‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 179 sur 240 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

mélancolique, puisque les humeurs dans lesquelles les anciens ont été les puiser, ne font nullement partie de l'organisme. Les vrais tempéraments surgissent de l’organisme même; ils expriment la manière spéciale de vivre et de sentir ; leur nombre égale celui de tous les individus de la grande famille humaine ; chaque membre de cette famille apporte en naissant, un tempérament qui lui est propre et ne peut convenir à un autre. Il y a donc abus à réduire tous les tempéraments à quatre seuls types oubien à sept, comme le voudrait l’auteur de la Physiologie des tempéraments . Tous les autres sont rejetés par la science comme le fruit d’une imagination ou d’un art en enfance, tels que le tempérament nerveux , lymphatique , hépatique , cranique , pectoral , abdominal , etc. , puisqu’il est certain que les vrais tempéraments résident dans tout l’organisme et non pas dans un, deux ou trois organes seulement, lors même que leur développement prédominerait sur celui des autres parties du corps, ou bien que leurs fonctions seraient plus énergiques que celles des autres organes : ce n’est point le développement de de tel ou tel organe , ni l’excessive énergie de ses fonctions qui indiquent le plus ou le moins d’élévation du degré de sensibilité et d’irritabilité de tout le système physique et moral de l’homme, encore moins le vrai caractère des tempéraments. C’est cette connaissance que doit chercher et posséder tout praticien zélé, consciencieux, toutes

les fois qu’un malade lui demande les secours de son art : c’est le seul moyen d’atteindre le but proposé, celui de savoir déterminer la dose des médicaments à employer ; celui d’apprécier à son véritable point le degré plus ou moins élevé de sensibilité et d’irritabilité de son patient, en considérant la physionomie et la conformation extérieure du corps, lesquelles reflètent à ses yeux la manière de vivre et de sentir du malade, véritable caractère physique et moral de son tempérament. Toute autre voie indiquée par l’esprit, et que ne justifie point l’observation, est incapable d’amener au but de la nature. Ce n’est pas, en effet, sur le type d’un tempérament humoral , lequel n’a aucun rapport intime avec l’organisme ou avec le phénomène de la vie, que l’on doit régler la dose des médicaments. Qu’ont à faire les tempéraments lymphatique, hépatique, cranique, pectoral, etc., avec le degré plus ou moins élevé de sensibilité et d’irritabilité de l’un ou de l’autre malade ? Maintenant, surtout que l’on sait comment découvrir le degré plus ou moins élevé des propriétés vitales, on est convaincu que, en administrant les remèdes à une petite dose aux malades plus sensibles et plus irritables, et vice versa y on suit le véritable type de la nature. Que l’on juge à présent , si c’est la prudence du médecin, comme on le dit encore, qui doit régler la dose des médicaments, ou bien si ce droit appartient à la science. La connaissance de la conformation extérieure du corps qui amène

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