CHAPITRE XXIII
blés et irritables que ceux des pays mèridioniaux, ni aussi peu sensibles et peu irritables que ceux des contrées froides : nous voulons dire qu'ils évitent le vice des extrêmes ; l’action du pouls et des autres fonctions organiques , leurs passions , leurs mouvements, la durée de leur vie, tout répond à la modération de la température de leurs -climats. De ce fait il résulte que la dose des remèdes qu’on administre aux indigènes des climats tempérés, lorsqu’ils sont malades , ne doit être ni trop forte ni trop faible ; elle veut être calculée d’après le degré de leur sensibilité, de leur irritabilité, lequel est modérément élevé.
Il faut encore faire attention au type de la saison dans F application de la dose des médicaments. La température du printemps, qui n’est pas aussi basse que celle de l’hiver, ranime , par son élévation , la vitalité des organes engourdie par la rigueur de la saison précédente ; elle réveille la sensibilité et l 'irritabilité , elle leur imprime un degré d’énergie, elle accélère le cours de la circulation du sang, elle développe l’activité des forces organiques et donne ainsi un nouvel élan au phénomène de la vie; en un mot , le retour de la nature vers sa beauté ordinaire déploie l’organisme de l’homme. Son mode d’existence devient plus sensible durant l’été ; il se détériore peu à peu pendant l’automne, pour retomber avec l’hiver dans son premier état de torpeur. La dose des médicaments a besoin d’être modérée au printemps et en au-
tomne, très-petite en été et plutôt forte en hiver.
La règle qui veut que l’on prescrive la dose des médicaments à raison du type de l’âge ou du nombre des années, sans la considération de l’état où se trouve l’organisme des malades , n’est point régulièrement fondée; et cependant on voit le plus souvent, dans la pratique de la médecine, prescrire la dose des médicaments , purement et simplement , d’après Tâge du malade, sans penser que la condition de son organisme ne répond pas le plus souvent au nombre de ses années. Le corps des enfants et des jeunes personnes peut se développer tantôt avec régularité, tantôt avec trop de rapidité ou de lenteur ; il en est de même de l'organisme des adultes et des vieilles gens, qui est plus ou moins usé, détérioré, et plus ou moins, promptement ruiné par une cause ou par une autre. Il faut remarquer que le degré de leur sensibilité et irritabilité suit toujours de près la condition dans laquelle se trouve leur organisme. Ainsi, la seule connaissance de l’âge peut ne pas indiquer au juste le degré actuel de sensibilité et d’irritabilité des malades , duquel il convient de partir pour déterminer véritablement la dose des médicaments qui est nécessaire pour guérir. Il arrive bien souvent que le corps d’un enfant de cinq ans est plus développé que celui d’un enfant de sept ou huit ans , comme il n’est pas rare de rencontrer des individus de quarante ans ayant l’apparence d’en porter cinquante, et même souvent , tandis