : d’abord il est hors de doute que les médecins , quelle que soit leur école ou leur pays, prescrivent tous , sans y prêter la moindre attention, les mêmes remèdes dans un grand nombre de maladies de la même espèce. Cette preuve est incontestable, mais remettons sous les yeux de tous quelques faits bien connus des hommes instruits. On ordonne en général le soufre dans les maladies cutanées auquelles sont plus particulièrement sujettes les personnes qui manient les laines; on prescrit le quinquina contre les fièvres intermittentes qui affligent les contrées marécageuses ; on recommande le mercure dans les cas de syphilis ; on vante Y arnica montana pour combattre la toux convulsive qui survient d’ordinaire vers la fin de la variole volante ; Yasarum europœum est , selon les médecins, héroïque dans la céphalalgie suivie de vomissement; le heaume de Copahu dans la gonorrhée; Yalropa bella-donna contre l’hydrophobie; la chamomilta matricanu dans l’hystéralgie , la cicuta vir osa dans le squirrhe et les tumeurs glandulaires ; la digitalis purpurea dans l’hydrothorax ; le solanum didcamara dans les dartres ; le veratrwn album dans Fhydropisie; Yhyosciamus niger dans les affections cérébrales ; le guaiacum dans les douleurs articulaires et dans le rhumatisme; la squilla maritima dans les affections de la poitrine ; Yarseniùum album dans les fièvres intermittentes opi-

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