‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 213 sur 240 · CHAPITRE XXYI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXYI

niques, qui résistaient à tous les remèdes de l’ancienne médecine , céder d'une manière régulière aux secours de Fhomœopathie? Cette remarque de tous les instants ne se manifesterait pas avec un succès aussi certain si la loi des semblables , fondement de Fhomœopathie , n’était point l’expression pleine et entière de la volonté de la nature, si elle ne prouvait ainsi combien est illégitime la règle des contraires.

Les remèdes opposés aux symptômes des maladies chroniques peuvent bien les suspendre durant un certain temps , mais ils ne les guérissent pas; après leur usage, nous apprend l’expérience, elles reviennent, souvent plus intenses, et ne cessent de sévir que lorsqu’on les attaque par les procédés indiqués par la loi des semblables. On n’obtient donc par Faction des remèdes contraires qu’une simple suspension , jamais une guérison parfaite. Paracelse, il y a trois siècles , a répété la même vérité , comme on voit par ses propres paroles : « Neque enim uncjuam idlus morbus ccdidus per j> fîigida sanatus fuit nec frîgidus per calida , simile y> autem suum similem fréquenter curavit. » Nous en trouvons une preuve positive dans le traitement des constipations du ventre, des diarrhées de longue persistance et d’autres maladies chroniques : l’on voit que les premières reparaissent et sévissent de nouveau après l’emploi des purgatifs, et les autres après l’usage des astringents, etc., etc. Tout praticien attentif a du souvent être témoin

oculaire de semblables faits, et demeurer convaincu que les remèdes antipathiques agissent sur les effets et non pas sur les premiers désordres de l’organisme.

De meme, quand on veut examiner à fond la cure ordinaire des maladies aiguës, on est bientôt persuadé que les remèdes contraires que Ton dirige contre elles, neles guérissent pas régulièrement , lors même que survient la guérison. Il est donc bon de noter ici avant tout qu’une semblable cure est toujours suivie de convalescences plus ou moins longues et pénibles, durant lesquelles la plus légère rechûte peut compromettre la vie des patients. D’une autre part, l’action des remèdes contraires aux symptômes des maladies aiguës affaiblit à vue d’oeil les forces de l’organisme et n’attaque nullement le principe morbifique qui les sollicite et les entretient. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’on peut guérir radicalement les maladies aiguës sans recourir aux moyens ordinaires, c’està-dire sans employer les saignées, les antiphlogistiques ou autres remèdes contraires: on les guérit effectivement tousles jourspar l’usage de tout remède dirigé d’apres les indications de la loi des semblables. Or, si le fait est tel que nous l’annonçons, et dont chacun peut aisément acquérir la certitude , on a donc positivement tort d’employer pour le traitement des maladies aiguës une méthode violente, incertaine, nous ajouterons même, périlleuse en plusieurs cas, quand on peut les

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