CHAPITRE III
réduire toutes les maladies du corps humain à leurs plus simples éléments; ils se flattèrent, à l’aide de l’analyse, de détruire l’erreur et d’amener la pratique sur un terrain plus étendu, plus agréable , plus susceptible d’être noblement exploité. Mais la découverte de cet ingénieux moyen ne répondit point , et ne devait point , en effet , répondre à leur attente , car il est impossible de soumettre à une rigoureuse analvse les maladies qui ne sont que de simples phénomènes dynamiques. S’étant donc aperçus de l’inutilité de ce procédé et de l’exiguité des ressources qu’ils comptaient en retirer, ils tournèrent leurs pensées vers l’expédient d’en analyser les formes extérieures ou les signes apparents et de leur demander des lumières pour une médication plus certaine. Il nous importe de louer ici leur zèle et leur perspicacité qui servent à l’appui de ma critique, puisqu’ils ont, du moins tacitement, prononcé l’insuffisance des moyens recommandés par la méthode symptomatique, puisqu’ils ont inspiré aux hommes transcendants que j’ai nommés plus haut une défiance positive de ses ressources et le besoin d’en chercher d’autres ailleurs.
L’entreprise de Stoll et de Pinel n’ayant pas obtenu tout le succès qu’ils en attendaient , elle détermina plusieurs autres médecins à suivre une autre voie, et, pour atteindre le but désiré, ils inventèrent divers moyens d’investigation et les instruments nécessaires pour les pousser aussi
loin que possible. Leur objet était d’éclairer l’obscur diagnostique de certaines maladies. Us se servirent de la percussion , du tact , de l’inspection des formes et des mouvements du thorax ; ils eurent recours à la mesure comparée des deux côtés de la poitrine que venait de perfectionner le célèbre docteur Chomel , et à l’ouïe immédiate ou médiate , ainsi qu’au pleximètre , au diapason , etc., etc. Il est bon de noter ici en passant que l’idée d’employer ces différents modes d’exploration, remonte à une époque assez éloignée , puisqu’ils se retrouvent dans les écrits du vieillard de Cos. D’après le dire des plus doctes auteurs, le grand Hippocrate se servit le premier de la percussion ; Avenbrugger en renouvela l’usage dé longues années après. De son côté, l’illustre Bichat préconise la pression abdominale, qui fut aussi, bien avant lui, l’une des voies d’investigation des plus anciens médecins. Je ne connais que l’invention du stéthoscope, due au célèbre Laennec, qui lui appartienne entièrement ; elle date de ces derniers temps.
Les médecins et les chirurgiens se servent aujourd’hui généralement de cet ingénieux instrument pour démêler très-distinctement les mouvements non naturels des organes du thorax et de l’abdomen. Avec son aide, quand on sait le manier adroitement , il est facile de s’assurer de la présence , non-seulement de certaines grossesses obscures, de l’ascite, de l’anévrisme interne, des