CHAPITRE XIX
ne compromettent jamais la vie des patients. D’ailleurs , à quoi peut être bonne la vieille habitude de prescrire, de préparer les remèdes à dose exagérée, puisque l’on obtient un bon résultat en les administrant à dose infinitésimale ?
Ou les médecins allopathes , comme nous venons de le dire et comme chaque jour l’observation nous en fournit des preuves nouvelles , 11e guérissent point aussi bien les maladies que le font les médecins homœopathes , quand ils recommandent les mêmes remèdes , nous avons, dans ce second cas, une raison de plus pour condamner et même proscrire l’usage d’ordonner les médicaments à la dose ordinaire. De plus il est bon de noter ici , en passant , que les disciples de la vieille école ne sont point d’accord sur les quantités qu’ils en doivent employer : cette irrégularité vient de l’habitude où ils sont de les expérimenter sur les individus malades, dans le moment où le mélange des effets sollicités par les remèdes et des effets dus à l’action du mal, ne permet plus d’en démêler le degré de force et la véritable action. Ainsi toute la différence des opinions qui séparent sur ce point les médecins de l’ancienne école de ceux delà nouvelle, se réduit simplement à la forme et à la dose des mêmes médicaments qu’ils prescrivent, ainsi que nous venons de le démontrer, dans un grand nombre de maladies de la même espèce. La route qui va droit à l’unité de pratique n’est donc pas si encombrée d’obstacles
invincibles qu'on le dit continuellement ; car dès que les disciples de l’ancienne école se seront assurés par la voie de l’expérience que, pour atteindre le but de la nature, il faut administrer les remèdes à une dose infinitésimale et jamais d’après le formulaire ordinaire, il n’y aurait plus de doute qu’ils ne s’empressassent de se mettre en harmonie avec les médecins homœopathes; il leur serait impossible de résistera l’évidence du fait, qu’on ne guérit avec certitude les maladies, sans nuire le moins du monde aux fonctions organiques, qu’en adoptant la dose infinitésimale dans l’emploi des médicaments. Bien des maladies chroniques , en effet , qui avaient résisté à tous les moyens de la médecine ordinaire , ont cédé graduellement et entièrement à l’action des médicaments homœopathiques,à la joie comme à l’étonnement des patients (voyez à ce sujet le chapitre suivant).
Une autre preuve ostensible de la tendance de la médecine pratique vers son unité doit trouver ici sa place. Nul n’ignore aujourd’hui que les médecins de l’ancienne école prescrivent contre les inflammations de poitrine les antiphlogistiques, c’est-à-dire la saignée, les sangsues ou les ventouses, etc. Eh bien lies médecins homœopathes, au lieu de recourir aux remèdes de diversion ou de dérivation, telles que les émissions sanguines d’usage, arrivent aux mêmes fins en n’employant que des remèdes directs, fort simples, hors d’état