CHAPITRE XXII
» un tissu d’incommodités, nos tempéraments ne » sont qu’un état d’indisposition naturelle (i). » Aussi, est-ce précisément cette sorte de penchant de notre tempérament qui donne le signal de l’espèce de maladie , et même de la mort menaçant sans cesse l’individu. Les médecins de tous les pays, ceux reconnus pour les plus habiles et les plus instruits, ont maintes fois répété que l’homme se trouve rarement dans un équilibre parfait. Quant à nous, nous ne voyons pas de relation positive entre le plus grand développement des organes du crâne, delà poitrine ou de l’abdomen, comme l’avance le docteur Thomas , entre le tempérament cranique, pectoral ou abdominal et les tempéraments que nous recevons des mains de la nature.
Il n’est pas possible que le plus ou le moins d’énergie dans les fonctions des organes du crâne, de la poitrine ou de l’abdomen, fasse connaître le degré plus ou moins élevé de la sensibilité et de l’irritabilité de tout le système vivant d’un individu; tandis que c’est cette donnée qui enseigne comment il faut régler la dose des médicaments ; ensuite il est important d’observer qu’en exerçant plus spécialement les organes du crâne, de la poitrine ou de l’abdomen, on arrive à les développer et à rendre leurs fonctions plus actives et plus énergiques. On n’est point pour cela sorti du tempérament cranique, pectoral ou abdominal. Les vrais tempéraments reçoivent la naissance de
(1) Fouquet, ouvrage cité, page 75.
la nature et non pas de l’éducation, qui seule peut les modifier. Il serait absurde de prétendre, par exemple , que la philosophie , l’art militaire , la gourmandise, etc., sont capables de changer le caractère du tempérament naturel, en développant à leur gré par l’exercice, la première les organes du crâne, le second ceux de la poitrine, et la troisième ceux de l’abdomen. Il serait bien temps d’abandonner ce faux principe de circonscrire le siège de l’un ou de l’autre tempérament, tantôt par le développement excessif d’un organe ou d’une partie quelconque du corps , tantôt en recourant à l’énergie exagérée de sa fonction ; autrement on passerait sans cesse d’un abus dans un autre, et l’on finirait par s’éloigner indéfiniment du but de la nature ; il ne serait pas surprenant d’entendre un jour dire que les musiciens, par exemple, ont le tempérament auriculaire , l’ouïe étant chez eux plus énergique, plus développée que chez les autres ; que les maîtres d’arme ont le tempérament brachial, puisque leur bras droit est plus développé, plus énergique que toute autre partie de leur corps. Il arriverait la même chose à l’égard des danseurs chez qui les jambes sont fortement développées, et des cuisiniers dont l’organe du goût excelle de préférence aux autres parties du corps, etc., etc.
Concluons de tout ce qui précède que l’état actuel de la science ne permet plus d’admettre le tempérament sanguin, flegmatique, colérique et