CHAPITRE XXII
ractère anatomique. D’après ce fait qu’on ne peut nier, si vous dérivez le tempérament d’un individu quelconque du degré plus ou moins élevé de sensibilité d’un seul, ou de deux et même de trois organes, vous négligez évidemment le degré quel qu’il soit de sensibilité des autres organes , lesquels ont cependant le même droit d’être représentés par le tempérament, puisqu’ils concourent aussi bien que les autres à la formation de l’organisme, point de départ de tous les tempéraments.
D’une autre part, les médecins se trouvent obligés de régler, dans leurs ordonnances, la dose des médicaments sur le type du degré plus ou moins élevé de la sensibilité et de l’irritabilité de tout le système , et non pas d’après celui de la sensibilité partielle d’un ou de deux organes , ou sur celui de l’irritabilité du cœur seulement comme le pensait à tort Albert Haller. Sans doute, il est aisé de dire que les divers tempéraments proviennent du degré plus ou moins élevé de la sensibilité de certains organes ou de l’irritatabilité du cœur; mais il n’est pas également facile de déterminer l’élévation de la sensibilité et celle de l’irritabilité du cœur. Cette insurmontable difficulté jointe aux autres observations, nous autorise à rejeter avec raison le principe adopté par Fouquet , Haller, Boerhaave , etc.; cette base fausse a fait surgir l’occasion de parler en médecine du tempérament nerveux, lymphatique, hépatique, etc., sans le consentement de la nature ,
car l’influence prédominante du système nerveux, lymphatique ou hépatique, chez un individu, ne peut point recevoir le nom de tempérament , ou servir à indiquer l’état de sensibilité et d’irritabilité de tout le système du corps.
Les mêmes motifs exposés plus haut ne nous permettent point de conserver la distribution des tempéraments récemment publiée par le docteur Thomas en son livre : Physiologie des tempéraments. Ce savant écrivain conclut du tempérament d’un individu non-seulement par le volume ou le plus grand développement des organes du crâne, de la poitrine ou de l’abdomen, mais encore par l’énergie des fonctions qu’ils exercent. Delà ses tempéraments cranique , pectoral et abdominal . A cette première division, il joint le tempérament mixte, résultant de l’équilibre des organes de ces trois sortes de cavités ; puis trois autres intermédiaires qu’il nomme cranique-pectoral, cranique- abdominal et pectoral- abdominal , déterminés d’après le volume excessif ou le grand développement des organes du crâne et de la poitrine, du crâne et de l’abdomen ou de la poitrine et de l’abdomen. Ce système ne nous paraît pas mieux fondé que les précédents. D’abord les sept tempéraments, admis par le docteur Thomas, diffèrentplus qu’on ne croit, des tempéraments qu’on reçoit de la nature. Ceux-ci, lorsqu’on y réfléchit, tendent plus ou moins tantôt vers l’une, tantôt vers l’autre indisposition, ce qui a fait dire à l’illustre Fouquet : « Notre vie est