‹ L'esprit de la médecine ancienne et nouvelle comparéesChapitre 214 sur 240 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

guérir avec certitude par le moyen de remèdes doux, simples, innocents qu’offrent l’homœopathie, remèdes dont l’action attaque directement le principe morbifique sans porter la plus minime atteinte aux forces de l’organisme, ce que ne font point les autres méthodes connues en recourant aux remèdes contraires, lesquels, comme on le sait, décident d’un moment à l’autre de la vie ou de la mort de nos semblables.

Nous concevons aisément qu’en traitant les maladies aiguës par les saignées et les autres remèdes antiphlogistiques , on arrive , à l’aide de ces moyens débilitants, à abattre les forces du malade ; mais cet affaissement présente le revers de la médaille de l’état primitif de la maladie, soit d’une inflammation, soit de toute autre maladie aiguë provenant d’irritation. Ce n’est donc que alors que la nature n’a plus la puissance de réagir comme auparavant que le médecin se persuade avoir vaincu la maladie : de ce moment il commence à relever peu à peu les forces du malade, et par le mécanisme d’une méthode aussi irrégulière qu’elle est dangereuse, il tâche enfin de guérir la maladie artificielle que, à son insu, il a substituée à la maladie aiguë naturelle par la pratique des saignées et des autres moyens anti-phlogistiques ou débilitants. Que l’on vienne encore nous dire maintenant que cette manière de traiter les maladies aiguës n’est pas au rebours du but de la nature, qui sait les guérir elle-même sans recourir

aux moyens de l’ancienne médecine que nous attaquons avec les armes de l’observation pratique.

Le préjugé qui pèse le plus lourdement, par ses effets, sur la vie de l’homme, c’est l’opinion que l’on conserve sur les saignées et les purgatifs, opinion vulgaire dont l’origine est due aux erreurs des anciens praticiens. Ils n’ont point vu que leur prétendue utilité n’est qu’apparente et d’une durée éphémère ; ce qu’il y a de pire, c’est que le soulagement momentané que ces moyens procurent aux malades, engage ces mêmes praticiens à revenir avec une facilité plus que irréfléchie à leur prescription, quand ils savent qu’elle est fort loin de remplir le but de l’art, qu’elle altère à lallongue la constitution physique des corps les plus robustes et abrège le cours naturel de la vie. Il ne faut pas s’y tromper : les maladies ont leur siège dans l’organisme ou dans le foyer de sa vitalité, et non pas, ainsi qu’on le dit communément, dans la masse du sang ou des humeurs blanches. En supposant même que le sang ou les humeurs blanches puissent être ou devenir effectivement la cause des maladies, dans cette hypothèse il importe autant de diriger les remèdes contre le sang et de s’occuper des humeurs blanches, (lesquels sont dépourvus de vitalité, et sont par conséquent exempts de maladies), comme aussi de diriger les remèdes contre les autres causes de maladies. Et puisque l’on sait que ces causes ne sont point elles-mêmes des maladies

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