CHAPITRE XXL
le pays, la nation ou le climat ; partout et sans aucune exception elle suit constamment une seule loi, la méthode homœopathique , chaque fois qu’elle veut guérir telle ou telle autre maladie. Comme on le voit donc par ce fait, toutes les difficultés qu’on prétendait rencontrer dans la diversité des climats et des tempéraments s’évanouissent de meme que l’ombre à l’aspect du soleil.
Effectivement, si un russe et un habitant de la Havane ou de Saint-Domingue étaient assaillis par une maladie quelconque, par unepulmonie, par exemple, il conviendrait de suivre, pour les amener à guérison, la méthode anti-phlogistique d’après les principes de la vieille école, ou bien la méthode homœopathique d’après les principes de la nouvelle médecine pratique. Si, à raison de la diversité des climats habités par les deux malades et de leur tempérament, il est nécessaire d’administrer au russe les remèdes à plus forte dose que ceux destinés au malade espagnol , il est évident que cette nécessité n’a aucun rapport avec la loi de nature qui veut que les remèdes soient constamment dirigés dans le sens des maladies traitées, quel que soit le climat et le tempérament. Dans l’un et dans l’autre cas, Y aconit, la bryonia alba , le rhus rcidiccms ou la scille , etc., sont les remèdes directs qu’il faut administrer ; ils sont prescrits par la loi des semblables, avec la seule différence que, pour le russe, il faut une goutte de la dernière dilation de teinture de l’une ou de l’autre subs-
tance , quand pour l'espagnol la moitié de cette dose suffit. Mais, nous le répétons, avec la méthode homœopathique,la diverse quantité des mêmes remèdes remplit toujours le but désiré, qu’on l’emploie en Russie, à la Havane, à Saint-Domingue ou dans toute autre partie du monde, parce que le remède, avec elle, est toujours appliqué dans le sens de la maladie.
La vieille habitude, que nous combattons , qui veut qu’il faut attaquer les maladies par des méthodes différentes, selon les nations et les climats, provient de l’incertitude même des principes consacrés par l’ancienne médecine pratique. En effet, quand le médecin qui en est l’esclave se voit égaré par les fausses règles du traitement qu’il ordonne, il écoute les inspirations de son imagination , et sans raisonnement il marche en aveugle, de tâtonnement en tâtonnement, sans prévoir les suites, sans pouvoir se rendre compte de ce qu’il a fait. De là cette multitude de méthodes diverses que l’on voit suivre par les médecins de diverses nations. Ils pourraient aisément et devraient bien , dans leur propre intérêt comme dans celui de leurs malades, se défaire de cette triste et funeste routine et adopter l’unité de pratique que nous enseigne la nature elle-même en nous montrant que, chaque fois qu’elle veut guérir, elle a constamment recours à la méthode homceopathique, n’importe le pays des malades, n’importe leur climat, n’importe leur tempérament.