‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 197 sur 240 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

tique, qui n'est qu’un art conjectural. C’est là ce qu’a fait précisément Samuel Hahnemann, qui fut tout à la fois un médecin profond et un savant chimiste. Il suivit le précepte de Haller en étudiant sur l’homme sain l’action thérapeutique d’un grand nombre de substances médicinales, et de ses travaux est sortie la matière médicale pure. Il s’est emparé de la grande pensée de Fourcroy en n’employant qu’un seul remède à la fois, c’està-dire qu’en suivant pas à pas la marche progressive de la chimie philosophique, le père de Fhomœopathie proprement dite, a poussé vers sa perfection la matière médicale pure et la nouvelle pharmacopée , qui font partie de la moderne science médicale. Que l’on juge maintenant si la chimie a ou non des rapports directs et des liaisons intimes avec l’homœopathie, laquelle, ainsi que nous venons de le voir, reconnaît devoir une partie de ses progrès à ceux de la chimie et des autres sciences naturelles.

A quelle autre science l’homoeopathie a-t-elle emprunté la raison du caractère dynamique des maladies internes générales? A l’anatomie et à la physiologie comparées. Lorsqu’on met en parallèle la vie organique de l’homme et celle des autres animaux, on reconnaît au premier coup d’œil que l’une et l’autre résident dans le libre exercice des facultés vitales, telles, par exemple, que la sensibilité, l’irritabilité, etc. Si ce fait est certain, et l’on ne peut le nier, pourquoi ne point croire que

les infirmités de l’homme sont aussi simples que le phénomène de la vie où elles résident et où elles prennent naissance? Quand on fait abstraction des organes de la sensibilité et du mouvement des divers animaux, tous les autres organes que l’on y voit se composer et se multiplier successivement, en procédant des zoophytesà l’homme, ont pour objet d’entretenir le phénomène de la vie, ou bien ils sont destinés à la propagation de leur espèce. D’ailleurs, si les maladies internes ou générales n’étaient pas, ainsi que nous l’enseigne l’homœopathie, de simples désordres des sensations et des mouvements, l’imagination pourraitelle, par une autre voie, exaspérer ou bien adoucir les douleurs que ces maladies sollicitent chez l’homme? Certes, les causes premières des maladies peuvent être matérielles , mais en aucun temps les sensations désagréables ou désordonnées qui en sont le résultat ; elles sont et seront toujours simples ou dynamiques ; la matière des maladies est incompatible avec le caractère simple des facultés vitales , dont l’exercice constitue le phénomène de la vie.

Il y aurait de même absurdité manifeste à supposer qu’un médecin, en pratiquant l’homœopathie , peut se dispenser des connaissances que procurent l’anatomie et la physiologie humaines; car, comme il est impossible qu’un horloger, par exemple, se montre en état de rétablir avec ponctualité l’ordre des mouvements désordonnés d’une

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