CHAPITRE IL
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qui souffrent si cruellement. Ils ne trouveront donc point une âme compatissante , un cœur généreux qui viennent verser sur eux un baume salutaire et mettre un terme à ces tiraillements d’entrailles , à ces rebelles affections rhumatismales, arthritiques qui les accablent nuit et jour, qui les clouent , pour ainsi dire, des mois, des années entières sur un lit auquel ils demandent en vain quelques heures de repos ! Eh quoi ! cet affligeant spectacle n’émouvera point la pitié de ces savants qui , par état , sinon par élan , se dévouent au soulagement de l’humanité, qui, tout en acceptant le bonnet doctoral , s’engagent à réunir leurs efforts , à faire servir les résultats d’une pratique éclairée pour trouver le véritable remède aux infirmités passagères ou constantes de la vie ! Le premier pas à faire dans la vue d’accomplir ces devoirs sacrés , c’est de rompre avec l’abstraite théorie d’asseoir les éléments de la médication du rhumatisme sur Fexcès de l’acide urique, lorsqu’il est uni, selon l’expression vulgaire, à une fluxion nerveuse ou sanguine. Ce n’est point là que l’on trouvera son caractère intrinsèque. Ils ont tort les médecins qui basent leur mode de cure sur l’état phlogistique du système musculaire et des grandes articulations , et plus encore de lui en attribuer la cause. La patente insuffisance des procédés de l’art fait que l’on abandonne les malades aux séductions de l’empirisme, toujours prêt à les circonvenir r et l’on porte un coup mortel à
l’existence; en même temps l’on discrédite les ressources de la science et on l’empêche de progresser.
Une autre observation propre à démontrer le vice essentiel de la médecine pratique ordinaire, c’est l’inefficacité constante des remèdes auxquels elle a recours pour combattre la gravelle et prévenir la formation des calculs urinaires. Ces remèdes , comme chacun peut s’en convaincre, sont ou trop faibles , ou stériles , ou souvent fâcheux, par suite de l’absurde méthode qui les enseigne. Quand on dit positivement que la nature de la gravelle et des calculs urinaires réside dans l’acidité et la crudité de Festomae, dans l’excès d’acide urique, du phosphate de chaux, de l’ammoniac et de la magnésie ; de plus , dans un état nerveux ou dans le concours des fonctions assimilatrices en désordre, etc., etc.; est-il permis de croire qu’une médication dirigée d’après ces conditions hypothétiques soit rationnelle et bien fondée , d’autant plus que les douleurs déterminées par la gravelle et les calculs urinaires cessent pendant Faction des remèdes , et qu’elles reviennent et se manifestent plus déchirantes , souvent avec plus de durée, aussitôt que cette action perd de son influence?
Notons maintenant la marche non moins irrégulière, non moins fausse de la médecine pratique contre l’invasion et les progrès du croup : cette cruelle maladie se joue aussi, le plus souvent, des