‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 150 sur 240 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

d’affaiblir l’organisme; ils recommandent, à une dose infinitésimale, la teinture d ’ciconitum napellus , de bryonia cdba, ou bien de rhus toxicodendron , etc. Ils évitent ainsi tous les inconvénients, et ils sont nombreux, de la saignée, des sangsues, des ventouses. De la sorte, les remèdes que nous venons d’énumérer peuvent être considérés comme les saignées de la nouvelle médecine pratique ; de la sorte aussi l’unique diversité d’opinions qui divisent sur ce point les médecins de la vieille école et les homœopathes, se réduit seulement à la qualité et non pas à l’indication des remèdes antiphlogistiques employés parles uns et les autres dans le traitement des inflammations de la poitrine. Les résultats obtenus par les premiers, en recourant par les soustractions ordinaires du sang, et par les seconds au moyen de la teinture d’aconit, de bryone ou de rhus, sont les mêmes; il n’y a de différence notable entre eux que le point de départ.

D’après tout ce que nous venons de voir, il est fortement à présumer que les médecins encore entichés de la routine de la vieille école adopteront un jour ou l’autre la réforme, surtout quand ils auront vérifié au lit des malades l’efficacité de ce que nous appellerons les saignées homœopathiques, lesquelles remplacent complètement les soustractions de sang usitées, sans exposer les patients aux graves inconvénients qui peuvent résulter et résultent trop souvent de la sai-

gnée, des sangsues ou des ventouses. En supposant meme, pour un seul instant, ce qui a été confirmé des milliers de fois par l’observation pratique, que la teinture homœopathique d’aconit, de bryone ou de rhus guérisse réellement l’une ou l’autre inflammation de la poitrine sans appauvrir les forces de l’organisme , dans cette hypothèse ne vaut-il pas mieux, sans comparaison, d’éviter, par la pratique des saignées homœopathiques, l’incertitude et les tristes effets des émissions sanguines en usage, qui, lorsqu’elles ne sont pas incontinent fatales, causent toujours aux malades de longues et dangereuses, convalescences?

Il arrive assez souvent que la saignée ordinaire agrandit, je devrais peut-être dire envenime le mal, et ce qui est pire encore , au lieu d’attribuer cette augmentation de mal à son emploi inconsidéré dans les maladies , on la fait dériver de la maladie ou affection elle-même. Pour y remédier on saigne de nouveau; l’on découvre l’erreur lorsqu’il n’est plus temps. Les annales de la médecine pratique fournissent à chaque page des faits aussi désastreux.

En définitive, nous ferons observer que les partisans de la saignée n’ont suivi aucune règle fixe pour déterminer la quantité du sang à demander à la veine ; leur marche sur ce point est absolument arbitraire. Ainsi , en admettant pour un moment que les soustractions de sang soient quelquefois utiles, ce que nous ne croyons point ,

Page 1