CHAPITRE XX
décidèrent alors à conduire la malade à Londres, où la médecine homœopathique commençait à triompher de la routine et des injustes préventions. Il nous fut donc permis de traiter miss S. P** d’après la loi des semblables. Au bout de six à sept mois de soins, elle fut en état de marcher librement , d’employer ses bras et toutes les forces musculaires de son corps avec autant d’aisance qu’avant la chûte de cheval. Avant de terminer la relation de ce fait, disons que les remèdes prescrits à la malade ont été administrés alternativementettoujoursà doses infinitésimales: ces remèdes furent la noix vomique, la. belladone, le menispermum cocculus, le veratrum album, la bryonia alba , le rhus radicans, etc.
Nous pourrions citer ici une foule de maladies chroniques guéries par nous en suivant la méthode homœopathique, lesquelles avaient résisté avec opiniâtreté aux moyens indiqués par la médecine, soit antipathique, soit allopathique , mais les limites bornées de cet ouvrage ne nous le permettent pas. Dureste, les faits que nous venons de rapporter suffisent pour convaincre les esprits les plus rebelles, et pour nous autoriser à leur demander pourquoi les maladies ou affections mentionnées ont-elles opposé constamment une invincible résistance aux efforts des médecins et chirurgiens habiles, tandis qu’elles ont, comme par enchantement et sans fatiguer les patients, cédé aux moyens de l’homœopathie? La raison est toute
simple : en recourant aux remèdes contraires, ou hétérogènes aux symptômes des maladies, les partisans de l’ancienne médecine se sont mis en opposition manifeste avec la loi de la nature, tandis que le praticien de la nouvelle méthode guérit avec certitude en suivant de point en point le mouvement de sa direction. Voilà tout le mystère de l’homœopathie : elle conduit ses disciples, sans qu’ils soient supérieurs en talent et en science aux autres médecins , à la guérison certaine du plus grand nombre des maladies chroniques qui résistent d’ordinaire aux moyens de l’ancienne médecine.
Il n’y a donc qu’une seule voie à suivre, comme nous l’enseigne l’observation, pour guérir les maladies radicalement et avec promptitude ; c’est celle d’y employer les remèdes dont l’action est semblable à leurs symptômes. Il n’y a donc plus, ainsi que nous venons de le voir , de doutes à établir sur la prétendue valeur des diverses méthodes préconisées et adoptées jusqu’ici, comparativement à celle incontestable de la science médicale actuelle ; il n’y a donc plus que l’unité de pratique qui soit dans Tordre de la nature et quiplace l’art de guérir dans la sphère des progrès. Enfin, il y aurait plus que de l’entêtement à se refuser à l’évidence en voulant demeurer stationnaire : n’avons-nous pas dans les anciens et chez nos maîtres les plus respectés la preuve que l’on doit céder au mouvement progressif de l’esprit humain ? Eux-mêmes ont secoué