‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 174 sur 240 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

qu’il existe des relations intimes entre la conformation extérieure et les dispositions internes de notre organisme. Le savant Dupaty, voulant exposer cette grande vérité, a dit avec beaucoup de justesse : « Lîliomme extérieur nest que la saillie de j> i homme intérieur . » Ce qu’il y a de certain , c’est que cette relation intime existe effectivement entre la partie visible et la partie secrète de notre organisme ; puisque, selon qu’un individu est, par exemple, gras ou maigre, d’une constitution physique grêle ou vigoureuse, etc., sa manière de vivre et de sentir varie infiniment, par conséquent le tempérament qui en est le résultat. Plus le corps d’un individu est gras et volumineux, moins la sphère d’activité des organes est puissante ; leurs fonctions sont faibles et lentes. L’excès de graisse empêche les nerfs de se développer convenablement et d’éprouver l’action des corps environnants. Voilà pourquoi les personnes trèsgrasses sont , en général , peu sensibles et presque point irritables ; elles n’ont ni assez de sang , de force physique et d’énergie comparativement au volume de leur corps, ni assez de vivacité dans l’esprit : ce mode d’être des personnes grasses est confirmé par l’état du pouls, le plus généralement profond , petit , lent , disons mieux rare , surtout quand à l’obésité, se trouve joint le défaut d’exercice et par conséquent la pesanteur du corps. Notez que l’état du pouls dépend de la manière d’être de la circulation du sang, à laquelle sont

étroitement liées toutes les autres fonctions de la vie.

Comme nous venons de le dire, les personnes grasses ont peu de sang ; la graisse et le sang ne se trouvent jamais ensemble dans des proportions suffisantes chez le même individu. Une relation inverse se montre entre la graisse et le sang. Si f on ouvre la veine à deux jeunes animaux , l’un engraissé à force d’aliments , à doses souvent répétées , l’autre nourri régulièrement , on verra toujours, après la mort, que le premier a beaucoup moins de sang que le second. On se trompe donc volontairement quand on dit que les hommes gras ont abondance de sang , et que la saignée , à laquelle on les soumet , même dans les plus légères affections ou maladies , est utile et même nécessaire. Ce qui est positif, c’est qu’elle détermine le plus habituellement de graves conséquences.

Chose remarquable ! le fait que nous venons de rapporter (que les êtres gras ont peu de sang), n’avait point échappé à l’œil investigateur de deux illustres naturalistes de l’antiquité (Aristote et Pline) ; ils l’ont consigné dans leurs immortels écrits. Voici leurs propres expressions ; Aristote dit : Exancjue enim pinguescit , et pinguiorci fiunt animantia quibus minus fiet sanguis (1), et Pline , de son côté : Obesis minus copiosus sanguis , quoniam assumitur pinguedine (2).

(1) Hist. animal , lib. ni, cap. 14.

(2) Hist. natural , pag. 505.

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