‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 166 sur 240 · CHAPITRE XXL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXL

Un autre préjugé tyrannise encore la science médicale; nous devons également le combattre. On estime généralement que la méthode suivie dans le traitement des maladies du sexe ne convient plus généralement aux adultes , aux vieillards, aux enfants, et vice versa. Par suite de cette idée fausse, on dit tel médecin est fort habile dans les maladies des femmes , mais il faut se garder de Tappeler quand il s’agit d’un homme, qu’il soit adulte, vieillard ou enfant; on répète la même chose à l’égard des praticiens qui ne s’occupent que de l’homme. A les entendre , il y aurait une médecine particulière à chaque âge, à chaque sexe ; mais une semblable erreur disparaît du moment même que la loi des semblables sert de direction pour le traitement des maladies : le médecin qui l’adopte franchement est également habile à traiter les infirmités de l’un et de l’autre sexe , ainsi que celles de tous les âges. Et de fait, qu’un vieillard et un enfant soient atteints d’une maladie quelconque, supposons, par exemple, d’une fièvre tierce , on ne peut se dispenser de la combattre par la substance médicinale qui produirait une fièvre tierce chez un homme sain, c’est-àdire la teinture de quinquina, savoir, une goutte de la dernière dilution pour un adulte et une plus petite dose successivement pour la femme, le vieillard et l’enfant; car, d’après la méthode homœopathique , il ne faut s’inquiéter ni de l’âge ni du sexe ; le remède ne varie point, il est le même pour tous,

parce qu’il découle d’une loi éternelle , de la loi de la nature.

La routine de varier le traitement d’après l’âge et le sexe est née autant de l’erreur qui confond le régime à suivre avec la méthode que de l’habitude de mesurer la dose des remèdes selon le sexe et l’âge dans l’état de maladie. Sans aucun doute, le régime adopté dans les affections propres aux femmes peut ne pas être le même quand il s’agit d’un adulte, d’un vieillard ou d’un enfant ; mais il ne faut pas confondre le régime avec le traitement qui regarde la médecine pratique , tandis que le régime est du domaine de l’hygiène : ainsi ni la différence du sexe ni celle de l’âge ne s’opposent point , d’une part , à l’unité de pratique ; de l’autre, les médecins homœopathes , qui possèdent à fond toutes les connaissances de leur art , sont en état de traiter avec un égal succès les maladies des femmes et des enfants que celles des vieillards et des adultes.

Une autre erreur non moins notable que pernicieuse à l’humanité souffrante, c’est de respecter l’irrégularité des méthodes spéciales admises jusqu’ici. Quand un médecin se consacre uniquement à la cure de telle ou telle autre maladie secrète ou patente, des yeux, des oreilles, des poumons, des organes de la génération, ou de toute autre partie du corps, il se fait tort à lui-même; par sa spécialité il se déclare incapable de traiter les autres infirmités humaines , puisque les connaissances

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