‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 172 sur 240 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

l’autre au froid et sec de l’école pneumatique, et par conséquent à la terre d’Empédocles.

Il est donc évident que l’origine des tempéraments remonte aux vieilles et fausses idées des philosophes ou médecins de l’antiquité. Ces idées sont d’autant plus fausses qu’elles n’offrent aucune relation avec l’organisme, et que la véritable connaissance des qualités spécifiques de l’organisme, comme nous allons le démontrer, conduit à celle des divers tempéraments, et jamais l’humeur flegmatique, colérique, mélancolique et le sang. Les humeurs, nous ne le nions pas, sont essentielles à la conservation de l’organisme, mais elles n’en font point partie, puisque le siège de la vie est dans l’organisme et nullement dans les humeurs. Le sang et les humeurs blanches existent dans le corps humain; ils sont, sans contredit, la source où nos organes et toutes les autres parties du corps vont puiser les éléments de la vitalité et de leur développement successif; mais le sang et les autres humeurs, nous le répétons, ne vivent et ne sentent point ; leur action sur notre conservation ne peut leur donner, ne leur donne point en effet le droit de vivre et de sentir ; autrement, l’air atmosphérique, les aliments, etc., qui sont également essentiels au maintien de la vie, auraient le même droit à prétendre de vivre et sentir. Vivre, c’est sentir : non, ce qui alimente l’animation n’est pasdoué de vitalité et n’a rien de commun avec les éléments de l’organisme. Tant que

le sang et les autres humeurs ne prennent point, par le concours des forces assimilatrices, l’aspect ou la solidité des fibres musculaires, nerveuses, tendineuses, ligamenteuses, etc., etc., le sang, la bile, l’atrabile, ou humeur flegmatique, colérique, mélancolique, etc., ne peuvent pas donner lieu aux tempéraments de la nature qui, comme nous allons le voir , les a établis dans l’organisme ; ils expriment la manière d’être des divers individus et n’ont aucune sorte d’analogie avec les tempéraments créés parles anciens médecins. C’est donc faute de réflexion ou par entêtement mal entendu que beaucoup de nos contemporains suivent encore dans leur pratique le type usé du tempérament sanguin, flegmatique, colérique et mélancolique.

Ce qui est hors de doute , c’est que , pour arriver à la véritable connaissance du caractère des tempéraments , il faut étudier les propriétés intrinsèques delà vie, c’est-à-dire lasensibilité, l’irritabilité, etc. Lorsqu’on se donne, en effet, la peine de suivre anneau par anneau tou te la chaîne des êtres du règne animal, depuis le dernier des zoophytes jusqu’à à l’homme, on acquiert aisément la certitude que ni la sensibilité ni l’irritabilité n’abandonnent jamais la vie des animaux : au contraire , à mesure qu’on s’élève des derniers échelons aux êtres les plus composés , c’est-à-dire des infusoires aux vers, aux insectes , aux crustacés, aux mollusques, aux poissons, aux reptiles , aux oiseaux et aux mammifères , on y voit que la sensibilité et l’irritabilité

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