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CHAPITRE XIX

l’inconvénient de ne pouvoir préciser la quantité du fluide vital qu’ils estiment convenable à extraire, est une raison de plus pour substituer à la vieille routine les saignées homœopathiques. Ici , répétons-le , il importe de remarquer que les saignées ordinaires diminuent les forces de la vie sans attaquer directement le principe du mal, tandis que les saignées homœopathiques répondent positivement à ce but de l’art et n’affaiblissent aucunement les forces de l’organisme. Ce serait donc vouloir arrêter la marche progressive de l’art en refusant d’adopter la pratique des anti-phlogistiques de l’homœopathiedans le traitement des inflammations des organes de la poitrine.

Disons-le, cependant , il n’est point tout à fait impossible d’ôter aux doutes des médecins de la vieille école, d’une part, leur puissance, et de l’autre l’irrégularité, l’inexactitude, l’insuffisance des effets de la saignée ordinaire, pour ne pas dire leur fausse application ; il suffît uniquement de suivre pas à pas l’observation pratique , la seule qui doit servir de mesure à tout médecin sensé , ami sincère du vrai. Dans la vue de l’éclairer, nous allons consigner ici plusieurs faits sur un point aussi important.

I. Mme Tucei, de Londres, âgée d’une trentaine d’années, était sujette, au commencement de presque tous les hivers , à une sorte de pulmonie. Les médecins qu’elle avait consultés à différentes époques lui conseillaient toujours la saignée

générale et locale, qu’ils avaient, l’habitude de répéter deux et même jusqu’à trois fois; on l’épuisait, et l’on parvenait à combattre l’inflammation pour un temps plus ou moins limité ; mais elle était , selon ses propres expressions , obligée de suivre un régime pour rétablir chaque fois ses forces délabrées ; la convalescence était ainsi fort longue et des plus pénibles. A la cinquième ou

sixième invasion du mal , elle nous fit appeler et s’en remit à nous pour la sauver de ces rechutes trop souvent renouvelées. Nous lui demandâmes d’abord si elle consentait à suivre , dans son traitement , la méthode homœopathique ; sur sa réponse affirmative nous lui administrâmes la huit llionième partie d’une goutte primitive de teinture d ’aconitum ncipellus , ce que la patiente répéta trois fois dans l’espace de six jours. Parce moyen aussi simple qu’héroïque , Mmc Tucci fut en état , dès le septième jour, de reprendre les soins de son ménage et de vaquer librement à ses affaires, puisqu’il n’y eut point de convalescence. Nous reviendrons tout à l’heure sur cette observation.

II. Mmc Savina, Italienne, de l’âge de trentedeux ans , se trouvait affectée d’une congestion chronique des mamelles, par suite d’une répulsion du lait. Son médecin était parvenu à diminuer l’intensité du mal en recourant aux sangsues, qu’il lit appliquer à plusieurs reprises sur les parties malades. Mais bientôt après la congestion passa à l’état chronique , de ce moment elle résista à

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