CHAPITRE XIX
l’emploi des sangsues. Pour y mettre un terme, Mme Savina demanda les secours de l’homœopathie; elle m’appela près d’elle. Lors de ma visite, les seins avaient acquis un volume considérable ; il y avait tension et rougeur ; la patiente se plaignait de pesanteur, suivie de temps à autre de douleurs lancinantes ; nous lui administrâmes aussitôt la décillionième partie d’une goutte primitive de la teinture de bryonia alba , qu’elle répéta trois fois dans l’espace de trois semaines. Au bout de ce temps , Mme Savina fut parfaitement guérie.
III. Le vice-consul français près le gouvernement de Londres nous fit , en 1838 , la relation suivante : « Je fus assailli , il y a deux ans et quel- » ques mois, par une espèce d’apoplexie sanguine » fort grave ; dans l’intention de me soustraire à » un danger imminent , les médecins eurent re- » cours aux émissions du sang plusieurs fois ré- » pétées ; malgré les apparences d’un rétablissey> ment dans l’état normal, je me voyais tous les » trois ou quatre mois menacé par le retour de la » même affection. Mes médecins m’ordonnaient » alors de me faire ouvrir la veine, dans la vue de » détruire les avant-coureurs de l’apoplexie. Ce- » pendant , fatigué d’un semblable esclavage , je » résolus de consulter un médecin homœopathe » de Londres. Celui-ci me fît prendre à très- » petite dose, et successivement, de l’aconit , de » l’arnica , de la belladone, de la pulsatille, de
» la noix vomique, etc., et, par suite de l'usage » bien entendu de ces remèdes , ie me suis enfin y> soustrait au besoin des saignées. Je repris peu à » peu mes forces, et depuis le traitement homæo- » pathique je n’ai plus éprouvé la moindre aty> teinte de mon ancienne maladie. »
Nous pourrions multiplier ici des faits semblables et nous en servir pour prouver rinsufïïsance des saignées ordinaires , mais ceux que nous venons de rapporter justifient assez notre conclusion, que les saignées homœopathiques sont infiniment préférables à celles vulgairement recommandées par la routine et Fancienne médecine.
Le cas rapporté de Mme Tucci est assez précis pour constater la puissance et toute l’efïîcacité de l’aconit dans la cure des pulmonies. Ce fut par l’usage de ce remède que la patiente se vit complètement débarrassée de l’inflammation des poumons , et cela sans convalescence et dans le court espace de six jours; tandis que, traitée d’après le système des saignées, elle a souffert beaucoup et longtemps, elle a éprouvé de pénibles convalescences et une déperdition notable de forces.
Si les sangsues que les médecins appliquaient sur les seins de Mme Savina pour les guérir de la congestion qui les affectait, eussent été le véritable remède qu’ils réclamaient , pourquoi cette intense congestion a-t-elle persisté si longtemps? pourquoi est-elle passée de l’état aigu à l’état