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CHAPITRE XXII

se développent de plus en plus successivement jusqu’à l’homme , où elles se montrent enfin élevées au plus haut degré de leur perfectionnement. Ajoutez à cela une autre particularité très-importante , c’est que l’homme jouit de deux sortes de sensibilité, l’une, sublime ou intellectuelle, étant en rapport permanent avec le principe simple ou immatériel ; l’autre , la sensibilité physique , procède de l’organisme (1). Ainsi donc, si les divers tempéraments de la nature ne résultaient pas du degré plus ou moins élevé de la sensibilité et de l’irritabilité des individus de la race humaine , et par conséquent de l’organisme , pourraient-ils en indiquer la manière spéciale de vivre , les différentes inclinations, ou bien le caractère physique et moral ? Nous savons qu’une humeur prédominant les autres fluides peut devenir une cause de maladie , mais il n’est point dans l’ordre des choses possibles que sa masse , telle élevée qu’elle soit, puisse indiquer la manière de sentir de l’homme, et moins encore ses penchants, ses goûts , ses dispositions naturelles. Ce pouvoir, la nature l’a donné à la sensibilité et à l’irritabilité , qui sont inséparables de la vie , et dont le degré plus ou moins haut constitue le caractère réel , le caractère distinctif des divers tempéraments qui en sont l’expression.

(1) Rucco , A Dissertation on the general principles of Anatomy, and comparative Physiologie, pag. 22, 23 et 24, de l’édition imprimée à Philadelphie, en 1818.

Désirez-vous une preuve plus pressante , plus visible de la fausseté des tempéraments ordinaires ? demandez aux physiologistes les plus instruits s’ils peuvent vous dire quel est l’organe qui prépare l’humeur mélancolique et celui qui distille l’humeur atrabilaire. Il est notoire aujourd’hui que l’opinion reçue que la rate était l’organe sécrétoire de l’atrabile est plus qu’insoutenable; partout où l’on y réfléchit , elle est complètement rejetée comme une erreur grossière. Si donc il n’existe en nous rien qui enferme l’humeur mélancolique et l’humeur atrabilaire , comment se fait-il qu’il y ait encore des médecins qui s’entêtent à parler sans cesse du tempérament mélancolique et du colérique, quand tout prouve que ce sont des êtres imaginaires? Admettons même pour un moment , et bien contrairement à notre conviction , que le tempérament sanguin, flegmatique, colérique et mélancolique sont vrais , on aurait toujours à reprocher à leurs partisans de les avoir réduits à quatre , quand on sait que leur nombre égale celui des individus de notre espèce. De ce dernier fait nous trouvons partout une preuve irréfragable dans la variété des physionomies, dans la différence des inclinations : la nature a produit des individus et non pas des classifications scientifiques.

Cherchons le moyen que la nature nous offre pour ne point nous égarer dans la foule des tempéraments. D’abord l’observation nous enseigne

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