CHAPITRE XX
rant ces accès, la patiente ne pouvait point supporter le plus léger rayon de lumière, ni le son de voix le plus faible. Dans la vue d’alléger sa situation et d’arriver à guérison, elle avait usé de tous les remèdes de Tancienne médecine sans en obtenir le moindre soulagement ; elle désespérait même d’en recueillir, quand son frère , sir Henri Cooke , lui conseilla de nous consulter et de recourir aux moyens fort simples de l’homœopathie, puisque enfin elle échouait en employant ceux recommandés d’après les vieilles méthodes. Un jour qu’elle était en proie à ses attaques ordinaires, elle nous fit appeler, mais elle souffrait trop violemment pour parler et supporter nos investigations ; cependant nous lui fîmes administrer la décillionième partie d’une goutte primitive de teinture de noix vomique dans quatre cuillerées à soupe d’eau distillée. L’usage de ce simple médicament, après quelques heures, diminua la durée de son mal et lui fît perdre en même temps beaucoup de sa première intensité. La dose prise encore trois fois dans l’espace de quelques semaines, Mlle Cooke fut radicalement guérie. Depuis cette époque nous n’avons point appris qu’elle ait éprouvé la moindre rechute.
III. Un capitaine anglais, M. B***, homme de moyen âge et de faible complexion, à la suite d’une gonorrhée mal traitée, avait un engorgement ou tumeur sur le testicule gauche, qui, d’après son dire , résista à l’application externe et à
l’usage interne des remèdes usuels et connus ; le mal fit de tels progrès que le patient, contraint de suspendre Texercice de ses occupations, se voyait en proie à un érétisme général. Il était encctétat lorsque nous lui conseillâmes de prendre d’abord, de quatre en quatre jours , durant un mois , une décillionième partie de teinture d’éponge brûlée ( spongia marina usta ) , puis une quatrellionième partie d’une goutte primitive de teinture de pulsatille, dont il fit usage trois fois en l’espace de quelques semaines ; enfin il termina le traitement par une sixldonième partie de goutte primitive de teinture de clematis recta, administrée quatre fois , de quatre en quatre jours. Six mois et quelques semaines suffirent pour débarrasser entièrement le capitaine B*** de la maladie qui le tourmenta cruellement pendant dix-huit mois, en résistant sans cesse à tous les remèdes dirigés par la médecine des contraires.
IV. Une jeune anglaise , de vingt ans environ , miss Maria J***, d’une constitution robuste , affectée d’une dartre rosacée sur le visage, parsemée çà et là de petites pustules , avait eu recours au traitement que lui conseillaient d’habiles chirurgiens et médecins, mais elle n’éprouvait aucun bien-être ni de leurs prescriptions , ni des spécifiques vantés par des empiriques auxquels ses parents s’étaient adressés en dernier lieu. Cette conviction acquise, on voulut employer l’homœopatliie, malgré la répugnance de la patiente et celle