‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 164 sur 240 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

çues? Les erreurs populaires ont beau blesser les lois du sens commun et même celles de l’intérêt général, elles s’étendent, s’invétèrent et acquièrent un crédit inconcevable ; elles agissent avec plus d’énergie que ne peuvent en avoir les découvertes, les inventions utiles, les vérités nouvelles : celles-ci sont d’abord attaquées, repoussées, entièrement condamnées, ce n’est qu’avec le temps et par une expérience réitérée qu’elles se font jour, pour être ensuite acceptées, hautement proclamées et vantées à outrance. Aussi que de faux jugements , que de sentences prématurées , que d’obstacles de tout genre ont retardé non-seulemement les progrès des lumières, mais encore la prospérité des peuples ! Faut-il s’étonner si l’homœopathie trouve tant de contradicteurs, et si les effets visibles de son importance ne parviennent que très-lentement à dessiller les yeux de médecins savants , d’hommes mal informés , et même de personnes d’un esprit judicieux ? Le fait est positif, et c’est lui que nous voulons persuader à tous. Puisse l’appel que nous faisons à la raison amener la conviction et débarrasser l’horizon de l’art de guérir des sophismes que l’on amoncèle contre la l’unité de la pratique médicale !

On nous dira peut-être qu’elle est absurde la prétention de mettre d’accord les médecins des diverses régions du globe, lesquels vivent sous l’influence directe de climats opposés et sont appelés à traiter des maladies dues à des tempéra-

ments divers, et de vouloir les exposer de la sorte à commettre de nombreuses et graves erreurs. D’autre part, il faut encore considérer, ajoute-ton, la différence des habitudes, des mœurs et de la manière de vivre des peuples étrangers les uns aux autres, qui s’oppose à ce que les praticiens soumettent leurs malades à la même règle médicale. Comment, en effet, continuera-t-on à dire, prétendre qu’un médecin russe, par exemple, suive à Saint-Pétersbourg les mêmes errements du médecin espagnol à la Havane, ou bien à Saint- Domingue, quand le climat par eux habité diffère d’une manière si opposée , quand les indigènes offrent un caractère physique et moral si diversement tranché? Ce qu’il y a déplus à remarquer à cet égard, c’est l’énorme différence qui pèse entre les peuples du nord et ceux des régions méridionales. Toutes ces difficultés s’opposent donc posi tivement à l’unité de la médecine pratique que vous recommandez.

Voici les réponses que nous opposons à nos antagonistes. Nous convenons de prime-abord, que l’unité désirée est en contradiction patente avec les vieilles idées reçues ; filles adoptives de la routine, on y tient plus par habitude que par réflexion ; d’ailleurs, elles ne donnent point gain de cause contre l’unité, qui n’en est pas moins une loi positive, incontestable de la nature. Si l’on y réfléchissait un moment, on reconnaîtrait bientôt que la nature est toujours égale à elle-même n’importe

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