‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 184 sur 240 · CHAPITRE XXIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIIL

lien, d’un Anglais, etc., et si ce Français, cet Italien ou eet Anglais appartient à telle ou telle autre contrée de son pays , tant il est vrai que les climats particuliers exercent une influence marquée sur la vie organique comme sur la vie animale, unique siège des maladies. Pourquoi donc vouloir exclure du domaine médical l’étude approfondie des climats particuliers, sachant que, à chaque cure d’une infirmité quelconque, il faut appliquer toutes les connaissances utiles?

Il faut le dire, les différences touchant le physique et le moral des peuples divers, sont plus saisissables que celles servant à distinguer les individus des départements du même état, royaume ou empire ; mais cette difficulté n’empêche pas de les observer : il est tout au plus permis de dire que la nature procède sans cesse par degrés dans ses opérations. En effet, lorsqu’on examine attentivement le physique et le moral des individus des diverses nations, on voit bientôt que leur différence est très-frappante ; l’angle facial, les dimensions de l’os frontal, la forme de la bouche, les qualités de l’esprit, etc., font distinguer les personnes appartenant à telle ou telle autre nation. Notez qu’il y a des relations intimes entre l’extérieur et l’intérieur de leurs corps : plus le climat d’une région diffère de celui d’une autre , plus promptement est palpable la différence de la partie visible de l’organisme du corps des individus qui y demeurent habituellement, et cette différence

répond au mode de la partie interne ou secrète de leur organisme. Une preuve de cette vérité se trouve dans l’état du pouls, lequel n’est en effet que l’expression de la vie , ou du moins de toutes ses fonctions, auxquelles la circulation du sang, qui gouverne et dirige les mouvements du pouls, est intimement liée. De fait, quand le pouls d’un Groenlandais, d’après le dire de Blumenbach, bat à peine quarante fois dans l’espace d’une minute, celui des habitants les plus voisins de l’Orient, selon Albert Haller, donne cent pulsations, et celui des peuples les plus voisins de l’équateur en fournit cent vingt. Voici à ce sujet les propres expressionsdu célèbre physiologiste de Berne: « Circa » œqucitorem putsus frequentior es sunt, adcentum et » vigintiusque. Incalida parte orientis pulsus in minuto » primo vulgo sunt centurn (1). » Voilà le résultat de l’influence exercée par les divers climats sur la vie organique.

Cependant nous convenons, sans détour ni déguisement, qu’il ne nous est point permis de caractériser d’une manière bien tranchée et d’après nature, l’un après l’autre , tous les climats particuliers existant sur notre globe. Ce travail important est réservé aux médecins qui les habitent ou vivent sous leur influence; eux seuls sont en mesure de noter avec soin toutes les nuances , toutes les variations du climat de leur pays ou de

(1) Haller, Elem. Physiol. corp. hum., lib. VI, pag. 224.

Page 1