‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 148 sur 240 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

niâtres ; le ferrum dans la suppression des menstrues ; le zincum dans les maladies des nerfs ; Y anémone praiensis contre les fièvres rhumatismales obstinées ; la brijonia aibci dans la paresse des organes digestifs ou contre la constipation du ventre ; le daphne mezereum dans les affections cutanées de nature arthritique et compliquées de syphilis; le rliux toxicodendron dans hémiplégie; le veratrum sabadilla et la spigelia antlielmia dans les maladies vermineuses ; le ledum palustre dans la toux convulsive et dans l’asthme; le colchicum contre la goutte; Yujnatia amara dans les convulsions épileptiques, etc., etc.

Les applications de ces remèdes sont justes, convenables; mais, au lieu de les prescrire à doses exagérées, selon le système de la vieille école, c’est-à-dire à grains, scrupules, dragmes, onces et même par livres, les médecins homœopathes les administrent différemment préparés et toujours à une fort menue dose. Sans aucun doute, la différence de forme et de dose des mêmes médicaments ne détruit point le fait que les memes remèdes servent également aux allopathes et aux homœopathes dans un grand nombre de maladies de la même espèce, et que la médecine pratique tende effectivement à son unité.

Or, il est temps de poser le dilemme suivant : ou les médecins de l’ancienne école guérissent aussi bien que les médecins homœopathes les maladies ci-dessus nommées en leur appliquant les mêmes

remèdes, ou ils ne les guérissent pas aussi vite, aussi sûrement que les derniers. Dans le premier cas, toutes choses égales , la forme et la dose des médicaments homœopathiques sont préférables sans aucun doute à la forme et à la dose allopathiques. L’action des substances médicinales employées d’après le système ordinaire fatigue, use, souvent même altère plus ou moins l’organisme des malades : de ce fait, malheureusement, on a chaque année de nombreux exemples. Qui ne se rappelle, en effet , les cas d’obstructions profondes du foie et de la rate que déterminait presque chaque jour le quinquina en poudre , administré à la dose ordinaire d’une ou de deux onces dans le court espace de quelques heures? Ce grave abus n’a cessé de flageller la pauvre humanité souffrante que depuis la découverte du sulfate ou de l’acétate de quinine, qui se donne simplement à la dose de quelques grains. Maintenant si de ce point nous considérions les tristes résultats , nous devrions peut-être dire les funestes accidents , qu’il faut le plus souvent attribuer à l’excès de dose d’acide prussique , de strichnine , de morphine , de belladone , de noix vomique , d’iode, de digitale, de mercure et d’autres substances médicinales; ils laissent presque toujours sur l’organisme humain de profondes traces d’altérations, tandis que, quand on les fait servir à dose infinitésimale , ils ne déterminent aucun inconvénient, bien loin de la, toujours ils produisent des effets salutaires et

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